02.09.2009
L'ASSOMPTION RACONTEE
L'
SSOMPTION RACONTEE
| APOCALYPSE DE SAINT JEAN Chapitre 12 1. Puis il parut dans le ciel un grand signe : une femme revêtue du soleil, la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête. 2. Elle était enceinte, et elle criait, dans le travail et les douleurs de l'enfantement. 3. Un autre signe parut encore dans le ciel : tout à coup on vit un grand dragon rouge ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes, sept diadèmes; 4. de sa queue, il entraînait le tiers des étoiles du ciel, et il les jeta sur la terre. Puis le dragon se dressa devant la femme qui allait enfanter afin de dévorer son enfant, dès qu'elle l'aurait mis au monde. 5. Or, elle donna le jour à un enfant mâle, qui doit gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer; et son enfant fût enlevé auprès de Dieu et auprès de son trône, 6. et la femme s'enfuit au désert, où Dieu lui avait préparé une retraite, afin qu'elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours. |
II/IIIème SIECLE
La première trace de la foi en l'Assomption de la Vierge est présente dans les récits apocryphes intitulés « Transitus Mariae » , dont l'origine attribuée à Méliton, évêque de Sardes, remonte pour l'essentiel aux IIème IIIème siècles. Il s'agit de représentations populaires et parfois romancées qui, cependant, dans le cas présent, renferment une intuition de foi du peuple de Dieu.
EXTRAITS
IVème SIECLE
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SAINT EPHREM LE SYRIEN DE NISIBE (306/373)
«Le corps de Marie est resté vierge après l’enfantement, ce corps ne connaît pas la corruption après la mort. Elle est celle qui a porté le Créateur devenu enfant dans son sein, qu’elle habite désormais dans les | demeures divines, et que l’épouse de Dieu entre dans la maison du ciel. Elle a vu son propre fils en croix, et reçu dans son corps la douleur qu’elle n’a pas soufferte durant l’enfantement. Elle le contemple siégeant à la droite du Père, et elle ne connaît pas la corruption après la mort. […] Qu’elle soit honorée par toutes les créatures comme la mère et la servante de Dieu» Cet hymne est traditionnel dans la liturgie syrienne (hymnes à Marie pour la liturgie des heures, n° 16)
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Vème SIECLE
| La fête de la dormition est célébrée le 18 Janvier particulièrement en Egypte et en Gaule. |
VIème SIECLE
| SAINT GREGOIRE DE TOURS, évêque (539/594)
«Enfin , lorsque la bienheureuse Marie eut accompli le cours de cette vie et fut sur le point d'être rappelée du siècle , ils accoururent tous, de chaque pays, vers sa maison. Apprenant qu'elle allait être enlevée au monde, ils veillaient avec elle, et voici que | le Seigneur survint escorté de ses anges, et recevant l'âme de Marie , il la remit à l'archange Michel, et se retira. Au point du jour, les apôtres levèrent le corps avec la couche, le placèrent dans le tombeau et le gardèrent, attendant l'arrivée du Seigneur. Tout à coup Jésus leur apparut de nouveau, et , enlevant ce corps sacré sur un nuage , il le fit transporter ainsi dans le paradis , où maintenant , ayant repris son âme, Marie savoure avec les élus de Dieu les biens de l'éternité qu'aucune fin ne saurait atteindre». |
| MAURICE 1er TIBERIUS, empereur de Contantinople (539/602) | Maurice 1er empereur byzantin de 582 à 602 fait restaurer l’église de la dormition. Il fixe au 15 août la fête de la dormition et l’étend à tout l’empire d’Orient. |
| THEOTECNO, EVEQUE DE LIVIAS (=600) aux environs de la mer morte
L’homélie de Théotecno sur l’Assomption de Marie au ciel constitue une des premières, sinon la première homélie composée pour ce mystère. Il donne à la fête une dénomination nouvelle par rapport à la précédente (Dormition) : il appelle "analepsis" : Ascension. Il utilise la terminologie qui est celle utilisée aussi pour l’Ascension du Seigneur. L’Assomption serait arrivée après la mort corporelle qui n’aurait pas connu la corruption. Théotecno a recherché des références bibliques qui illustrent et donnent une plus grande signification à la vérité de l’Assomption de la Vierge : 1. Jésus avait promis à ses apôtres qu’il serait allé leur préparer une place au ciel (Cf Gv 14,2) ; à plus forte raison il devait préparer une place à sa Mère (Cf n°10). 2. Les prophètes Enoch et Élie. S’ils furent emportés au ciel, à plus forte raison Dieu a élevé en son corps et son âme celle qui fut proclamée bienheureuse entre les prophètes (Cf n°13-14). 3. La ceinture laissée par Marie est une analogie avec le manteau laissé par Elie (Cf. Chalcoprateia, sanctuaire de Turquie). 4. Si Jésus a ouvert d’une parole le paradis au larron repenti, il ne pouvait pas faire moins avec Marie sa Mère (Cf n°3). Par analogie avec la vie du Fils qui fut marquée de la souffrance et de la gloire, de même, la vie de Marie, marquée par la douleur, devait se terminer dans une joie ineffable (Cf n°7). 5. Une autre analogie biblique, mais de caractère antithétique, peut être l’application du parallélisme classique | Ève-Marie. Le comportement différent des deux femmes semble sous-entendre que leur sort aussi devait être différent : si Ève fut exclue du paradis, Marie devait y rentrer et être une garantie de salut pour tous (Cf n°4). Théotecno donne des fondements dogmatiques : Marie a donné un corps au Fils de Dieu ; il a demeuré en son sein ; Marie a été l’arche, le temple, le tabernacle dans lequel le Seigneur a pris domicile. Une dignité semblable explique sa glorification finale. Sa virginité et sa sainteté extraordinaire, inséparables pour les premiers chrétiens, expliquent que son corps eût une espèce d’exigence à être préservé de la corruption du sépulcre. «Tous ne cessaient d’adresser des hymnes de louange à Dieu pour tout ce qu’il avait accompli en sa Mère et à exalter la Vierge elle-même pour la vie de sainteté sublime qu’elle avait mené sur cette terre et qui maintenant trouvait son épilogue évident dans la gloire de son Assomption au ciel. Pendant que son corps était transporté du mont Sion à Gethsémani, vinrent des habitants de Judée pour déshonorer et profaner le corps saint de la Mère du Seigneur en le jetant du mont Sion et en le brûlant; mais ils furent frappés de cécité. L’un d’eux réussit à toucher le cercueil, il eut les mains coupées. Devant cette punition prodigieuse, les Juifs finirent par reconnaître en Marie la Mère de Dieu et par la louer comme les croyants ; de sorte qu’ils furent guéris (cf. n°19-20). Entre temps les apôtres veillaient le corps très saint, selon le commandement reçu par le Seigneur, quand soudain ils entendirent un bruit de tonnerre et de tremblement de terre et ils virent la Vierge monter au ciel, où elle prit place à côté de son Fils, retrouvant ainsi ce qu’Ève avait perdu (cf. n° 24)» .
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VIIème SIECLE
| SAINT MODESTE DE JERUSALEM (+634) | «À titre de très glorieuse mère du Christ, l’auteur de la Vie et de l’Immortalité, Marie est vivifiée dans l’incorruptibilité éternelle de son corps, par celui-là même qui l’a ressuscitée du tombeau et l’a élevée jusqu’à lui de la manière que lui seul connaît»
(On comprend, relisant cela, toute la ferveur des chrétiens de Jérusalem à l’égard de la Dormition de la Vierge) |
| THEODORE I Pape (+649) | La pape Théodore (642-649) originaire de Constantinople apporte la fête de la «Dormition de Marie» à Rome. |
VIIIème SIECLE
| La fête de la la «Dormition de Marie» porte le nom de Pausatio (Repos de Marie) dans un évangéliaire de 740.
Elle s’appelle enfin l’Assomption dans un missel ou sacramentaire qu’on date de 770 |
| «La mort de Marie exprime aussi que Jésus "était aussi un homme complet, fils d’une vraie mère soumise aux nécessités physiques par ordre de la volonté divine et par la norme qui règle le temps de la vie» SAINT GERMAIN DE CONTANTINOPLE Homilia in Dormitionem II, PG 98,345 CD. |
| «L’événement de la mort et de l’Assomption de Marie au ciel eut des témoins influents dans la personne des Apôtres» SAINT GERMAIN DE CONTANTINOPLE Homilia in Dormitionem II, PG 98,357 B. |
| «Mère de Dieu, vraiment je te le redis avec action de grâces, ton Assomption ne t’a nullement éloignée des chrétiens... Comment la dissolution de la chair aurait-elle pu te réduire en cendre et poussière, toi qui as délivré l’homme de la ruine de la mort par l’Incarnation de ton Fils ?» SAINT GERMAIN DE CONTANTINOPLE |
| «La mère de la Vie devait elle-même demeurer avec la Vie ; la mort ne pouvait être pour elle qu’un sommeil, et l’Assomption comme un réveil pour la mère de la Vie». SAINT GERMAIN DE CONTANTINOPLE |
| «Ainsi, morte aux choses qui finissent, tu as émigré vers les demeures incorruptibles de l’éternité où Dieu réside. Tu as été corporellement sa demeure et maintenant c’est lui qui, en retour, est devenu le lieu de ton repos» SAINT GERMAIN DE CONTANTINOPLE |
| SAINT ANDRE DE CRETE (660-740), moine et évêque | «La mort naturelle de Marie ne comporte pas - comme pour toute l'humanité - un esclavage, mais elle consiste presque dans un sommeil extatique, semblable au sommeil d'Adam quand de son côté Ève a été formée ». SAINT ANDRE DE CRETE «Sermon sur la dormition» |
| ROME Basilique saint Clément | La fête de l’Assomption de Marie a été célébrée au VIII° siècle à Rome ou se trouvait une fresque (encore visible) représentant l’Assomption dans la basilique souterraine de Saint-clément. |
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SAINT JEAN DAMASCENE (650/750) Père et Docteur de l'Eglise
«Celle qui, pour tous, a fait jaillir la vraie vie, comment tomberait-elle au pouvoir de la mort ? Certes, comme fille d’Adam, elle se soumet à la sentence (de mort) | portée contre son père, car son Fils, qui est la Vie même, ne s’y est pas dérobé. Mais, comme mère du Dieu Vivant, il est juste qu’elle soit élevée jusqu’à lui». Et il s’interroge : «Celle qui n’a commis aucun péché... comment le paradis pourrait-il ne pas la recevoir et le ciel ne pas lui ouvrir joyeusement ses portes ?» Il en conclut : «Il fallait que celle qui avait conservé sans tache sa virginité pendant l’enfantement, conservât son corps sans corruption même après la mort... Celle qui avait hébergé le Verbe de Dieu en son sein, ne pouvait qu’être logée dans la demeure de son Fils» |
| PAUL DIACRE (+799) moine
Dans l'événement de l'Assomption de Marie au ciel, Paul Diacre voit un des mystères dans lequel est révélé en toute évidence la plénitude de l'amour de Jésus envers sa mère.
Paul Diacre applique à Marie les paroles du Cantique des Cantiques : | «Qui est celle-ci qui monte du désert, en exhalant des parfums suaves et en reposant sur son bien-aimé ?»
Il commente :
«De ce désert de misère déplorable, notre glorieuse Théotokos, le jour où le Seigneur s'est rappelé de la libérer du poids des gémissements dans lesquels elle se consumait à cause de l'absence de son Fils, elle est montée pleine de toute joie vers un désert bienheureux…»
Homélie XLV. In Assumptione, PL 95, 1491 B; 752
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IXème SIECLE
| Saint LEON III Pape (750/816) | En 813 , le concile de Mayence rend la fête de l'Assomption obligatoire dans tout l’empire franc. |
| Saint LEON IV (+855) | En 847 une octave est jointe à la solennité de l'Assomption par le pape Léon IV c’est à dire qu’on célèbre l’ Assomption pendant huit jours. |
XIIème SIECLE
| SAINT BERNARD DE CLAIRVAUX (1090/1153) | «S’il est pour toute chair un temps pour parler, s’écrie-t-il, c’est bien aujourd’hui où la Mère du Verbe fait chair est enlevée aux cieux... La piété ne souffre pas que nous taisions aujourd’hui la gloire de Marie».
Ce qui ne l’empêche pas de conclure, plein de sagesse à l’égard de la gloire qui n’a sa source qu’en Dieu : «Il me paraît encore plus prodigieux de voir le Fils de Dieu s’abaisser jusqu’à nous que de voir la Mère de Dieu exaltée aujourd’hui jusqu’à lui par pure grâce» |
| Bienheureux GUERRIC D'IGNY (1080-1157) | «Pendant neuf mois, le Christ a habité en elle ; pendant de nombreuses années, il a habité avec elle... Maintenant, en elle et avec elle à tout jamais, il la rassasie de la gloire de la bienheureuse vision» |
XIIIème SIECLE
| SAINT ANTOINE DE PADOUE (1195/1231) Docteur de l'Eglise | «Vous savez clairement que la Vierge Marie a été élevée au ciel dans son corps de la même façon que Jésus Christ est ressuscité en triomphant de la mort et est monté à la droite du Père, ainsi pareillement est ressuscitée aussi l’Arche de sa sainteté, lorsque la Vierge Marie a été élevée dans la demeure céleste» |
Ct 3, 11 : Il posa sur sa tête le diadème royalIl posa sur sa tête le diadème royal «Venez, dit le Cantique, contemplez, filles de Sion, le roi Salomon, avec le diadème dont sa mère l'a couronné, au jour de ses épousailles» (Ct 3, 11) La Vierge Marie a couronné le Fils de Dieu avec le diadème de la chair humaine, le jour de ses épousailles, lorsque la nature divine fut unie, comme un époux, à la nature humaine, dans la chambre nuptiale de la Vierge Marie. Aujourd'hui, le Fils a couronné sa Mère du diadème de la gloire céleste. Venez, admirez la Mère avec le diadème dont son Fils l'a couronnée, aujourd'hui, jour de son Assomption. SAINT ANTOINE DE PADOUE Sermon pour l'Assomption |
| SAINT ALBERT LE GRAND (1193/1280) Théologien | «Il est clair que la bienheureuse Mère de Dieu a été élevée en son âme et en son corps au-dessus du chœur des anges et nous croyons que cela est vrai de toutes façons» |
| SAINT THOMAS D'ACQUIN (1224/1274) Théologien et Docteur de 'Eglise | «le corps de Marie a été élevé au ciel avec son âme» |
| SAINT BONAVENTURE (1217/1274) Théologien et Docteur de 'Eglise | «Dieu n’a permis en aucune façon que le corps de Marie fut réduit à la corruption ou tombé en cendres, Il est donc évident que c’est en son âme et en son corps qu’elle se trouve au ciel : sans quoi elle n’aurait pas la jouissance béatifique achevée» |
XVème SIECLE
| SAINT BERNARDIN DE SIENNE (1380/1444) | «Elle est devenue Notre Dame à l'Assomption, quand elle "fut exaltée au-dessus des chœurs des anges dans les royaumes célestes" * ; et elle devint reine des cieux et reine des anges. Mais elle fut déjà admirablement illuminée à l'instant de l'infusion de son âme dans le corps; en mesure plus admirable encore au moment de la conception du Fils de Dieu; et de manière admirable superlativement au moment de son Assomption et de sa glorification» |
XVIIème SIECLE
| LOUS XIII dit le Juste (1601/1643)
A la suite de prières à Marie, la menace d'une invasion espagnole est écartée. Louis XIIIconsacre sa personne et son royaume à la Vierge Marie par une déclaration donnée à Saint Germain en Laye et veille à ce que l'Edit du 10 février 1638, de la consécration de la France à Marie, soit enregistré par le Parlement comme un acte de l'autorité souveraine. Il demande que des processions aient lieu en son honneur le 15 Août.
L’ Assomption devient une fête nationale.
VOEU DE LOUIS XIII Consécration de La France au Coeur Immaculé de Marie | et néanmoins lui enjoignons que tous les ans, fête et jour de l'Assomption, il fasse faire, commémoration de notre présente déclaration à la grand'messe, qui se dira en son église cathédrale, et qu'après les vêpres dudit jour, il soit fait une procession en la dite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et les corps de ville, avec pareilles cérémonies que celles qui s'observent aux processions générales les plus solennelles; ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises, tant paroissiales que celles des monastères de la dite ville et faubourg, et en toutes les villes, bourgs et villages du dit diocèse de Paris. Exhortons pareillement les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres de leurs diocèses entendant qu'à la dite cérémonie les cours de Parlement et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents, et d'avertir tous les peuples d'avoir une dévotion particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de nos ennemis, qu'il jouisse longtemps d'une bonne paix, que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés, car tel est notre plaisir» |
XXème SIECLE
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| 1er novembre 1950 Le Dogme de l'Assomption a été promulgué par le Pape Pie XII dans sa Constitution apostolique Munificentissimus Deus
«Marie, l'Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste». |
| PAUL VI (1897/1963) | La Constitution dogmatique Lumen Gentium promulguée par le pape Paul VI le 21 Novembre 1964 précise: |
| LA VIE DE LA TRES SAINTE VIERGE
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