16.12.2006

I - LA TRES SAINTE TRINITE (CONCHITA)

 

 

énérable Concepción Cabrera De Armida

(surnommée

LA GRANDE CONCHITA)
(1862/1937)


 

SAINT-SIÈGE
LE SECRET DES NOUVEAUX SAINTS
Congrès à Rome les 6 et 7 décembre 1999



CITÉ DU VATICAN, 6 déc. (ZENIT) - "Eucharistie, sainteté et sanctification" : c'est le titre du Congrès organisé par la Congrégation vaticane pour la Cause des Saints, qui commence aujourd'hui au Vatican et se terminera demain. L'objectif de ce congrès est de faire une sorte de radiographie de l'esprit qui anime tous ceux que Jean-Paul II a béatifiés ou canonisés ou ceux dont le procès de béatification ou de canonisation est en cours.

Cette rencontre servira à préparer le Congrès Eucharistique International qui aura lieu à Rome en l'an 2000. Après la présentation du Symposium par le préfet de la Congrégation, Mgr José Saraiva Martins, ce matin, l'intervention de différents professeurs des athénées pontificaux de Rome, spécialisés en théologie biblique, sacramentelle, en patristique, en spiritualité, était prévue.

Des postulateurs de causes de béatification devraient par ailleurs illustrer la relation avec l'Eucharistie des personnes béatifiées ces dernières années par Jean-Paul II et de celles qui le seront bientôt. Parmi ces personnes figurent : la vénérable Concepción Cabrera De Armida, mère de famille (Mexique 1862-1937); la bienheureuse Katharina Drexel, religieuse fondatrice (États-Unis, 1858-1955); Francisco Marto, voyant de Fatima (Portugal 1908-1919); Aureliano del Santísimo Sacramento, prêtre espagnol, missionnaire en Inde (1887-1963); Charles de Foucault (France-Algérie 1858-1916) et la bienheureuse Rebecca Rafqa, moniale maronite (Liban 1832-1914).


ZENIT, 6 décembre 1999 - Le monde vu de Rome

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ANNEE 1906

 

Le 11 février, publication de l'Encyclique Vehementer nos de Pie X, qui condamne la loi de séparation. La France compte à cette époque 36 millions de catholiques sur 39 millions d'habitants.


Le 25 mars, Concepción Cabrera de Armida (dite Conchita, 1862-1937), laïque mexicaine mère de neuf enfants, reçoit du Seigneur la grâce exceptionnelle de "l'incarnation mystique". Elle vit dès lors la présence réelle, les grâces et la mission extraordinaire qui lui sont confiées restant jusqu'à sa mort cachées sous le voile d'une extrême simplicité. Elle fonde deux instituts religieux, dont un sacerdotal : L'Alliance de l'Amour et la Ligue Apostolique et les Missionnaires de l'Esprit-Saint, reposant sur l'Apostolat de la Croix, et sera la promotrice de la consécration de la nation mexicaine à l'Esprit-Saint en 1924. Elle a rédigé plus de 65.000 pages manuscrites (66 tomes), relatant les grâces et les douleurs de sa vie mystique, toute entière vouée à "sauver des âmes". Son dernier directeur spirituel fut le cardinal Luis Maria Martinez, futur archevêque de Mexico. La cause de la béatification de Conchita a été introduite à Rome le 19 septembre 1959.

 

«L'Apostolat de la Croix est le travail qui continue et complète celui de mon Cœur révélé à sainte Marguerite-Marie. Je te précise qu'il ne faut pas voir en ma Croix extérieure le seul instrument divin de Rédemption. Cette Croix est présentée au monde pour amener les âmes vers mon Cœur, transpercé sur cette Croix. L'essentiel de cette œuvre consiste à faire connaître les douleurs intérieures de mon Cœur, auxquelles on n'est pas attentif et qui constituèrent pour moi une Passion plus douloureuse que celle que mon corps a soufferte sur le Calvaire, à cause de son intensité et de sa durée, perpétuée mystiquement dans l'Eucharistie. Dis-le : jusqu'à ce jour, le monde a connu l'amour de mon Cœur manifesté à Marguerite-Marie, mais il était réservé aux temps actuels de faire connaître sa souffrance dont j'avais seulement montré les symboles et d'une manière extérieure. Répète-le : on doit pénétrer à l'intérieur de cet océan sans limite d'amertume et le faire connaître au monde entier, afin d'obtenir que la souffrance des fidèles s'unisse à l'immensité des douleurs de mon Cœur, car cette souffrance se perd en sa plus grande partie»



Jésus à Conchita, Lettre adressée à José Alzola, provincial des Jésuites, 4 novembre 1899, in M.-M. Philipon, Conchita - Journal spirituel d'une mère de famille, Paris, Desclée de Brouwer, 1974.

 

LA TRES SAINTE TRINITE

 

TOUTE LA TRINITE EST AMOUR

"La substance du Père est Amour et si grand est son amour pour l'homme qu'il a donné son propre Fils pour la Rédemption du monde.

La substance du Fils est Amour et un amour si grand aussi bien pour le Père que pour les hommes, qu'Il s'est livré Lui-même à la souffrance pour les sauver, à l'honneur du Père.

Quant à moi (l'Esprit-Saint), la troisième personne, ma substance est l'Amour, concourant avec le Père et le Fils à la gloire de la Trinité, prenant part au mystère de l'Incarnation, accompagnant Jésus durant toute sa vie, attestant sa divinité et scellant l'oeuvre de la Rédemption, protégeant l'Eglise, mon épouse immaculée.

La substance du Père est Amour et puissance. Ma substance est Amour et vie, la substance du Fils est Amour et souffrance La substance de Trois Personnes divines est Charité, c'est-à-dire, l'Amour le plus pur qui se communique.
Voilà pourquoi on L'appelle Charité, à cause de ce don de soi. C'est le plus parfait amour de charité.

La souffrance, ou la Croix divinisée par le Fils, est la seule et unique échelle pour s'élever jusqu'à l'amour de charité. Comprends-tu maintenant la valeur de la Croix ? Les plus crucifiés sont ceux qui aiment le plus, parce que la souffrance, emblème de Jésus, attire à elle les Trois Personnes divines. Nous habitons dans cette âme et J'y établis ma demeure."

(9juillet 1895)




TRINITE ET INCARNATION-----------------------------------

"Je suis le Chemin -dit Jésus- nul ne va au Père que par moi" (Jean 14, 6)



Le mystère de l'Incarnation conduit Conchita vers les profondeurs de Dieu.

"Le Seigneur éleva ensuite mon esprit à la contemplation de l'Incarnation du Verbe. Il me fit comprendre des choses très profondes au sujet de la Très Sainte Trinité, dont Il est la seconde Personne.

"De toute éternité le Père existait. Il a produit du tréfond de Lui-même, de sa propre substance, de son essence même son Verbe. De toute éternité aussi, dès le commencement le Verbe était Dieu, comme le Père était Dieu, les deux personnes ne constituant qu'une seule personne divine. Mais jamais en aucun instant ces Personnes divines, le Père et le Fils, n'existèrent seules, ou ne furent que deux. En cette même éternité, bien que provenant du Père et du Fils, existait l'Esprit-Saint, reflet, substance, essence du Père et du Fils, et, également, Personne. Le Saint-Esprit est un reflet divin au sein de l'Amour Lui-même. Il est le reflet de la lumière au sein d'une même lumière, le reflet de la vie à l'intérieur de la Vie elle-même, et ainsi de toutes les perfections infinies au plus intime de la perfection éternelle.

Cette communication de la même substance, de la même essence, de la même vie et des mêmes perfections qui forment et qui sont en réalité une seule et même essence, substance, vie et perfection, constitue la félicité éternelle d'un unique Dieu et les complaisances sans fin des Personnes de l'auguste Trinité".


Ô que notre Dieu est grand, immensément grand, et en Lui quels abimes incompréhensibles pour l'homme et même pour les anges ! En présence de cette grandeur, je me sens comme l'atome le plus minuscule ; mais à sentir mon âme infinie, capable de recevoir un faible reflet de cette même grandeur, elle se dilate, toute joyeuse de contempler la félicité, l'éternité, l'immensité incompréhensible de son Dieu.

Et c'est là qu'est le Verbe ? Je me dis toute émue : c'est de ce trône qu'il descendra au vil atôme de la terre ? O mon Dieu éternel comment accepter une telle condescendance ?"

Jésus poursuivit :

"Le Verbe, la seconde personne de la très sainte Trinité est descendu dans le sein très pur de Marie et, par l'opération du Saint-Esprit, qui l'a rendue féconde, le Verbe s'est incarné et Il s'est fait homme ! Abaissement tellement profond que seul l'amour d'un Dieu pouvait le réaliser".



"J'entendais sur ce merveilleux et si sublime mystère des choses si profondes qu'elles sont seulement pour mon âme, car je ne peux les expliquer, faute de parole"
(25 février 1897)


SES PREMIERES EXPERIENCES----------------------------

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"J'ai eu dans quelques oraisons des points inexplicables de connaissance de Dieu (je ne sais comment le dire) dans la Très Sainte Trinité. Expérimenter ce qu'Il est (non le comprendre)...Sorte d'ébauche de son essence si pure...dans ce Tout-Unité.....dans sa génération éternelle....dans ses attributs....immensité....bonté....justice mais
tout cela comme dans un point, point de lumière intérieure d'une douceur inexplicable : non pas d'une douceur comme celle provenant d'autres orasons, mais beaucoup plus élevée et pure qui fait sortir l'âme ou la suspend mais avec une claire connaissance de Dieu qui l'enveloppe, oubliée de tout, même de soi.

Je souffre quand je vois certaines peintures ou représentations de la Très Sainte Trinité. Oh ! Ce n'est pas comme cela, ce que j'éprouve !
Dieu est lumière, pureté, parfum divin, rassemblement de beauté, foyer de toute perfection, paix, candeur ; Il est amour, amour, amour, bonheur incompréhensible, éternité sans temps, un point qui embrase et absorbe tout, éblouissant, majestueux et excessivement doux, qui attire tout et se communique toujours...sans jamais diminuer sa plénitude !...

Oh ! Que cette éternité sans temps est profondément imprimée dans mon coeur ! Ce Dieu trois fois saint, saint, saint, que je ne comprend pas mais que j'exprimente, qui donc serait capable de dire ce qu'II est, si même au ciel il n'existe pas de langage pour l'expliquer ?

Sentir, cela me fait peur ; mais tout d'un coup, je me sens submergée dans cet océan de ravissantes perfections, dans cette éternité de beauté et de bonheur personnel ! Je vois les trois divines Personnes se communiquer cette complaisance éternelle qui se produit toujours (dirais-je pour m'expliquer) et à chaque instant en se contemplant elles-mêmes...Je sens ou je vois avec l'âme (je ne sais comment le dire) un éternel abime d'éternelles perfections, toujours nouvelles, dans lesquelles se réjouissent les trois divines Personnes. Toutes les trois ont, me dit le Seigneur, le très pur bonheur de la communication. Elles sont trois Personnes mais avec une seule substance divine, égales en pouvoir, sagesse, bonté et tous les autres attributs ! ...
Oh ! que Dieu est immense, qu'Il est bon, qu'Il est Saint, qu'Il est pur ! l est Amour : à cela revient tout ce que je peux dire"
(14 mai 1898)



VERS L'UNION



Comme préparation immédiate à la pleine vie d'union, Conchita reçoit de remarquables lumières sur la Trinité.


UN SEUL DIEU EN TROIS PERSONNES---------------------

"Il n'existe pas deux Dieux ni trois mais un Seul Dieu en Trois Personnes divines. J'ai compris cela avec une grande clarté. Je voyais qu'il devait être ainsi, et qu'il existait pour cela une raison admirable. (je ne sais si j'explique bien ce que je voudrais dire)"


Le Seigneur a continué :

"Il n'y a pas trois lumières, mais une seule lumière, éternelle et égale dans les trois Personnes divines. La formule "Dieu de Dieu" veut dire qu'il y a l'égalité ; en même temps elle veut aussi indiquer le même Etre communiqué au Verbe ; et, dans un reflet de ce foyer éternel de grandeur, de lumière et de perfections infinies, est produit l'Esprit-Saint, terme et pour ainsi dire conclusion de ce mystère divin, mais non moindre que le Père et le Fils : rien, absolument rien, ne Lui manque, mais les trois Personnes égales, dans une seule et même essence divine, ne forment qu'un seul foyer, un seul Etre sans commencement et sans fin. Aucune des Personnes n'est antérieure ou supérieure l'autre, mais les Trois éternelles dès le commencement, oui éternelles et dans une véritable communication, sublime, admirable, qui constitue la félicité du seul Dieu."

"J'explique cela en de pauvres paroles humaines parce qu'il n'existe -et je pense qu'il ne peut exister- aucun langage créé qui puisse exprimer l'inexprimable."

(2 février 1897



L'INFINIE PURETE DE LA TRINITE-------------------------

"J'ai compris, je ne sais comment, quelque chose de l'infinie pureté de Dieu et comment, dans la génération éternelle du Verbe, le Père éternel Lui communique sa propre substance et essence, l'essence du Père étant la pureté même. Mais par ce mot "pureté", au sens de transparence divine, je désigne une clarté, une blancheur, une lumière que je ne trouve aucune parole pour exrimer, car toute lumière est obscurité en comparaison de cette clarté divine : le blanc parait noir et le soleil lui-même comme un tâche d'encre. O mon Dieu ! O splendeur éternelle ! Comment expliquer l'inexplicable dans un langage humain ? Beauté sans tache toujours ancienne et toujours nouvelle, splendeur ineffable dont les sens corporels ne pourraient supporter l'éclat. Et moi, je voyais, ou je sentais tout cela, mais au plus profond de mon âme.

Je voyais Dieu le Père (goûtant une joie éternelle en lui-même dans ses perfections infinies, en une complaisance indicible) se reproduire avec toute l'ardeur de sa pureté en la seconde Personne divine, qui est le Verbe.
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Je voyais ce Verbe comme un reflet parfait et complet du Père. Dans l'élan éternel de ce très saint Amour divin qui existe entre le Père et le Fils, je voyais leur lien de lumière et d'amour : l'Esprit-Saint, inséparable du Père et du Fils, bien que constitunt une personne distincte, un véritable terme d'amour" -si l'on peut appeler "terme" ce qui est infini- oui "terme", puisque dans cet échange entre les Personnes divines. Il parcourt son orbite, rendant par là les trois Personne divines parfaitement heureuses. Je ne sais comment expliquer cela. J'ai tout saisi en un instant, sans mesure de temps ni division, et cependant dans la distinction de ces Personnes de l'adorable et Très sainte Trinité.

O Trinité bienheureuse ! Qui donc sera capable de te comprendre, si par un seul rayon émanant de ta transparence l'âme est déjà toute absorbée ? Quelle est donc, oui, quelle est donc ta nature ?"

(28 aout 1898)

L'intimité avec le Dieu vivant, avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit est caractéristique de la vie d'union. Conchita a reçu des graces éminentes de cet ordre-là. C'est pourquoi la Très sainte Trinité constitue le centre de sa vie.

 

 

 

 

 

 

 

"LA TRINITE : CENTRE DE MA VIE"-------------------------

"Dans l'abime de ma misère et à l'encontre de ma volonté, mon esprit brise les attaches qui le retiennent à la terre de mon néant, et s'échappe.


Il s'élance vers le trône divin de la Très Sainte Trinité comme si c'était là son centre et sa vie, là, à l'intérieur de la Vie même Que dois-je faire si mon esprit ne peut trouver sa satisfaction dans les petites flaques d'eau que je lui présente, sinon chercher l'Océan sans limite et sans rivages, son Dieu et Seigneur ? J'enferme mon esprit dans le puit étroit de la connaissance de soi-meme, mais de cette profondeur il prend son vol et s'élance jusqu'à cette immensité de son Dieu, lieu unique où il puisse trouver son rassasiement et respirer.

Pourquoi en moi qui suis si faible, si petite et si corrompue, pourquoi dans mon âme si misérable, ces envols, cette soif et cet étouffement en tout ce qui manque de grandeur et en tout ce qui n'est pas Dieu ? Si je ne suis pas capable de contenir une minuscule goutelette d'eau, pourquoi ce désir d'envelopper l'océan ? Si je ne suis qu'un point dans l'espace, comment est-il possible, comment me vient-il à la pensée, d'étreindre l'immensité
éternelle ?

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Ce qui se passe, ô mon Dieu -voilà que je le comprends- c'est- que la goutte d'eau se perd dans l'océan et le néant dans l'infini. C'est-à-dire ce n'est pas seulement Dieu qui entre en moi même quand Il y pénètre et prend possession de mon âme, c'est moi aussi qui entre en Lui. Mieux : je ne suis pas digne d'entrer et je m'arrête à la porte, mais Lui me prends dans ses bras et m'introduis dans ces régions inconnues au monde matériel. Et avec quelle rapidité l'âme parcourt ces distances ! Elle connait, elle voit, elle entend, sans connaitre, sans voir ni entendre. Elle se trouve toute rassemblée en un point, mais un point infini et éternel, un point d'amour incréé. Là seulement, elle respire la vie, elle est comblée et heureuse, en dehors du temps."

(31 mai 1899)

[...]


"JE CONTEMPLE LES ABIMES DE LA TRINITE"----------------------


Le contact continuel, la vie d'intimité avec les Personne divines entrainent à leur suite un accroissement des principes dynamiques de la vie spirituelle. L'Esprit-Saint par son action sanctificatrice et illuminatrice perfectionne les vertus théologales, et en raison de la connaturalité de l'amour, produit dans l'âme une quasi-expérience du Dieu-vivant.

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"Dans la clarté de ces lumières qui tiennent mon âme comme absorbée en Dieu, en un instant je contemple les abimes et les splendeurs de la Trinité, d'une manière toute spéciale, profonde, inexplicable :tantôt son Unité, son Essence ou son Eternité, tantot la génération éternelle du Verbe et le plan de la Rédemption, tantot ses attributs, son bonheur, ses perfections infinies. Je découvre en Elle une seule Essence dans la multitude de ses perfections. D'autres fois, je La vois comme un prisme, comme un cristal, dans lequel se reflètent toutes les couleurs de la lumière, avec cette différence que la Très Sainte Trinité n'est pas un reflet mais la lumière même. Oh ! Que de merveilles expérimente mon âme en ces abimes de lumière ou plutôt sur ces sommets divins, ma pensée ne saisissant q'un point minuscule de l'ncompréhensible.

 

 

En d'autres ciconstances, je La vois comme un océan immense de graces : mille fleuves jaillissent de cet océan et ils reviennent se perdre en Lui. Je La vois comme la grace d'où jaillissent toutes les graces. Je contemple aussi la Trinité comme une source limpide aux mille jets d'eau éblouissants qui, après avoir enchanté la Source même et ravi tous les spectateurs, vont de nouveau se perdre en Elle et se confondre avec les eaux de la Source même. Je contemple ainsi les Perfections de la Très Sainte Trinité, ses graces, sa beauté, ses splendeurs jaillissant d'Elle sans jamais en sortir, et retournant en Elle sans plus en revenir, perpétuellement ravie de ses charmes.

(19 juillet 1906)

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15.12.2006

II - INCARNATION DU VERBE ET REDEMPTION (CONCHITA)

 

 

II - INCARNATION DU VERBE

ET REDEMPTION




INCARNATION DU VERBE

 

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L'AME DU CHRIST SOUS LA MOTION DE L'ESPRIT-SAINT-----------------------------------

 

Le Christ est le chef-d'oeuvre de l'Esprit-Saint. Comme Verbe, il est avec le Père, son Principe éternel. L'Esprit-Saint reçoit tout du Fils : son Etre et ses perfections infinies. Il est l'Amour en Personne qui procède indivisiblement du Père et du Fils dans l'Unité de la Trinité.

Mais, en tant qu'homme, Jésus a tout reçu de l'Esprit-Saint : son incarnation, son être, sa vie, son action sur tous les membres de son Corps mystique.

"Tous les mouvements de mon âme en tant qu'homme ont été inspirés et accomplis sous la motion de l'Esprit-Saint. C'est Lui qui animait mes facultés, mes sens, ma volonté, les gardant en sa possession pour la gloire du Père à qui, Moi, je rapportais tout.....L'Esprit-Saint aime mon humanité avec une incomparable prédilection....Si tu savais avec quelle délicatesse, quelle tendresse, et quelle splendeur l'Esprit-Saint orne mon âme, mes facultés, mes sentiments, mon corps et mon coeur ! Plus encore qu'une mère, il est tout Amour. Il a déployé sa puissance et toutes ses richesses à me former dans le sein de Marie, comme un parfait modèle de tout ce qui est beau, pur et saint. Toutes les richesses et trésors qui ornent mon Coeur, je les dois à l'Esprit-Saint.

Je n'aime pas que l'on prenne la dévotion à mon Coeur comme une fin, mais seulement comme un moyen pour s'élever jusqu'à ma Divinité, comme un degré pour atteindre l'Esprit-Saint puisque c'est lui qui a créé, formé et enrichi mon Coeur d'homme, qui a déposé en lui toutes les délices de mon amour mais aussi toutes les souffrances intérieures et la manière de souffrir l'expiation universelle pour le pardon de l'humanité coupable.

Le coeur de l'homme et son corps avaient péché : il fallait un autre coeur et un autre corps unis à la puissance d'un Dieu pour donner satisfaction à cet Autre qu'est Dieu.

Ce plan, cette action, cette fin salutaire, glorificatrice de mon humanité et du salut du monde, on les doit à l'Esprit-Saint."
(29 janvier 1915)


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LA PREMIERE PLACE DANS L'EGLISE----------------------

Ainsi, dans un tour d'horizon grandiose, le Seigeur découvrait à Conchita la place unique et primordiale du Saint-Esprit dans les oeuvres de Dieu. L'Esprit-Saint était là avant la création dans les conseils de la Trinité, orientant avec le Père et le Fils le sens du destin du monde. L'Esprit était là, préparant la venue du Fils et la réalisant au moment de l'Incarnation du Verbe, toujours présent et agissant dans son Eglise jusqu'à la fin des siècles.

"Le Saint-Esprit prenait une part extrêmement active à l'élaboration du plan éternel de la Rédemption ; puis, en son temps il réalisa l'oeuvre de l'Incarnation, après avoir éclairé les prophètes en la leur annonçant. Durant ma vie d'homme c'est Lui qui me soutenait, c'est Lui qui présentait à mon Père mon expiation infinie et touchait les âmes, les attirant vers la Vérité que Je suis moi-même. J'avais promis de L'envoyer et je l'ai fait, car, en chacun de ses actes, dans ses sacrements et son action infaillible, l'Esprit-Saint occupe dans mon Eglise la première place." (28 janvier1915


[....]

La piété de Conchita est essentiellement dogmatique. Elle aime contempler la mère de Jésus dans le plan éternel de Dieu et dans son déroulement historique à travers les principaux mystères du salut. Son regard de foi la découvre déjà dans sa préexistance éternelle dans la pensée de la Trinité.

Le Seigneur lui expliquait ainsi ce mystère :

"Pour toi, il n'existe que le moment présent ; pour Dieu, tout est préexistant. Marie existait déjà, joie de toute la Trinité qui l'avait formée dans sa Pensée. Elle constituait déjà ses délices. Déjà, Marie était la Reine du ciel.

Elle était belle de la beauté de Dieu. Elle était vierge de la virginité féconde de la Trinité, créature sans la moindre tache et toute parfaite, âme préservée déjà, dès le sein du Père, appelée à n'être jamais souillée ni même effleurée par la moindre ombre du péché. Déjà, dès cette éternité, elle était Fille, Epouse et Mère, les Trois Personnes divines trouvant leur complaisance dans cette oeuvre parfaite qui devait émerveiller le ciel et la terre pour tous les siècles. Quelle grandeur en Marie, dans la multitude de ses perfections, mais par-dessus tout dans cette oeuvre de l'incarnation virginale du Verbe, préparée dès l'éternité.

La Trinité aimait avec passion cette créature incomparable, et voilà pourquoi le Verbe s'est fait chair. Il l'a préparée avec toutes les graces et les faveurs de l'Esprit-Saint, avec la prodigalité d'un Dieu, venant faire d'elle son temple vivant."
(23 juillet 1906)

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L'EGLISE DU VERBE INCARNE-------------


"L'Eglise a jailli de mon Coeur sur la Croix ; c'est de là que naquit l'Eglise si pure et belle, de mon côté, comme Eve naquit du côté d'Adam, afin qu'Elle soit Mère de tous les chrétiens, de toutes les âmes, pour les sauver par les mérites infinis que J'ai déposés en son sein immaculé." (14 mars 1928)


Ce thème classique et fondamental de l'écclésiologie est contemplé par Conchita dans l'optique caractéristique de sa propre grace. L'expression "Croix" a une résonnance infiniment personnaliste. La Croix signifie avant tout, le Christ crucifié, le Christ Prêtre et victime qui par amour s'offre au Père pour notre salut. La Croix désigne aussi le chrétien qui veut se configurer au Christ en identifiant ses sentiments les plus intimes avec les siens, et fréquemment, Conchita affirmera que l'authentique chrétien doit être une "Croix vivante".

Bien plus, la Croix qui a donné naissance à l'Eglise n'est pas seulement la croix externe et visible qui fut élevée au sommet du Calvaire, mais la croix intérieure, intime, du Coeur du Christ, qui commença avec son incarnation et qui se consomma quand Il remit son esprit entre les mains du Père :

"Par la croix extérieure que tous peuvent voir, je fus une victime agréable au Père en répandant mon sang, mais c'est surtout par la croix intérieure que s'est achevée la Rédemption" (7 septembre 1896)


Nous avons déjà vu que la "croix intime" est un thème central de la doctrine de la Croix qui nous conduit au coeur et l'essentiel du mystère du salut.

La croix interne est la douleur la plus pure, née et vivifiée uniquement par l'amour :

"J'aimais mon Père et je voulais Le glorifier en acquittant la dette de l'humanité coupable. J'aimais les hommes d'un amour infini et humain et je voulais les rendre heureux et les sauver." (23 janvier 1928)


Ces deux amours fondus en un seul, en l'Eprit-Saint, forment le coeur de la Rédemption.


LA CROIX SE PERPETUE DANS L'EUCHARISTIE :----

"Si la Rédemption suffisait à ta justice pour effacer le péché, si avec elle la distance entre l'homme et la divinité était vaincue, pourqui as-tu perpétué ce même sacrifice de la Croix sur les autels ?"

 

- "Seulement par amour, seulement pour un but de charité. Je demeure sur les autels parce qu'une soif sublime consume le Verbe fait chair se réjouissant de son immolation en faveur de l'homme

Je suis resté là pour compléter dans les âmes avec ma vie de victime ce qui leur manque de sacrifice.

Je suis resté là pour continuer l'expiation des ingratitudes de l'homme par un sacrifice perpétuel.

Je suis resté là parce que Je suis la seule victime pure.

Sans moi, toute immolation serait inutile, et en perpétuant mon sacrifice, le pardon se perpétue également, donnant sa valeur aux sacrifices de l'homme quand ils sont offerts en union avec le mien.

Je suis resté là pour attirer les âmes, par mon exemple, à devenir amoureuses de la douleur sous toutes ses formes.

Je suis resté là cause du plaisir que le Verbe incarné ressent de la proximité de sa créature

Dans la messe se perpétue la même immolation de la même Victime. Moi, au Calvaire ; ce n'est pas une prolongation ou une répétition de mon sacrifice, mais le même sacrifice bien que non sanglant, la même crucifixion vivante avec la même et unique volonté amoureuse du Père de donner son propre Fils, son Fils unique, pour le salut du monde"

(2 aout 1933).






TOUTE L'EGLISE EST SACERDOTALE----------------------

"Le Christ, Prêtre Unique, a suscité une Eglise, un peuple sacerdotal tout entier, sacrement du salut du monde.
Elle est une nation élue, une résidence royale, une communauté sacerdotale, une nation sainte, un peuple que Dieu s'est acquis"


La vision de l'Eglise toute sacerdotale est un aspect essentiel de la doctrine spirituelle de Conchita, cinquante ans avant Vatican II.

"Il y a des âmes qui ont été consacrées par l'onction sacerdotale, mais il y a également, dans le monde, des âmes sacerdotales, qui, bien qu'elles n'aient ni la dignité ni la consécration du prêtre, ont une mission sacerdotale, et elles s'offrent au Père, en union avec moi, pour s'immoler comme Il le désire. Ces âmes aident puissamment l'Eglise sur le plan spirituel.

Quant aux prêtres, ils doivent être des victimes, se transformer en don d'eux-mêmes, se renoncer et s'offrir à mon Père en union avec moi, et s'offrir pour le salut des âmes, comme Je le fais"

(8 janvier 1928



SACERDOCE SPIRITUEL---------------------------------------

Il n'y a qu'un seul sacerdoce, celui du Christ, mais tous peuvent y participer car le sacerdoce spirituel est à la fois le caractère et le charisme de la communauté ecclésiale.

Le sacerdoce ministériel perpétue l'oblation du Christ en réalisant l'Eucharistie "in persona Christi", rendant possible à toute l'Eglise l'exercice du sacerdoce spirituel, l'offrande du Christ réellement présent au milieu de son peuple qui s'offre en union avec Lui.

"Lorsque j'ai prononcé ces paroles :

- "Faites ceci en mémoire de moi",

je ne m'adressais pas seulement aux prêtres. Certes, ils ont seuls le pouvoir de changer la substance du pain en mon Corps si saint et la substance du vin en mon sang. Mais le pouvoir d'unir en une seule toutes les immolations appartient à tous les chrétiens ; s'assimiler à la Victime de l'autel par la foi et par les oeuvres, m'offrir comme Hostie de propriation à mon Père éternel, cela concerne tous les chrétiens, membres d'un seul corps."

(7 juin 1916)


Cette double participation au Sacerdoce du Christ constitue la structure de l'Eglise de la Croix, de l'Eglise du Christ Prêtre et Victime.

"Je ne puis me séparer de cette attache sainte et céleste car c'est pour elle que je suis venu dans le monde : mon sacerdoce universel n'est autre chose que mon infinie charité pour sauver l'homme. Le Père n'a pas trouvé, dirais-Je, une manière plus adéquate pour le salut du monde que le sacerdoce, qui forme le corps de l'Eglise et dont le centre ou le coeur est la Trinité même ; et c'est pour cela que le Verbe s'est fait chair, tout particulièrement pour être prêtre et pour répandre son sacerdoce dans les âmes.

Car de là, procède le sacerdoce spirituel et mystique : les religieux et les laïcs dans le monde font partie du Sacerdoce mystique dans la mesure de leur union plus ou moins étroite avec moi."

(29 novembre 1928)



LE SACERDOCE MINISTERIEL, AXE DE L'EGLISE----


Le Sacerdoce ministériel configure au Christ comme chef de l'Eglise.

"Depuis toujours, Je vois mes prêtres d'un regard plein d'un amour qui les choisit et les enveloppe de toute éternité, englobant non seulement
leurs âmes bien-aimées, mais aussi des milliers d'âmes, car chaque prêtre est la tête de beaucoup d'autres âmes.

En regardant éternellement le prêtre, J'ai contemplé en lui une foule d'âmes engendrées de lui par la générosité du Père, rachetées par lui en union avec mes mérites, formées par lui, sanctifiées et sauvées par lui et qui Me rendront gloire éternellement.

Ne crois pas que la vie d'un prêtre soit unique ou isolée ; non, dans la vie d'un prêtre, Je contemple beaucoup de vies dans le sens spirituel et saint, bien des coeurs qui me donneront de la gloire éternellement."

(14 novembre 1927)



LE PRETRE EST UN AUTRE CHRIST------------------------

Dans la crise actuelle où l'identité sacerdotale semble se perdre, le message de Conchita est d'une actualité palpitante.

"Quand J'ai pris la nature humaine, J'ai apporté l'amour à l'homme. Ayant le même sang, la fraternelle liaison unissant les deux natures, la
divine et l'humaine, J'ai divinisé l'homme, le mettant au contact du Verbe, le soulevant au-dessus des choses de la terre pour qu'il aspire vers le ciel.

Mais parmi tous les hommes, J'en ai distingué quelques-uns qui devaient être les miens, "d'autres Moi", ceux qui continueraient la mission qui m'a
amené sur la terre, celle de conduire vers mon Père ce qui était sorti de Lui, des âmes qui le glorifient éternellement."

(11 janvier 1928)



"Je ne finirais pas de dire tout ce que les prêtres sont pour moi : mes mains, mes ouvriers, mon Coeur même et le centre d'innombrables âmes.

Dans le prêtre, je contemple le reflêt de mon Père. Je me vois Moi-même et l'Esprit-Saint. Dans le prêtre, Je contemple les mystères : celui de l'unité de son être intime avec la Très Sainte Trinité. Je contemple le mystère de l'Incarnation que le prêtre rend présent dans chaque messe. Je contemple celui de l'Eucharistie qui ne produirait pas sans son concours. Je vois enfin les Sacrements et mon Eglise aimée et des milliers d'âmes engendrées dans la sienne pour la goire de Dieu. Je me contemple Moi-même à chaque instant dans mes prêtres. Mais Je devrais me contempler tel que Je suis en eux, Saint parmi les saints et non pas défiguré par leurs péchés."

(20 novembre 1929)


L'EGLISE DOIT CONTINUER LA PASSION------------



 

"Je suis la Tête de l'Eglise, et tous ceux qui sont miens sont les membres de ce même Corps et doivent continuer en union avec Moi l'expiation et le sacrifice jusqu'à la fin des siècles.

Ma Passion s'est achevée au Calvaire, mais ceux qui forment mon Eglise doivent continuer en eux-mêmes la passion, s'offrant en réparation personnelle et pour autrui à la Trinité en union avec Moi : victimes avec la Victime, mais ayant les qualités mêmes des victimes.


Ceci est la loi de l'amour, loi qui régit mon Eglise : toujours amour, expiation et union."

(24 juillet 1906)

 

"Je n'ai besoin de personne pour sauver le monde ; mais tous les chrétiens doivent souffrir en union avc Moi, coopérant à cette même Rédemption pour la gloire de Dieu et pour leur propre glorification."

(16 mai 1907)


Une prière de la -Liturgie des Heures- exprime cette même spiritualité :


"Dieu tout puissant et éternel qui voulus que ton Fils souffrît pour le salut de tous, fais qu'enflammés de ton amour, nous sachions nous offrir comme victimes vivantes."

 

 

 

 

 

III - MARIE CO-REDEMPTRICE (CONCHITA)

 


III - MARIE CO-REDEMPTRICE

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Source : «Fraternité de Marie Reine Immaculée» http://mariereineimmaculee.free.fr/

«J'ai mieux compris les peines indiscibles du cooeur très pur de Marie, l'unique créature qui lisait et comprenait les douleurs intérieures, les souffrances de son divin fils, comment elle fut la seule à pouvoir mesurer ses peines, à saisir sa pureté et son innocence, à subir aussi le poids infini de l'ingratitude humaine qui l'accablait ; sans être coupable, elle vécut une existance de souffrance en union avec son Jésus très saint et obtint les graces pour les pêcheurs coupables. Dès que Marie eu consenti à l'incarnation du Verbe, plus jamais le plan divin ne s'effaça de son esprit. Son coeur de mère, broyé, contempla le martyr innocent et Divin.

La vie de cette vierge-mère fut la plus crucifiée après celle de Jésus. Sa constante méditation de l'avenir gardait toujos son âme déchirée en sa petite maison d Nasareth. Qui aurait pu soupçonne , à la vue de ces deux êtres si purs, mais vivant la même existance commune, qu'en réalité, ils supportaient au-dedans d'eux-mêmes le martyre le plus cruel en vue du salut du genre humain !
Oui, Marie a occupé une place immense dans la rédemption de l'homme. Que Marie est grande et combien nous lui sommes redevables !»


[...]

La passion de Jésus fut aussi la passion de Marie. Elle a été seule à comprendre ce cri de Jésus dans son abandon. La mesure de la douleur est celle de l'amour. La mesure de l'amour est celle de la grace, et Marie fut pleine de grace, d'amour et de douleur.
[....]
«La mission personnelle de Marie dans le mystère du salut est inséparable de celui de sa divine maternité comme l'est aussi le rôle rédempteur du Christ de son incarnation»

«Marie fut choisie pami toutes les femmes pour que dans son sein virginal fut réalisée l'incarnation du Verbe divin et dès cet instant, elle, la toute pure, la Vierge-mère, celle qui a tout accepté avec amour et dans la plus haute soumission à mon Père, elle n'a pas cessé de m'offrir à lui en victime qui venait du ciel pour sauver le monde, mais en sacrifiant son coeur de mère à la divine volonté de ce Père bien aimé.
Elle m'a nourri pour être victime, atteignant la suprème immolation de son âme quand elle m'a livré pour être crucifié. C'était un même sacrifice, le mien sur la croix et celui qui avait lieu dans son coeur.Marie m'a toujours offert au Père, elle a toujours rempli le rôle du prêtre ; elle immola toujours son coeur innocent et pur en union avec moi pour attirer des graces pour l'Eglise
»

(6 avril 1928)

 

«Pour ces derniers temps, destinés au règne de l'Esprit-Saint et au triomphe fnal de 'Eglise, était réservé le culte du martyre de la solitude de Marie, son épouse très aimée. Durant ce martyre, seule la puissance et la force de cet Espritde Dieu ont pu la maintenir en vie. Marie, en effet, a vécu pour ainsi dire, mirculeusement et uniquement pour mériter les graces requises pour sa maternité en faveur de l'humanité. Elle a vécu pour donner son témoignage sur moi en mon humanité, comme le Saint-Esprit témoignait de ma Divinité. Elle a vécu pour être en quelque sorte l'instrument visible de l'Esprit-Saint dans l'Eglise naissante, tandis que l'Esprit-Saint agissait sur le plan Divin et tout spirituel. Elle a vécu pour fournir sa première nourriture à cette unique et véritable Eglise, et pour mériter dans le ciel les titres de Consolatrice, Soutien, Refuge de ses enfants.

Cette étape de la vie de Marie, constituant pour son coeur une source d'amertume, quintessence du martyre, purification de son amour en même temps que source inéuisabe de grâces et de miséricorde pour le monde est restée ignorée.

Au pied de la croix, naquirent tous ses enfants. Ma mort leur a communiqué la vie dans le coeur de ma mère ; mais avant de mourir Elle devait manifester cette maternité sur la terre, en achetant, par les souffrances de mon absence, une infinité de graces présentes et futures pour ses enfants. Son titre de Mère de l'humanité, Marie l'a conquis par le martyre de sa solitude après ma mort. Le monde en a-t-il conscience ?...Marie a acheté des graces pour tous et pour chacun des hommes»



LES VERTUS ET LES SOUFFRANCES DE MARIE SONT RESTEES CACHEES-----------------------------------------------

«De même que les vertus de Marie sont restées cachées à cause de son humilité, par exemple à l'occasion de la Purification, puisqu'elle-même ne les extériorise pas, ainsi ses souffrances demeurèrent voilées. Ni plainte ni récrimination : elle les acceptait toutes, les accueillant toutes sans en perdre une seule , les aimant, adorant en elles la volonté de Dieu qui était sa vie. Cette adhésion à ma volonté adorable qu'elle pratiqua après mon Ascension, fut particulièrement intime, au cours de sa vie de souffrances sans nom, durant le martyre de mon absence et parmi les crucifiements de sa solitude. Adhésion, simplification, unification très élevée et très étroite de nos volontés, de mes vouloirs dans ses martyrs, soumission et parfaite conformité à mes désirs et à mes desseins de l'immoler, telle fut alors la forme de la vie de Marie. Telle fut son adhésion sublime, très sainte et divine qui la maintenait absorbée dans ma volonté qui la conduisait par les voies d'humiliation, de souffrance, de déchirement du coeur dan l'amour même. On ne peut pas apprécier en Marie son titre de Reine des Martyrs, parceque l'homme demeure très loin de comprendre son amour.»

Marie est co-rédemptrice, Mère de la Rédemption parce qu'elle est la Mère de Jésus, Mère de "Yahveh qui sauve»


La solitude de Marie est l'association la plus parfaite à l'acte rédempteur du Christ. Le drame de notre salut se décida au moment même où Jésus fut abandonné mystérieusement par son Père, et que lui-même s'abandonna, en réponse, avec confiance et amour, entre ses mains. C'est le "oui" de l'homme dans la suprème angoisse.

- «Tu avais longuement considéré la première solitude de Marie, c'est-à-dire l'extérieure, mais tu n'avais pas pensé à l'intérieure, la plus cruelle et amèr, celle qui déchire et dans laquelle l'Esprit éprouve une agonie à cause de l'abandon

Le martyre de Marie après mon Ascension ne fut pas causé seulement par mon absence matérielle :
elle a souffert aux terribles creusets d'un abandon semblable à celui que j'ai éprouvé Moi-même sur la croix ; et mon Père l'a uni au mien qui acheta dant de graces.

En tant que co-rédemptrice, Marie éprouva dans son âme toute pure, l'écho de toutes mes agonies, humiliations, outrages et supplices, le poids des péchés du monde qui ont fait saigner mon coeur, et la vibrante douleur de l'abandon du ciel qui obtient des graces.

Il est évident que Marie n'a rien eu à purifier en elle-même mais dans l'humanité, c'est-à-dire dans ses enfants, conquérant avec cette douleur une nouvelle couronne de Mère-Martyre.
C'est ainsi qu'elle souffrit pour ses enfants, c'est ainsi qu'elle leur donnait la vie surnaturelle de la grace, c'est ainsi qu'elle leur achetait le ciel
»

(22 juin 1918


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Marie est vraiment la Mère des hommes, sa maternité spirituelle est une maternité engagée. Elle, l'Immaculée, souffre pour le péché de ses enfants.

«Le Coeur de Marie acheta ces graces dans le martyre d'une solitude désemparée, non pas du fait des hommes (elle avait saint Jean et les Apôtres et beaucoup d'âmes qui l'aimaient avec ferveur), non pas du fait de mon absence matérielle (elle se consolait avec l'eucharistie à cause de sa foi si vivante et parfaite), mais par l'abandon spirituel, l'abandon divin de la Trinité qui se cachait à elle.....
Marie a souffert plus que toutes les âmes désemparées, parce qu'
elle a souffert un reflet de mon propre abandon sur la Croix, celui qu'on ne peut évaluer et ui n'a pas de termes pour être exprimé.

Cet abandon de Marie, ce vif et palpitant martyre de sa solitude, le martyre désolateur du divin abandon, qu'elle a souffert avec une force héroïque, avec amoureuse résignation et sublime abandon à ma volonté, n'est pas honoré.

C'est un grand honneur pour les âmes quand le Père les appelle pour les associer : à la rédemption ; à la co-rédemption en s'unissant à moi et à Marie ; à l'apostolat de la Croix, c'est--dire à celui de la souffrance innocente, douleur pleine d'amour et pure, douleur expiatrice et salvatrice en faveur du monde coupable
»

(23 juin 1918)



ILS NOUS PARLENT DE MARIE COREDEMPTRICE :

 

SAINT ALBERT LE GRAND (1193-1280)

«Marie est l'aide, la coopératrice de la Rédemption»

(Super Missus, q., 29, §3)


 

SAINTE BRIGITTE (1303-1373)

«Comme Adam et Eve ont de concert vendu le monde pour une pomme, ainsi c'est d'un seul et même coeur que mon Fils et moi nous l'avons racheté»
(Revelationes, Lib I, cap. XXXV)

 

SAINT BONAVENTURE (1217-1274)

«Aussi, tandis que le Fils était suspendu mourant à la croix, la Mère s’offrait aux bourreaux afin de donner sa vie pour nous»

Liber de institutione Virginis, cap. VII, n°49 : cité dans les Gloires de Marie


 

SAINT BERNARD (1090-1153)

«Un homme et une femme ayant coopéré à notre ruine, il convenait qu'un homme et une femme coopérassent à notre réparation»

(Sermo de duodecim proerogativis B.V.M., n°1)


 

SAINT ANSELME (1033-1109)

«Dieu a bien pu créer le monde de rien, mais le monde s'étant, par le péché, précipité dans la ruinee, Dieu n'a pas voulu l'en tirer sans le concours de Marie»

(Oratio 52)


 

SAINT ALPHONSE (1696-1787)

«Il est vrai que Jésus voulut être seul à mourir pour le salut des hommes :
«Seul, dit-il, j’ai foulé le pressoir»
(Is 53,3) Mais, devant l’ardeur de Marie à vouloir, elle aussi, se consumer pour notre salut, voici ce qu’il arrêta : par le sacrifice et l’offrande de sa vie à lui Jésus, elle coopérerait à notre rédemption, et deviendrait ainsi la mère de nos âmes» (Commentaire de Is 53,3 dans les Gloires de Marie)


 

PERE GARIGOU LAGRANGE (1877-1964)

«Marie, qui a mérité le titre de Corédemptrice et celui de Médiatrice universelle, est le modèle des âmes réparatrices par ses souffrances au pied de la croix. Par elles, elle nous a mérité de congruo, ou d'un mérite de convenance, fondé sur la charité, tout ce que le Verbe fait chair nous a mérité en stricte justice. S. S. Pie X (Encycl. Ad diem illum, 2 févr. 1904) a approuvé cet enseignement commun des théologiens. Et Benoît XV a ratifié le titre de corédemptrice en disant que «Marie, en union avec le Christ, a racheté le genre humain, ut dici merito queat ipsam cum Christo humanum genus redemisse»

(Lettre du 22 mars 1918, Acta Apost. Sed. X, 182).

C'est ainsi que Marie est devenue la Mère spirituelle de tous les hommes».


 

BIENHEUREUSE ANNE CATHERINE EMMERICK (1774-1824)

«Pendant tout le temps que dura le supplice [de la flagellation] du Sauveur, je vis la sainte Vierge plongée dans l'extase. Elle voyait et ressentait en esprit, avec un amour et une douleur indicibles, tout ce qu'endurait son fils. Souvent des cris plaintifs s'échappaient de sa bouche; ses yeux étaient rouges de larmes. Elle était voilée et étendue dans les bras de. sa sœur aînée, Marie d'Héli, qui était déjà âgée, et ressemblait beaucoup à Anne leur mère. Marie de Cléophas, fille de Marie d'Héli, était aussi là. Les saintes amies de Marie et de Jésus étaient toutes enveloppées de leurs voiles, serrées autour de la sainte Vierge, tremblant de douleur et d'angoisse: on eût dit qu'elles attendaient leur propre condamnation. Marie portait une longue robe bleu d'azur, et par dessus un ample manteau de laine blanche; son voile était d'un jaune pâle. Madeleine était bouleversée et hors d'elle-même ; ses long cheveux flottaient épars sous son voile»

(VNSJC3 p272-273)

[...]

«Il était à peu près onze heures de la nuit quand la sainte Vierge, tourmentée par son attente, se leva et quitta le cénacle, enveloppée de son manteau. J'éprouvai une vive inquiétude en voyant cette sainte mère, déjà brisée de fatigue et si affligée, parcourir seule les rues de la ville au milieu de la nuit. Elle alla d'abord à la maison de Caïphe, puis au palais de Pilate, et suivit ainsi toute la voie douloureuse à travers les rues, où régnait un profond silence. Elle s'arrêtait aux endroits où le Seigneur avait enduré les souffrances les plus cruelles ; on eût dit qu'elle cherchait un objet perdu. Souvent elle se prosternait par terre, touchait les pierres ou les baisait, comme si elle eût vu les traces du sang sacré de son fils. Elle adorait pleine d'amour, et toutes les places sanctifiées lui apparaissaient lumineuses. Je l'accompagnai durant tout le chemin, et je ressentis tout ce qu'elle éprouva, selon la mesure de mes forces» (VNSJC3 p380-381)


 

 

ROLANDE LEFEBVRE

«La Vierge Marie m'a fait comprendre ce que, jusqu'ici je n'avais pas compris en profondeur. C'est que, pendant la Passion, le Saint Esprit s'est comme incarné en Marie. Par Lui, le Père et Marie se rejoignaient intimement et ne faisaient qu'Un.

La Passion de Jésus était aussi la Passion du Père, la Passion du Père était vécue dans Marie. Le Père, Lui, a emprunté, pour ainsi dire son coeur humain pour souffrir en Elle, avec Elle, par Elle, la Passion de leur Fils, de leur enfant, dans une seule fusion d'amour. La Passion du Père et la Passion de Marie n'étaient plus qu'une seule Passion humanisée, vécue en Marie dans un amour et une intensité infinie, celle du Père Lui-même.

Pendant toute la Passion de Jésus, le Saint-Esprit était le lien, la communication entre Jésus et Marie et le Père en Elle. C'est la Trinité qui était en Passion avec Marie. Tout ce que Jésus souffrait, tout ce qu'Il ressentait dans Son corps, dans Son âme, dans Son coeur humain, le Saint-Esprit le transmettait dans Marie qui éprouvait aussitôt les mêmes souffrances, les mêmes sentiments de désolation, d'amour pour le Père, de pardon pour les hommes. Au pied de la Croix, Sa maternité, Son amour pour Jésus ont atteint le sommet de la plénitude car, en Elle, le Père vivait et lui faisait partager la plénitude, la perfection l'infini de Sa paternité à Lui.

De même, pour nous, parents (combien est faible la comparaison), c'est à la mort d'un de nos enfants, ou dans sa plus grande souffrance, que notre amour pour lui atteint son plus haut degré. Alors le père et la mère se rapprochent l'un de l'autre, même si leur union humaine n'est pas parfaite, dans un seul et même amour, dans une seule et même douleur, dans une seule fusion de paternité et de maternité ?
[...]
Il y avait aussi la présence invisible de saint Joseph qui partageait tout avec Marie. Marie avec Jésus, en même temps que Lui, disait, tout bas : «J'ai soif ». Elle avait soif avec Lui, et pas seulement de cette soif physique, atroce, dans son corps meurtri, vidé de sang, brûlant de fièvre. Marie a sûrement essayé de soulager cette soif-là. Mais combien fortement elle éprouvait avec Jésus cette soif spirituelle, cette soif de nous tous qu'Il voulait sauver par Sa mort.

Ce que vivait Jésus, Marie le vivait avec Lui. Dans sa maternité qui connaissait sa plus intense plénitude, Elle rassemblait en Elle ses enfants, absolument tous les enfants de Dieu, ses enfants de tous les temps depuis le commencement jusqu'à la fin du monde. Pas un seul ne manquait, bons et mauvais. Avec son Jésus bien-aimé, elle disait aussi : «Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font».

Ce n'était pas seulement pour ceux qui, au Calvaire, faisaient souffrir Jésus. Mais pour les hommes pécheurs de tous les temps. Avec Lui, son coeur disait inlassablement : «Père pardon, Père pardon, Père pardon !»

Elle présentait aussi à son Fils tous ceux qui L'ont aimé, attendu, tous ceux qui L'aiment actuellement, nous étions là, présents, ainsi que tous ceux qui L'aimeront jusqu'à la fin des temps, rassemblés dans une même unité dans le coeur de la Vierge où brûlait le coeur du Père. Notre amour a été le suprême réconfort de Jésus mourant».

LA PASSION DE MADAME R. Plon 1993, p. 207-208


 

ROSALIE PÜT (1868-1919)Stigmatisée belge

«Aucun homme ne peut comprendre les souffrances de la Mère de Dieu pendant le chemin de la Croix. Ceci est un mystère, un secret de tous les temps»

 

 

MARIE «CO-REDEMPTRICE» : Un appel à la prudence

En juin 1997, L’Osservatore Romano a publié la déclaration de la Commission théologique du Congrès mariologique international de Czestochowa à propos de demandes adressées au Saint-Siège en faveur de nouvelles définitions dogmatiques en mariologie (la définition des titres marials de «Médiatrice», «Co-rédemptrice» et «Avocate»). Cette déclaration a été accompagnée d’une note explicative de l’Académie pontificale mariale internationale. Nous proposons les deux documents dans leur intégralité.

RÉSUMÉ

Puisque les titres marials de «Médiatrice», «Co-rédemptrice» et «Avocate» peuvent être compris de manières très différentes, leur définition dogmatique semble inopportune. De toute façon, une telle définition s’écarterait des orientations du texte mariologique de Vatican II. En effet, les Pères du Concile, après mûre réflexion, ont décidé de ne pas procéder à de nouvelles définitions dogmatiques en mariologie. Cela ne veut pas dire que le Concile ait définitivement bloqué tout progrès de la doctrine concernant Marie : il s’agit simplement de souligner le poids d’une décision très récente prise lors d’un Concile oecuménique sur une question qui est grave, théologiquement parlant, et qui continue d’être discutée. Dans ce contexte, il faut approfondir les questions liées aux titres concernés.

PERSPECTIVES

Ces documents expriment le souci de rester dans la ligne théologique tracée par le Concile Vatican II qui a refusé de définir de nouveaux dogmes sur Marie voir Lumen gentium, 54). Ils rappellent en même temps que ce choix a été fait dans le cadre exceptionnel d’une Constitution dogmatique, « fruit de l’action de l’Esprit et de la réflexion pondérée de ceux – les évêques – auxquels le Seigneur a confié le soin de garder et d’expliquer le dépôt de la foi».

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Textes italiens dans l’Osservatore Romano du 4 juin 1997. Traduction de la DC. Voir DC 1997, n° 2164, p. 693-696. Titre de Questions actuelles.

 

DÉCLARATION DE LA COMMISSION THÉOLOGIQUE DU CONGRÈS MARIOLOGIQUE INTERNATIONAL

Le Saint-Siège ayant demandé que ce XIIe Congrès mariologique international, qui se déroule à Czestochowa (Pologne), étudie la possibilité et l’opportunité de la définition des titres marials de «Médiatrice», «Corédemptrice» et « Avocate », comme certains milieux le demandent actuellement au Saint-Siège, il a paru opportun de constituer une Commission, en choisissant quinze théologiens spécialement préparés pour étudier cette matière, qui pourraient en discuter et analyser la question par une mûre réflexion. Outre cette exigence de préparation théologique, on a veillé à ce que la provenance géographique de ces théologiens soit la plus diverse possible, de sorte que leurs éventuels consensus s’avèrent spécialement significatifs. On a cherché en outre à enrichir ce groupe d’étude, en lui agrégeant, au titre de membres extérieurs, certains théologiens non catholiques présents au Congrès. On est ainsi parvenu à une double conclusion :

 

1. Tels qu’ils sont proposés, les titres apparaissent ambigus car on peut les comprendre de manières très différentes. Il est apparu de plus que l’on ne doit pas abandonner la ligne théologique suivie par le Concile Vatican II, qui n’a voulu définir aucun d’entre eux. Dans son Magistère, il n’a pas employé le mot «Corédemptrice» et il a fait un emploi très sobre des titres de «Médiatrice» et d’«Avocate» (cf. Lumen gentium, 62). En réalité, le terme «Co-rédemptrice» n’est pas employé par le Magistère des Souverains Pontifes, dans des documents importants, depuis l’époque de Pie XII. À cet égard, il y a des témoignages du fait que ce pape a évité intentionnellement de l’employer. En ce qui concerne le titre de «Médiatrice», il ne faudrait pas oublier des événements historiques assez récents : dans les premières décennies de ce siècle, le Saint-Siège confia à trois Commissions différentes une étude sur la possibilité d’une éventuelle définition ; cette étude amena le Saint-Siège à la décision de ne pas donner suite à la question.

 

2. Même si l’on attribuait à ces titres un contenu dont on pourrait accepter qu’il appartient au dépôt de la foi, leur définition, dans la situation actuelle, ne semblerait cependant pas claire théologiquement, du fait que ces titres, et les doctrines qui leur sont relatives, ont encore besoin d’un approfondissement ultérieur dans une perspective trinitaire, ecclésiologique et anthropologique nouvelle. Enfin, les théologiens, spécialement les théologiens non catholiques, se sont montrés sensibles aux difficultés oecuméniques qu’entraînerait une définition de ces titres.

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La Commission était ainsi composée :

P. Paolo Melada et P. Stefano Cecchin, président et secrétaire de l’Académie pontificale mariale internationale ; P. Candido Pozo, S.J. (Espagne) ; P. Ignacio Calabuig, O.S.M. (Marianum, Rome) ; P. Jesus Castelano Cervera, O.C.D. (Teresianum, Rome) ; P. Franz Courth, S.A.C. (Allemagne) ; P. Stefano De Fiores, S.M.M. (Italie) ; P. Miguel Angel Delgado, O.S.M. (Mexique) ; don Manuel Felicio da Rocha (Portugal) ; P. Georges Gharib, melchite (Syrie) ; abbé René Laurentin (France) ; P. Jan Pach, O.S.P.P.E. (Pologne) ; don Adalbert Rebic (Croatie) ; abbé Jean Rivain (France) ; P. Johannes Roten, S.M. (États-Unis) ; P. Ermanno Toniolo, O.S.M. (Italie) ; Mgr Teofil Siudy (Pologne) ; Don Anton Ziegenaus (Allemagne) ; chanoine Roger Greenacre, anglican (Angleterre) ; Dr Hans Christoph Schmidt-Lauber, luthérien (Autriche) ; P. Gennadios Limouris, orthodoxe (Constantinople) ; P. Jean Kawak, orthodoxe (Syrie) ; Prof. Constantin Charalampidis, orthodoxe (Grèce).

 

 

NOTE DE L’ACADÉMIE PONTIFICALE (•) MARIALE INTERNATIONALE

À l’occasion du dernier Congrès mariologique, qui se déroula à Czestochowa du 18 au 24 août 1996, une Commission fut constituée pour répondre à une demande du Saint-Siège : connaître l’avis des spécialistes présents au Congrès quant à la possibilité et à l’opportunité de définir un nouveau dogme de foi sur Marie Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate.

En effet, des pétitions en ce sens ont été envoyées au cours de ces dernières années au Saint-Père et à divers dicastères romains.

La réponse de la Commission, intentionnellement brève, fut unanime et précise : il n’est pas opportun d’abandonner le chemin tracé par le Concile Vatican II et de procéder à la définition d’un nouveau dogme.

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(•) Les origines de l’Académie pontificale mariale internationale remontent à 1946. Cette année-là, à l’initiative de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, une Académie a été établie pour promouvoir les études mariologiques et la piété mariale.

En 1959, cette académie a reçu le titre de «pontificale».

Ses statuts ont été approuvés par Paul VI en 1964 et révisés en 1995.

L’Académie collabore aujourd’hui avec les Académies et Sociétés mariales à travers le monde.

 

POURQUOI PRIER MARIE

Le Christ est l’unique sauveur, l’unique médiateur. Lui seuldonne accès au Père par la puissance de l’Esprit. Mais ce salut s’exprime de façon surabondante dans les dons qu’il accorde. Comme un surcroît de l’amour, cette médiation suscite diverses coopérations. Le médiateur en est l’unique source. Il donne à ses frères et soeurs, les saints, d’intercéder par lui, avec lui et en lui. Pour Marie, sa coopération est unique, elle est maternelle. Chez elle, le mot évangélique « mère » explique tout. Marie est mère, infiniment mère, dirait Péguy. Mais cette «médiation maternelle» de Marie qui accueille la prière de ses enfants n’altère en rien la

médiation parfaite de salut du Christ. Au contraire, elle rend plus éclatante sa puissance.

Cela est visible à Lourdes où l’Eucharistie tient une si grande place. Comme si Marie répondait aux prières qui lui sont adressées : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Enfin, prier ne consiste pas seulement à demander mais à regarder le Christ, à l’aimer, à demeurer en présence de Dieu. Pourquoi l’enfant ne demeurerait-il pas avec sa mère en regardant sa beauté, fruit du salut accompli en elle ?

Monseigneur d’Ornellas

 

DANS LE SILLAGE DE L'ENSEIGNEMENT DE VATICAN II

 

De quelque façon qu’on le considère, le mouvement qui postule une définition dogmatique concernant les titres marials de Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate, ne se situe pas en droite ligne avec les orientations du grand texte mariologique de Vatican II – le chapitre VIII de Lumen gentium – qui, au jugement de Paul VI, constitue la synthèse la plus large qu’un Concile oecuménique ait jamais tracée « de la doctrine catholique sur la place que la très sainte Vierge Marie occupe dans le mystère du Christ et de l’Église» (Allocution pour la clôture de la troisième session conciliaire, 21 novembre 1964, n. 7).

 

Il ne faut donc absolument pas sous-évaluer la portée de l’enseignement mariologique de Vatican II, proposé dans le cadre exceptionnel d’une Constitution dogmatique, fruit de l’action de l’Esprit et de la réflexion pondérée de ceux – les évêques – auxquels le Seigneur a confié le soin de garder et d’expliquer le dépôt de la foi. L’actuel mouvementen faveur de la définition n’est donc pas dans la lignée de Vatican II en ce qui concerne aussi bien la demande d’un nouveau dogme mariologique que le contenu proposé pour une éventuelle définition dogmatique.

 

En ce qui concerne l’hypothèse d’un nouveau dogme mariologique

 

Les Pères du Concile et ses présidents institutionnels, Jean XXIII et Paul VI, estimèrent que l’on n’avait pas à procéder à de nouvelles définitions dogmatiques : une conclusion mûrie par un processus de réflexion et de prière qui vit engagés en première ligne Jean XXIII, Paul VI et la Commission théologique du Concile. Parce que des demandes de nouveaux dogmes marials avaient été adressées à la Commission préparatoire de Vatican II.

Par exemple, 265 évêques avaient demandé : «Doctrina mediationis universalis Beatae Mariae Virginis definiatur ut dogma fidei» [«Que la doctrine de la médiation universelle de la B. V. Marie soit définie comme un dogme de foi»]. Quarante-huit évêques avaient adressé la même demande avec la précision : «Si id opportunum visum fuerit» [« Si cela semble opportun »]. Au total, donc, 313 évêques, un chiffre à prendre en considération.

Mais l’on était dans la phase préparatoire, «ante Concilium». Ces requêtes deviennent en effet rares «in Concilio», et même disparaissent peu à peu au fur et à mesure que le débat avance dans l’aula conciliaire, déjà avec une portée universelle, accompagné par la prière de l’Église. Le résultat en est connu : la Constitution Lumen gentium qui, par un choix médité, ne contient pas la définition dogmatique de la médiation, fut approuvée par 2 151 votes favorables sur 2 156 votants : une approbation moralement unanime, expression vraie et légitime du Magistère de l’Église. Parmi ces 2 151 votes favorables se trouvent sans aucun doute ceux des 313 évêques qui, lors de la phase préparatoire, avaient demandé la définition dogmatique de la médiation de Marie.

Trente-trois ans à peine après la promulgation de Lumen gentium – et ce laps de temps est vraiment court par rapport à la rareté et au caractère exceptionnel de la célébration d’un Concile oecuménique –, on ne voit pas de changement substantiel dans le panorama ecclésial, théologique et exégétique qui détermina les déclarations doctrinales solennelles de Vatican II dans le domaine marial.

Cela ne veut évidemment pas dire que le chapitre VIII de Lumen gentium constitue une sorte de blocage ou de cadenas pour le progrès de la doctrine concernant la Mère du Seigneur : cela signifie simplement que, dans une question aussi grave que celle d’une définition dogmatique, on ne peut ignorer une prise de position spécifique de la part d’un organisme, un Concile oecuménique, qui a un si grand poids doctrinal.

 

Quant au contenu spécifique

 

La demande de définition dogmatique est centrée sur trois titres de la Vierge : Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate.

La Déclaration de Czestochowa observe à juste titre que l’on peut attribuer à chacun d’eux un contenu conforme au dépôt de la foi, mais on souligne néanmoins que « ces titres, tels qu’ils sont proposés, apparaissent ambigus car on peut les comprendre de manières très différentes». Observation grave, car en vue d’une déclaration doctrinale solennelle d’une portée aussi grande que l’est une définition dogmatique, on exige que les termes ne se prêtent pas à des interprétations ambiguës et soient compris d’une manière substantiellement univoque. Or, le titre de Médiatrice, par exemple, a été compris tout au long des siècles et est encore compris de manières remarquablement diverses. Il suffit de feuilleter les manuels de mariologie de ces dernières années – de 1987 à nos jours, une vingtaine ont été publiés – pour constater que la médiation de la Bienheureuse Vierge est traitée par les théologiens de manière discordante en ce qui concerne la problématique, l’évaluation doctrinale, la détermination du domaine ou elle s’exerce, la comparaison avec la médiation du Christ et de l’Esprit Saint. En dehors de toute autre considération, dans le cas de la médiation de Marie, nous nous trouvons, en ce qui concerne de nombreux aspects de cette médiation, devant une «quaestio disputata» [«question disputée»]. C’est-à-dire que l’on est loin de cette substantielle unanimité théologique qui, pour toute question doctrinale, est le prélude nécessaire pour que l’on procède à une définition dogmatique.

 

La doctrine de la maternité spirituelle

 

À propos du titre de Co-rédemptrice, la Déclaration de Czestochowa remarque : «Le terme “Co-rédemptrice” n’est pas employé par le Magistère des Souverains Pontifes, dans des documents importants, depuis l’époque de Pie XII. À cet égard, il y a des témoignages sur le fait que ce Pape a évité intentionnellement de l’employer». Précision importante parce que, ici ou là, dans des documents pontificaux secondaires et donc sans portée doctrinale, on peut trouver ce titre, même si ce n’est que très rarement. Au contraire, dans les documents fondamentaux et dans ceux qui ont une importance doctrinale, il est soigneusement évité. Ainsi, le titre de « Co-rédemptrice » a été intentionnellement évité dans la Constitution dogmatique Munificentissimus Deus (1950) et dans les Encycliques Fulgens corona (1953) et Ad caeli Reginam (1954) de Pie XII, dans le chapitre VIII de Lumen gentium (1964) de Vatican II, dans les Exhortations apostoliques Signum magnum (1967) et Marialis cultus (1974) de Paul VI, dans l’Encyclique Redemptoris Mater (1986) de Jean-Paul II qui, par la matière traitée, auraient pu être une occasion propice de l’employer. (•) Il s’agit d’un fait significatif que l’on ne peut négliger.

On est alors surpris que le mouvement en faveur d’une définition demande au Magistère pontifical de procéder à une définition dogmatique – l’expression la plus haute de l’engagement magistériel – d’un titre à l’égard duquel le Magistère nourrit des réserves et qu’il écarte systématiquement.

Mais plus que ces considérations, la Déclaration de Czestochowa souligne avec force l’importance de suivre la ligne tracée par le Concile Vatican II et poursuivie par le Saint-Père Jean-Paul II. Une ligne qui engage du point de vue doctrinal, en rien minimaliste, féconde en perspectives pastorales. Ses deux points essentiels sont :

 

L’affirmation réitérée de la coopération de Marie à l’oeuvre du salut (cf. Lumen gentium, 53, 56, 61, 63) : cooperatio, un terme ouvert, qui ne suscite pas de réactions négatives dans le cadre de la théologie catholique, qui est employé par saint Augustin dans son texte célèbre De sancta virginitate, 6. Pour la préférence du Magistère pontifical du terme cooperatio par rapport à celui de coredemptio, voir la catéchèse de Jean-Paul II lors de l’audience générale du 9 avril 1997 : le Saint-Père y traite abondamment de la coopération de la Vierge à l’oeuvre du salut.

 

L’affirmation insistante de la maternité spirituelle de Marie à l’égard des disciples du Christ et de tous les hommes (cf. Lumen gentium, 53, 54, 55, 56, 58, 61, 63, 65, 67, 69), soit comme coopération historique à l’événement de la Rédemption, soit comme intercession permanente en faveur des hommes, depuis le moment de sa glorieuse Assomption jusqu’au couronnement de tous les élus (cf. Lumen gentium, 62).

On sait que l’on a observé à plusieurs reprises que si le Concile d’Éphèse (431) fut le Concile de l’affirmation solennelle de la maternité divine de Marie, Vatican II a été celui de l’affirmation de la maternité universelle, dans l’ordre de la grâce. À la lumière de l’enseignement de Vatican II, Paul VI estimait que la doctrine concernant la maternité spirituelle de Marie est une vérité de foi : la Vierge « continue maintenant, au ciel, à remplir son rôle maternel en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans chacune des âmes des hommes rachetés.

C’est une vérité très consolante qui, par une libre disposition du Dieu très sage, fait partie intégrante du mystère du salut des hommes; elle doit donc être objet de foi pour tous les chrétiens » (Signum magnum, 1).

 

Lui aussi Jean-Paul II, dans son Encyclique Redemptoris Mater (n. 44-47) conçoit la «médiation mariale» comme une «médiation maternelle» ; il la situe dans la réflexion sur la maternité spirituelle et voit en elle l’expression la plus haute de sa coopération à l’oeuvre du salut.

La Déclaration de Czestochowa indique la route à suivre : approfondir les questions relatives à la médiation de Marie et à sa fonction d’Avocate dans le cadre de la maternité spirituelle, comme moments significatifs de son exercice. C’est dans cette direction que s’est nettement orienté le sensus fidelium.

Emprunter la route contraire peut se révéler erroné. Comme nous l’avons dit, les trois titres en question sont susceptibles d’une lecture correcte. Comme de très nombreux autres titres qui apparaissent dans les documents magistériels et dans la piété de l’Église

 

nova Eva, Auxiliatrix, Socia Redemptoris… Il faut cependant réfléchir sur les raisons pour lesquelles ces trois titres – Co-rédemptrice, Médiatrice, Avocate – ont été évités ou peu employés par le Magistère de l’Église au cours des cinquante dernières années : probablement parce qu’ils ne sont pas les plus aptes à exprimer le contenu auquel ils renvoient.

En un certain sens, surprenante est la sobriété avec laquelle la Déclaration de Czestochowa fait allusion aux graves conséquences négatives qu’entraînerait, au plan oecuménique, la définition dogmatique des titres en question : « Enfin, les théologiens, spécialement les théologiens non catholiques, se sont montrés sensibles aux difficultés oecuméniques qu’impliquerait une définition de ces titres». Une modération digne d’éloges ! Parce que, en définitive, le noeud de la question se trouve ailleurs : dans la nécessité d’un «approfondissement ultérieur» de toute la problématique, qui doit être accompli «dans une perspective trinitaire, ecclésiale et anthropologique nouvelle».

 

 

IV - UNION ET INCARNATION MYSTIQUE (CONCHITA)

IV – UNION ET INCARNATION MYSTIQUE

 

 

L'incarnation mystique dont l'acte principal et l'attitude fondamentale consisteront dans l'oblation continuelle du Verbe incarné à son Père, et dans l'offrande totale de notre propre vie par Lui, avec Lui et en Lui, pour la gloire du Père et le salut du monde. C'est là une présentation nouvelle de l'évangile de la Croix.

«Dieu a créé l'homme, heureux de le former – à son image- pour l'attirer vers le ciel».

(23 juillet 1906)



«Si l'homme comprenait sa divinisation, il ne pécherait plus. Il est le temple de l'Esprit-Saint, et, dans son âme, une image de la Trinité. Il a une origine divine, c'est pourquoi il est immortel. Il participe à Dieu en chacun de ses actes et mouvements. Il vit pour Lui. Par suite, comment ne pas vivre de lui ? Tel est précisément le désordre dans la créature qui tente, par le péché de se soustraireà Dieu, ce qui, d'ailleurs, est impossible, puisqu'elle ne pourrait pas vivre en dehors de Dieu ni effacer Dieu de son âme ni le reflêt de Dieu, si grandes que soient la souillure et la noirceur de ses péchés»

(23 avril 1913)



«Dieu a créé l'homme uniquement pour la joie mais le péché a renversé ce plan, car un être souillé ne peut être appelé à un bonheur immortel. Une purification est nécessaire : c'est précisément le rôle de la douleur de blanchir les âmes. La souffrance unie à l'expiation divine du Verbe incarné, nous a ouvert le ciel, permettant de nouveau à l'homme de pouvoir posséder un éternel bonheur»

(18 avril 1913)



«L'âme est immortelle ; elle porte en elle l'image de la Trinité, le germe de l'Unité, une tendance vers l'infini et le divin. Voilà pourquoi, sur la terre elle ne trouve pas de satisfaction complète»

(15 avril 1913)

«Je suis homme. Si je n'avais pas existé, l'homme n'aurait jamais existé. Dieu aime l'âme comme reflet de la Trinitéet il aime le corps comme un reflet de Moi-même, homme parfait, type et modèle de tout homme»

(27 juillet 1906)

 

«La pénitence est une grande vertu et l'esprit de pénitence est un don gratuit que Dieu accorde à qui Il lui plait....La pénitence désarme la justice de Dieu et la transforme en grace. elle purifie les âmes, éteint le feu du purgatoire et reçoit dans le ciel une récompense très élevée. La pénitence rachète les fautes personnelles et celles des autres. La pénitence est soeur de la mortification ; les deux cheminent ensemble la main dans la main. La pénitence aide l'âme à s'élever au-dessus de la terre. La pénitence coopère à la Rédemption du monde. La pénitence humilie l'homme, elle le pénètre du sentiment intime de sa bassesse et de sa misère. La pénitence apporte à une âme la lumière. Elle consume et fait disparaître en elle tout ce qui est purement matériel. Elle la soulève plus haut que la terre, lui faisant goûter les délices jusque là inconnues et pures. Mais cette pénitence doit être fille de l'obéissance et exister dans l'âme, cachée à tous les regards humains»

(24 septembre 1895)

 

 

Tous les maitres en spiritualité rappellent la nécessité d'un combat spirituel contre soi-même et contre les tendances qui demeurent en chacun de nous, même après une sincère conversion. Il faut lutter jusqu'à la mort .medium_250px-Lutte_de_Jacob_avec_l_Ange.jpg

«je dois travailler à déraciner ce -moi- tenace qui se redresse à chaque instant, voulant tout dominer. Avec le secours de la grâce je le sens déjà faible et prêt à se rendre, mais je voudrais le tuer et l'enterrer plus profondément.

En vérité, c'est le plus redoutable ennemi de la
perfection,c'est ce -moi- avec son amour propre ses gouts, la recherche de ses commodités. Le -moi- abattu, la place est nôtre et ce Jésus aussi est tout à nous, Lui qui n'entre pas dans une maison déjà occupée. Alors le Saint-Esprit devient tout à nous. Il n'établit son refuge que dans la solitude d'une âme pure. Alors le regard du Père aime prendre son repos dans une demeure paisible où peut se reflêter son image divine. O délicieux dépouillement de tout, vide absolu, tout envahi par Dieu ! O solitude et bienheureuse quiétude, oblation totale de la créature à son créateur ! O véritable et parfaite pauvreté spirituelle dans laquelle l'âme ne garde rien à soi ! Elle ne s'approprie pas ce que le Seigneur a déposé en elle. Humble et reconnaissante, elle fait tout remonter vers le Maître éternel de toute chose.

Bienheureux les pauvres en esprit ! Cette pauvreté possède le ciel dès cette terre puisqu'elle possède Dieu Lui-même-»

(septembre 1897)

 



DANS L'HOMME PÊCHEUR, LA PURIFICATION DE TOUT L'ÊTRE HUMAIN PREPARE L'UNION DIVINE

Les Pères du désert formaient leurs néophytes à la pureté totale pour les acheminer vers la contemplation divine. Alors "la pureté spirituelle parfaite" prend tout son sens. "Elle ne consiste pas seulement dans l'absence de souillure dans le corps et dans l'âme, mais dans une séparation absolue de toute affection et de tout acte moins pur. C'est là, le degré le plus sublime de cette vertu divine qui nous rapproche le plus de la pureté des anges, c'est-à-dire de la ressemblance de Dieu. En Dieu, la pureté est naturelle. Dieu est comme un cristal sans tache et, je le comprends sans pouvoir l'expliquer, rien de moins que cette transparence divine n'est capable de reflêter l'image de la Très Sainte Trinité.



PRIMAUTE DE L'AMOUR

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«L'amour est l'âme de toute vie de prière et de toute bonne oeuvre. Si elles ne sont pas accompagnées par l'amour, toutes les oeuvres de l'homme sont mortes. L'amour est le feu qui enflamme tout. Quand une âme possède ce saint Amour, il avive en elle la foi et l'espérance, il la pousse à la pratique de toutes les vertus morales.

 

L'âme qui m'aime court à travers les chemns de la perfection sans se préoccuper des épines qu'elle foule aux pieds. Elle parvient ensuite à voler sans sans que l'en empêchent les mille obstacles qui s'y interposent. Elle les dépasse par l'ardeur intérieure d'une foi vive et d'une sainte espérance. Les vertus théologales ont leur siège et leur développement dans l'amour. La charité leur communique la vie et les emporte jusqu'au ciel. Le monde n'a pas idée de la grandeur de ces trois vertus théologales qui se fondent sur l'amour divin.

Les âmes ne m'aiment pas. Voilà pourquoi elles se perdent : et, parmi les âmes qui m'aiment et se disent
«miennes», combien peu sont celles qui me donnent tout leur coeur ! Je ne reçois presque toujours, qu'une partie de leur coeur ; tout, c'est si rare ! Pourtant, Je veux que l'on m'aime avec «tout son coeur, toute son âme et toutes ses forces !». le coeur human se tourne en partie vers les créatures, vers le monde et vers lui-même. L'amour-propre le remplit pour la plus grande part ; il ne vit et ne respire que pour lui. J'exige, Moi, un amour qui dépasse tout. J'en ai imposé le précepte afin de rendre l'homme heureux et pour le sauver. Malgré cela, combien peu nombreuses, Je le répète, sont les âmes qui accomplissent à la perfection ma souveraine volonté ! Je veux leur bien et elles résistent. Je leur présente un trésor et elles le dédaignent. Je leur donne la vie et elles courent à la mort. Aimer et se sacrifier : voilà l'unique bonheur de l'homme sur la terre Aimer et jouir : voilà l'éternelle félicité dans le ciel.

Pour arracher les vices et pratiquer les vertus, il est nécessaire de se sacrifier, mais de se sacrifier en aimant. L'âme qui fait cela m'aime avec tout son coeur et Je serai son éternelle récompense. Donne-Moi un amour de ce genre, donne-Moi des âmes qui m'aiment dans la souffrance, qui trouvent leur joie sur la Croix. Mon Coeur a soif d'un tel amour. Je veux un amour pur, un amour désintéressé, un amour qui expie, un amour crucifié, un amour solide, qui n'existe pour ainsi dire plus sur la terre ; et pourtant, c'est le seul amour vrai, celui qui sauve, qui purifie et que J'exige dans mes commandements.
Tous les autres amours apparents ne me satisfont pas, tout autre amour est vain, factice, souvent coupable, excepté l'amour dont Je viens de t'entretenir.

Aime-moi comme Je t'ai aimée, en ma Croix intérieure, depuis le premier instant de mon Incarnation. Aime-Moi dans la souffrance et dans le sacrifice par amour. Aime-Moi parce que Je suis Dieu et uniquement pour me faire plaisir. C'est vers cet amour que J'aspire, c'est l'amour que Je désire. Heureuse l'âme qui le possède.....Je lui promets que dès cette terre, elle commencera à goûter les délices du ciel.
»

(11 septembre 1900)



VOLONTE DIVINE ET ABANDON TOTAL



Le tableau des vertus et des vices contient non seulement des vertus spécifiquement distinctes ; elle y introduit des vertus synthétiques, qui sont comme l'harmonie de plusieurs vertus. Ainsi, elle fait entrer dans son énumération la volonté de Dieu et l'abandon total.



LA VOLONTE DE DIEU
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«La volonté de Dieu est un bouquet qui renferme toutes les vertus pratiques d'une manière ordinaire ou à l'état parfait. Elle les divinise et les fait resplendir avec l'éclat en la présence de Dieu. Elle donne à chacune une valeur nouvelle dans la balance divine et, dans l'âme purifiée, elle les revêt d'une couleur spéciale où l'Esprit-Saint se complaît. Cette soumission totale et parfaite à la très sainte volonté de son Dieu et Seigneur est la plus grande de toutes les vertus qu'une âme puisse posséder. Cette vertu sublime implique la pratique intégrale de toutes les autres vertus......C'est un point culminant.»

Le Seigneur ajoute :

«Je nai pas eu d'autre nourriture.....depuis le premier instant de mon incarnation, que cette volonté divine.......C'est par elle que Je suis venu en ce monde, par elle que J'ai été élevé sur la terre pour y achever ma vie dans le plus cruel des martyres, c'est elle qui adoucissait mon agonie. Elle fut mon unique soulagement lors de mon passage sur la terre. J'aurais subi mille fois la mort pour l'accomplir. L'Amour divin et agissant qui brûlait dans mon Coeur, avait pour motif principal de réaliser la volonté divine en faveur de l'homme. La Rédemption ne fut pas autre chose que l'accomplissement fidèle de cete volonté divine. Son écho se répercutait continuellement au fond de mon Coeur très aimant, le faisant vibrer pour le salut des âmes et la glorification de mon Père.

Il y a un degré encore plus élevé dans cette volonté divine : c'est l'Abandon total à l'intérieur de cette même Volonté de Dieu. Cet abandon conduit au sommet le plus élevé de la perfection : c'est le degré suprème de toute vertu
» .

(6 juin 1900


On saisit la méthode, fruit d'une sagesse divine communiquée par l'expérience des choses divines, sous la motion personnelle des dons du Saint-Esprit. Elle les analyse l'un après l'autre de la même manière d'ailleurs en un bref et savoureux traité des sept dons. Même méthode dans la présentation des Béatitudes évangéliques.


L'AMOUR EST TOUT------------------------------------------------

Pas la moindre trace de dolorisme dans cette spiritualité de la Croix où la souffrance est l'expression supreme de l'amour. Tout commence et s'achève dans l'amour, par la présence animatrice de l'Esprit-Saint. Ce long traité des vertus et des vices, des dons du Saint-Esprit et des Béatitudes, s'achève par l'affimation éclatante de la valeur unique de l'amour. Ceci est significatif et rejoint le plus pur évangile.

Quand le Seigneur eut fini ses
«dictées» Conchita écrivit en conclusion dans son journal et en soulignant sa propre conviction :


«L'amour est ce qui donne la vie à toutes les vertus, à toutes les oeuvres qui sont bonnes. L'AMOUR EST TOUT» .

(21 septembre 1900)

 


Il n'y a pas une forme unique d'union transformante, mais mille formes variées, ou plutôt une infinité de réalisations possibles, selon la liberté créatrice de l'Esprit de Dieu et les besoins variés, selon les époques, du Corps mystique du Christ. Conchita nous présente un type nouveau d'union transformante..


L'incarnation mystique, malgré sa suprême rareté, est une grâce de transformation dans le Christ reçue en germe dès le baptème.


Les spécialistes de la vie mystique auront à examiner minutieusement ce point-là qui ouvre à la science des voies spirituelles des horizons nouveaux.
En 1913, quand Conchita fut examinée à Rome, le Seigneur lui manifesta le sens profond de l'Incarnation mystique.


L'INCARNATION MYSTIQUE EST UNE GRACE DE TRANSFORMATION DANS LE CRUCIFIE-------------------

«L'incarnation mystique, est une grâce de transformation en vue d'une assimilation de la créature avec son modèle Jésus, que Je suis. C'est une grace transformante d'union qui ne répugne en rien à mes miséricordes infines. Le Verbe incarné prend possession intime du coeur de la créature. Il prend vie en elle pour réaliser cette union transformante.

Cependant c'est Lui toujours qui communique la vie, cette vie de grace assimilatrice, surtout par la voie de l'immolation.

Jésus s'incarne, grandit et vit dans l'âme, non pas au sens matériel mais par la grace sanctifiante, unitive et transformante. C'est une faveur très spéciale. L'âme qui la reçoit sent, plus ou moins par périodes, les étapes de la vie de Jésus en elle. Ces étapes sont toujours marquées par la souffrance, des calomnies et des humiliations, en sacrifice et en expiation comme le fut la vie de ton Jésus sur la terre.

Quand l'Esprit-Saint s'empare d'une âme de cette manière, Il modèle en elle, petit à petit, la physionomie de Jésus, au sens où Je te l'ai indiqué. Parler d'Incarnation mystique, c'est donc considérer l'âme comme entrant dans une phase de grâces de transformation qui l'amèneront, si elle correspond, à l'identification de sa volonté avec la Mienne et à se simplifier afin que son union avec Dieu parvienne à la plus parfaite ressemblance possible. Telle est la fin de l'Incarnation mystique dont l'Esprit-Saint fait le don à certaines âmes.

Dans le concret, l'Incarnation mystique n'est autre chose qu'une grâce très puissante de transformation qui simplifit et unit à Jésus par la pureté de l'immolation, rendant l'être tout entier, autant qu'il est possible, semblable à Lui. A cause de cette ressemblance de l'âme avec le Verbe incarné, le Père éternel se complait en elle, et le rôle de Prêtre et de Victime que Jésus eut sur la terre lui est communiqué, afin qu'elle obtienne des grâces du ciel pour le monde entier. Voilà pourquoi, plus une âme me ressemble, plus le Père éternel l'exauce, non par égard à sa valeur mais à cause de sa ressemblance et de son union avec Moi et en vertu de mes mérites qui constituent ce qui compte pour obtenir les graces.
»

(11 décembre 1913)


En bref, l'Incarnation mystique est une grace d'identification au Christ Prêtre et Hostie, grâce qui le fait continuer dans les membres de son corps mystique sa mission de glorificateur du Père et du Sauveur des hommes ; c'est une grâce spéciale de transformation dans l'âme sacerdotale du Christ.

Tel est le type d'union transformante décrit par la doctrine de la Croix



L'OFFRANDE D'AMOUR

L'acte principal de l'Incarnation mystique est une offrande qui réalise, non pas en deux actes mais dans un même élan indivisible, l'offrande du Christ à son Père et, en union avec Lui, par Lui et en Lui, l'offrande totale de notre prfopre vie pour le salut du monde et la plus grande gloire de la Trinité ; le mouvement principal consiste dans l'oblation du Verbe à son Père, accompagné de l'offrande personnelle et inséparable de nous-mêmes, celle-ci sans réserve, continuellement renouvelée, portant sur tout notre être, au cours de toutes les étapes de notre vie spirituelle, en union avec le Christ.

Le Seigneur a clairement expliqué, à maintes reprises, ce double aspect de l'unique offrande d'amour du Christ avec son Eglise. Mais cette offrande d'amour, quintessence de la spiritualité de la Croix, n'est qu'une oblation indivisible du Verbe incarné et de tous les membres de son corps mystique. Le Christ était seul sur la Croix à s'offrir à son Père en expiation de tous les péchés du monde : maintenant, Il s'offre avec toute son Eglise, consciente de l'unité de cette offrande d'amour du Christ total.

«Le Verbe ne s'est incarné et ne s'incarne encore dans les âmes que pour être crucifié. C'est la fin de toutes les incarnations mystiqes... Ton Verbe vient de s'incarner mystiquement dans ton coeur.... Pour y être
continuellement sacrifié non sur un autel de pierre, mais dans un temple vivant de l'Esprit-Saint, par un prêtre et une victime qui, en une grace inconcevable, a reçu de pouvoir participer à l'amour du Père. En effet, le Père veut que Moi-même, uni à ton âme de victime, Je fasse que tu me sacrifies et m'immoles avec l'amour même du Père en faveur d'un monde qui a besoin de ce choc spirituel et d'une grâce de ce genre pour se convertir, embrasser la Croix et se sauver.
»

(22 octobre 1907)


L'âme ainsi crucifiée est appelée à vivre, non avec les perspectives étroites de ses soucis cquotidiens, mais en union avec le Christ et sous les vastes horizons de la Rédemption du monde. Sa vie est valorisée à l'infini ; bien qu'elle soit si peu de chose par elle-même, elle acquiert une valeur infinie de glorification de Dieu et de salut des hommes à cause de son union avec la Personne même du Verbe incarné, Prêtre et Hostie. D'où l'incalculable valeur apostolique d'une telle vie. C'est le secret de la fécondité sans limites de la communion des saints. L'existance obscure et silencieuse de la Mère de Dieu, au soir de sa vie, revêtait dans l'application des mérites du Christ, au bénéfice de l'Eglise naissante, une immense valeur corédemptrice incomparablement supérieure à tous les travaux des apôtres et aux souffrances de tous les martyrs.

«L'incarnation mystique -déclarait le Seigneur- a pour fin l'offrande de moi-même dans ton coeur, comme victime expiatoire arrêtant à chaque instant la justice dvivine et obtenant les graces du ciel.»

(2 février 1911).

 

L'EGLISE ET LE CHRIST NE FONT QU'UN DANS UNE MÊME OEUVRE DEREDEMPTION--------------------

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«CECI EST MON CORPS»

«J'ai renouvelé mon offrande à la volonté de Dieu et je lui ai dit -Seigneur, j'accepte cette grace de l'incarnation mystique avec toutes ses conséquences de joies et de peines, puisque Tu le veux ainsi et non parce que j'en suis digne.-

Insistant sur ce que Lui-même indiquera de la manière d'employer cette grace, Il m'a dit :


 

«La fin principale de cette grace est une transformation qui unisse tes vouloirs aux miens, ta volonté à la mienne, ton immolation à la mienne. Toute pure et toute sacrifiée dans ton corps et dans ton âme, tu dois t'offrir et M'offrir au Père céleste à chaque instant, à chaque respiration, en faveur d'abord de mes prêtres et de mon Eglise, puis des Oeuvres de la Croix, du monde entier, des bons et des méchants. Tu dois te transformer en charité, c'est à dire en Moi, qui suis tout Amour, tuant le «vieil homme», ne faisant avec Moi qu'un seul coeur, et une seule volonté»


«Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang» Je répète cela au Père éternel, à chaque instant, sur les autels.

 

«Rends-toi digne, autant que possible, d'offrir ton corps, ton sang, ton âme et tout ce que tu es, comme je te l'ai dit, en union avec cette immolation cotinuelle en faveur du monde. Reproduis ma vie en toi avec la marque du sacrifice, devenant un holoauste vivant à sa gloire. Seule, tu ne vaux rien, mais en union avec Moi tu accompliras ta mission sur terre en sauvant les âmes dans un holocauste secret connu de Dieu seul. La fin de l'incarnation mystique c'est la fusion de ma vie en toi, selon tout son déroulement sur la terre. Laisse-toi faire, t'ai-Je dit un jour, et aujourd'hui Je te répète : laisse-Moi venir à toi, et t'identifier avec Moi et te transformer par le moyen de ma vie divine dans ton coeur. Laisse-moi te posséder, te simplifier en Dieu, dans notre indivisible unité par l'Esprit-Saint.

J'attends tout cela de toi pour la réalisation de mes desseins très élevés. Si tu y correspond, tu seras le canal de nombreuses grâces pour le monde, car ce ne sera plus toi seule qui demandes et qui t'immoles mais Moi en toi, attirant dons et charismes pour les âmes. Tu dois sauver beaucoup d'âmes, les conduire à la perfection, attirer des vocations, obtenir pour les prêtres beaucoup de faveurs céleste, mais tout cela par le moyen que je t'ai donné, c'est-à-dire par le Verbe avec l'Esprit-Saint.»

(30 juin 1914)

 

«Je veux que tu soies mon hostie et que tu aies l'intention, renouvelée le plus souvent possible de jour et de nuit, de t'offrir avec Moi sur toutes les patènes de la terre. Je veux que transformé en Moi par la souffrance, par l'amour et par la pratique de toutes les vertus, monte vers le ciel ce cri de ton âme en union avec Moi :

«Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang»

Ainsi ne faisant qu'un par l'amour et la souffrance avec le Verbe Incarné, avec ses mêmes intentions d'amour, tu obtiendras des grâces pour le monde entier, tu moffriras Moi-même et toi aussi tu t'offriras, avec le Saint-Esprit et par Marie, au Père éternel.


«Telle est la fin et l'essence de mes oeuvres de la Croix : un rassemblement de victimes unie à la grande Victime, Moi-même, toutes pures, sans le levain de la concupiscence ; elles seront marquées par le reflet de ma Passion, afin que s'élève vers le ciel un cri unanime :

«Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang»

Transformées en prêtres en union avec le Prêtre éternel, elles offriront au ciel, en faveur de l'Eglise et des prêtres, leurs frères, leurs corps crucifiés ne formant qu'un seul Corps avec le mien, parce qu'ils sont les membres de Celui qui est la Tête, le Christ Rédempteur.
...une seule Hostie, une seule Victime un seul Prêtre s'mmolant et M'immolant dant ton coeur en faveur du monde entier.
Le Père recevra avec complaisance cette offrande présentée par l'Esprit-Saint, et les grâces du ciel descendront comme une pluie sur la terre.

Voilà le noyau central, le centre, l'ensemble concret et l'essence de mes Oeuvres de la Croix. Il est évident que mon immolation, à elle seule, suffit et avec surabondance pour apaiser la justice de Dieu. Le plus pur christianisme, la fleur de l'évangile, est-ce autre chose qu'unir toutes les victimes en une seule, toutes les souffrances, toutes les vertus et tous les mérites dans l'UN, c'est à dire en Moi, afin que tout cela prenne de la valeur et obtienne des graces ?
Que vise l'Esprit-Saint dans mon Eglise sinon à former en Moi l'unité des volontés, des souffrances et des coeurs dans mon Coeur ? Quel fut le désir de mon coeur au cours de ma vie, sinon de réaliser l'unité en Moi par la charité, par l'amour ? Pourquoi le Verbe est-il descendu en ce monde sinon pour former avec sa Chair et son Sang très pur un seul sang afin d'expier et gagnerles âmes ? L'Eucharistie a-t-elle un autre but que d'unir les corps et les âmes avec Moi, en les transformant et les divinisant ?

Ce n'est pas seulement sur les autels de pierre, mais dans les coeurs, ces temples vivants de l'Esprit-Saint, que l'on doit offrir au ciel cette victime en Lui ressemblant, les âmes elles aussi s'offrant en hosties, en victimes.....Dieu en sera profondément touché.»

(6 juin 1916)


En définitive l'offrande d'amour est l'exercice continuel du
«sacerdoce royal» du Peuple de Dieu»

Si l'on relit attentivement les textes bibliques et les passages classiques de saint Pierre et de saint Paul sur le
«sacerdoce des fidèles» on verra que cette doctrine est de l'essence meme du christianisme.

Saint Pierre rappelle aux premiers chrétiens leur
«sacerdoce saint» en vue d'offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ (I P 2,5)

 

«Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pour annoncer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui jadis n'étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu» (I P 2,9-10).


Saint Paul, à son tour, exorte ainsi les disciples du Christ :

 

"à offrir leur personne en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu" (Rm 12,1). Mieux encore : "Cherchez à imiter Dieu comme des enfants bien aimés et suivez la voie de l'amour, vous offrant à Dieu en sacrifice d'agréable odeur.» (Eph 5, 1-2)

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La doctrine du «sacerdoce royal» de tout le Peuple de Dieu, fut l'un des points sommet de Vatican II. On est frappé de l'identité de certaines expressions conciliaires avec les textes mêmes de Conchita. La concordance même verbale est frappante :

«C'est l'assemblée eucharistique qui est le centre de la communauté chrétienne présidée par le prêtre. Que les prêtres apprennent donc aux chrétiens à offrir la divine Victime à Dieu le Père dans le sacrifice de la Messe et à faire avec elle l'offrande de leur propre vie.»

(Presbyterorum Ordinis N° 5)


On sent que nous sommes ici au coeur du christianisme et qu'un même Esprit anime la foi de tous.

V - PETITE MESSE INTERIEURE

 

V – PRIERE D'ABANDON

suivie de

LA PETITE MESSE INTERIEURE

 

PRIERES D'ABANDON

 

Mon Père,
Je m'abandonne à toi,
Fais de moi ce qu'il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi,
Je te remercie.
Je suis prêt à tout, j'accepte tout,
Pourvu que ta volonté
Se fasse en moi,
En toutes tes créatures,
Je ne désire rien d'autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
Avec tout l'amour de mon coeur,
Parce que je t'aime,
Et que ce m'est un besoin d'amour
De me donner,
De me remettre entre tes mains sans mesure,
Avec une infinie confiance
Car tu es mon Père.

BIENHEUREUX CHARLES DE FOUCAULD (1858/1916)

 

Laisse-moi, Seigneur, marcher sans voir sur les chemins qui sont les tiens. Je ne veux pas savoir où tu me conduis. Ne suis-je pas ton enfant ?

Tu es le Père de la Sagesse et aussi mon Père. Même si tu me conduis à travers la nuit, tu me conduis vers toi.

Seigneur, laisse arriver ce que tu veux : je suis prête, même si jamais tu ne me rassasies en cette vie. Tu es le Seigneur du Temps.

Fais tout selon les plans de la Sagesse. Quand doucement tu appelles au sacrifice, aide-moi, oui, à l’accomplir. Laisse-moi dépasser totalement mon petit moi, pour que morte à moi-même, je ne vive plus que pour toi !

SAINTE EDITH STEIN (1891/1942)

 

Seigneur, voilà plus de soixante-cinq ans que Tu m'as fait le don inestimable de la vie, et depuis ma naissance, Tu n 'as cessé de me combler de tes grâces et de ton amour infini. Au cours de toutes ces années se sont entremêlés de grandes joies, des épreuves, des succès, des échecs, des revers de santé, des deuils, comme cela arrive à tout le monde. Avec ta grâce et ton secours, j'ai pu triompher de ces obstacles et avancer vers Toi. Aujourd'hui, je me sens riche de mon expérience et de la grande consolation d'avoir été l'objet de ton amour. Mon âme te chante sa reconnaissance.

Mais je rencontre quotidiennement dans mon entourage des personnes âgées que Tu éprouves fortement : elles sont paralysées, handicapées, impotentes et souvent n'ont plus la force de Te prier, d'autres ont perdu l'usage de leurs facultés mentales et ne peuvent plus T'atteindre à travers leur monde irréel. Je vois agir ces gens et je me dis : « Si c'était moi ? » Alors, Seigneur, aujourd'hui même, tandis que je jouis de la possession de toutes mes facultés motrices et mentales, je T'offre à t'avance mon acceptation à ta sainte volonté, et dès maintenant je veux que si l'une ou l'autres de ces épreuves m'arrivait, elle puisse servir à ta gloire et au salut des âmes. Dès maintenant aussi, je Te demande de soutenir de ta grâce les personnes qui auraient la tâche ingrate de me venir en aide.

Si, un jour, la maladie devait envahir mon cerveau et anéantir ma lucidité, déjà, Seigneur, ma soumission est devant Toi et se poursuivra en une silencieuse adoration. Si, un jour, un état d'inconscience prolongée devait me terrasser, je veux que chacune de ces heures que j'aurai à vivre soit une suite ininterrompue d'actions de grâce et que mon dernier soupir soit aussi un soupir d'amour. Mon âme, guidée à cet instant par la main de Marie, se présentera devant Toi pour chanter tes louanges éternellement.

JEAN-PAUL II  (1920/2005)

 

Prenez dans vos mains, Seigneur,
ma liberté entière;
Recevez ma mémoire, mon intelligence
et toute ma volonté.
Tout ce que j'ai
Tout ce que je possède,
C'est vous qui me l'avez donné.
Je vous le rends et vous le livre
sans réserve;
Pour le soumettre entièrement
à votre Volonté.
Donnez-moi seulement
Votre Amour et votre Grâce
Et je serai suffisamment comblé.
Je ne demande rien au-delà.

SAINT IGNACE DE LOYOLA (1491/1556)

 

O mon Dieu, Trinité bienheureuse, je désire vous aimer et vous faire aimer, travailler à la glorification de la sainte Eglise, en sauvant les âmes qui sont sur la terre et en délivrant celles qui souffrent dans le Purgatoire. Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m'avez préparé dans votre royaume; en un mot, je désire être sainte, mais je sens mon impuissance, et je vous demande, ô mon Dieu, d'être vous-même ma sainteté.

Puisque vous m'avez aimée jusqu'à me donner votre Fils unique pour être mon,Sauveur et mon Epoux, les trésors infinis de ses mérites sont à moi; je vous les offre avec bonheur, vous suppliant de ne me regarder qu'à travers la Face de Jésus et dans son Coeur brûlant d'amour.

Je vous offre encore tous les mérites des Saints qui sont au ciel et sur la terre, leurs actes d'amour et ceux des saints Anges; enfin je vous offre, ô bienheureuse Trinité, l'amour et les mérites de la sainte Vierge, ma Mère chérie; c'est à elle que j'abandonne mon offrande, la priant de vous la présenter.

Son divin Fils, mon Epoux bien-aimé, aux jours de sa vie mortelle, nous a dit : « Tout ce que volis demanderez à mon Père en mon nom, il vous le donnera (1). » Je suis donc certaine que vous exaucerez mes désirs... Je le sais, ô mon Dieu, plus vous voulez donner, plus vous faites désirer.

Je sens en mon coeur des désirs immenses, et c'est avec confiance que je vous demande de venir prendre possession de mon âme. Ah! je ne puis recevoir la sainte communion aussi souvent que je le désire; mais, Seigneur, n'êtes-vous pas Tout-Puissant? Restez en moi comme au Tabernacle, ne vous éloignez jamais de votre petite hostie.

Je voudrais vous consoler de l'ingratitude des méchants, et je vous supplie de m'ôter la liberté de vous déplaire. Si par faiblesse je tombe quelquefois, qu'aussitôt votre divin regard purifie mon âme, consumant toutes mes imperfections, comme le feu qui transforme toute chose en lui-même.

Je vous remercie, ô mon Dieu, de toutes les grâces que vous m'avez accordées : en particulier de m'avoir fait passer par le creuset de la souffrance. C'est avec joie que je vous contemplerai au dernier jour, portant le sceptre de la croix; puisque vous avez daigné me donner en partage cette croix si précieuse, j'espère au ciel vous ressembler, et voir briller sur mon corps glorifié les sacrés stigmates de votre passion.

Après l'exil de la terre, j'espère aller jouir de vous dans la patrie; mais je ne veux pas amasser de mérites pour le ciel, je veux travailler pour votre seul amour, dans l'unique but de vous faire plaisir, de consoler votre Coeur sacré, et de sauver des âmes qui vous aimeront éternellement.

Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides; car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes oeuvres... Toutes nos justices ont des taches à vos yeux ! Je veux donc me revêtir de votre propre Justice, et recevoir de votre amour la possession éternelle de vous-même. Je ne veux

SAINTE THÉRÉSE DE L'ENFANT-JÉSUS ET DE LA SAINTE FACE (1873/1897)

 

 

Seigneur mon Dieu, vous avez tout demandé à votre petite servante; prenez donc et recevez tout. En ce jour, je me remets à vous sans réserve et sans retour

MARTHE ROBIN (1902/1981)

 

Seigneur, mon Dieu, Roi du ciel, par les mains de la très sainte Vierge Marie, je te donne mon âme, mon esprit,
ma vie, ce que je suis, ce que j'ai, mes misères, mes péchés, mes joies, mes peines, ma mémoire, mon intelligence, ma volonté.


Je suis la servante du Seigneur qu'il soit fait selon sa volonté.


Seigneur mon Dieu, Roi du ciel, par les mains de la très sainte Vierge Marie, je te donne mon corps et ma santé, je te donne mon coeur qui ne bat que pour toi et je te demande de mettre ton coeur à la place du mien pour que j'aime avec ton coeur, que je vois avec tes yeux et que tu parles par ma bouche.

Possède-moi selon l'étendue de ton bon plaisir

 

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PETITE MESSE INTERIEURE

Père, je vous demande d'accepter cette petite messe intérieure pour l'Eglise, le monde. Qu'elle nous attire à vous, nous conduise à vous par la voie de la sainteté et nous soutienne dans nos épreuves.

Père, je vous présente le calice qui est mon coeur et qui contient le
corps de notre Seigneur Jésus-Christ.

Esprit-Saint, je vous demande d'offrir à Dieu notre Père, le calice qui est mon coeur et qui contient le
corps de notre Seigneur Jésus-Christ.

Voici le
corps de notre Seigneur Jésus-Christ livré pour nous.

Père, je vous présente le calice qui est mon coeur et qui contient le
sang de notre Seigneur Jésus-Christ.

Esprit-Saint, je vous demande d'offrir à Dieu notre Père, le calice qui est mon coeur et qui contient le
sang de notre Seigneur Jésus-Christ.

Voici le
sang de notre Seigneur Jésus-Christ versé pour nous.

 



PRODIGES EUCHARISTIQUE

Lire ICI, la page qui leur est consacrée

 


miracle eucharistique lourdes 1999
envoyé par jozecat.