23.06.2009

L'IMMACULEE CONCEPTION RACONTEE

 

L'IMMACULEE CONCEPTION RACONTEE


 

C'est, depuis le 8 décembre 1854, un dogme de foi que Notre Dame a été, en raison de sa maternité divine et en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel qui depuis la désobéissance d'Adam atteint tous les humains. Il ne s'ensuit pas, cependant, que l'union d'Anne et de Joachim, parents de la Vierge, ait eu quoi que ce soit de miraculeux pour lui donner la vie.

Les pères de l’Eglise ont d’abord admis que Marie était immaculée au moment de devenir la Mère du Fils de Dieu. Théotecnos de Livias (Palestine VI° siècle) est le premier à considérer qu’elle était pétrie de l’Esprit Saint depuis sa naissance, et l’on parle ensuite d’une nouvelle création qui aura des conséquences pour le monde entier, c’est bien le commencement de la rédemption.

Longtemps, on n’osait pas dire que Marie était exempte du péché originel parce qu’on ne savait pas alors exprimer aussi que Jésus était son Rédempteur. Il faudra attendre Duns Scot († 1308) pour unir ces deux réalités et comprendre qu’elles ne s’excluent pas, au contraire.

Luther considérait volontiers l’Immaculée conception, mais il n’admettait pas la fête liturgique qu’il jugeait inutile, déplacée. Par la suite, de nombreux auteurs issus de la réforme ont attaqué la sainteté de Marie. Ensuite, une certaine incompréhension entre catholiques et protestants s’est installée autour du thème de la grâce et de la responsabilité humaine, actuellement des accords ont été trouvés.

TEXTES OFFICIELS

Catéchisme de l'Église Catholique

1904 Pie X, Ad diem illum laetissimum

25.03.1987 Redemptoris Mater Ioannes Paulus PP. II


IIème SIECLE

Cette doctrine, tardivement obligée pour tous les fidèles, s'enracine dans la longue histoire spirituelle de l'Eglise dont on trouve, semble-t-il, une première approche, bien avant le concile de Nicée, lorsque des Pères, en particulier saint Justin (+ vers 165), saint Irénée (+ vers 202), l'antipape saint Hippolyte (+ 235) ou Grégoire le Thamaturge (+ vers 270), montrent en Marie, déjà nommée la Sainte Vierge, la nouvelle Eve.

Ce thème de la nouvelle Eve est souvent repris par la suite, comme en témoignent, en Orient, les écrits de saint Epiphane (+ 403) ou de saint Ephrem (+ 373) et, en Occident, ceux de saint Jérôme, de saint Ambroise ou de saint Augustin.

Saint Justin, (100-114/162-168)

«Ève encore vierge et intacte a conçu la parole du serpent et a enfanté la désobéissance et la mort.

Par contre, Marie, la Vierge, en accueillant la foi et la joie quand l'ange Gabriel lui apporta l'annonce heureuse [...] répondit: Qu'il m'advienne selon ta parole.

D'elle est né celui dont nous avons montré que parlent beaucoup d'écritures; au moyen de qui Dieu anéantit le serpent traître et les anges et les hommes qui lui ressemblent, et libère de la mort ceux qui se repentent et croient en lui»

 

Saint Irénée de Lyon, Père de l'Eglise, (130/202)

«Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante, lorsqu'elle dit : Voici ta servante, Seigneur ; qu'il me soit fait selon ta parole (Lc 1,38). Ève, au contraire, avait été désobéissante : elle avait désobéi, alors qu'elle était encore vierge. Car, de même qu'Ève, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge - car ils étaient nus tous les deux dans le paradis et n'en avaient point honte (Gn 2,25), parce que, créés peu auparavant, ils n'avaient pas de notion de la procréation : il leur fallait d'abord grandir , et seulement ensuite se multiplier (Gn 1,28) -

de même donc qu'Ève, en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour tout le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut (He 5,9) pour elle-même et pour tout le genre humain. C'est pour cette raison que la Loi donne à celle qui est fiancée à un homme, bien qu'elle soit encore vierge, le nom d'épouse de celui qui l'a prise pour fiancée (Dt 22,23-24), signifiant de la sorte le retournement qui s'opère de Marie à Ève. Car ce qui a été lié ne peut être délié que si l'on refait en sens inverse les boucles du nœud»

 

 

«Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante»

«Car il fallait qu'Adam fut récapitulé dans le Christ, afin que ce qui était mortel fut englouti par l'immortalité, et il fallait qu'Ève le fut aussi en Marie, afin qu'une Vierge, en se faisant l'avocate d'une vierge, détruisit la désobéissance d'une vierge par l'obéissance d'une Vierge»

«Et, de même que celle-là avait été séduite de manière à désobéir à Dieu, de même celle-ci se laissa persuader d'obéir à Dieu, afin que, de la vierge Ève, la Vierge Marie devint l'avocate; et, de même que le genre humain avait été assujetti à la mort par une vierge, il en fut libéré par une Vierge, la désobéissance d'une vierge ayant été contrebalancée par l'obéissance d'une Vierge»

Saint Irénée de Lyon, Père de l'Eglise, (130/202)

 

IIIème SIECLE

Saint Grégoire le Thaumaturge, Evêque de Néocésarée (213/270)

 

La Vierge Marie apparaît au jeune Grégoire (première apparition connue de la Mère de Dieu)

"Une nuit alors qu'il veillait et réfléchissait à cela, lui apparut en vision un personnage âgé ayant l'aspect d'un homme, dont le vêtement manifestait le caractère sacré, qui annonçait une grande vertu par la grâce de son visage et la dignité de son maintien. Frappé de stupeur à ce spectacle, il se leva de son lit et lui demanda qui il était et à quelle fin il venait. Celui-ci apaisa le trouble de sa pensée d'une voix douce et lui dit qu'il lui était apparu sur ordre de Dieu en raison des questions controversées autour de lui, pour que lui soit révélée la vérité de la foi orthodoxe. Lui reprit courage à ces paroles et le regarda avec joie et étonnement.

Ensuite celui-ci, ayant tendu la main droite devant lui, comme pour lui montrer avec les doigts tendus ce qui apparaissait sur le côté, lui fit tourner le regard par sa main tendue et voir en face une autre apparition sous l'aspect d'une femme, bien supérieure à une apparition humaine. Lui, à nouveau frappé de stupeur, détourna son visage; il était incapable de regarder ce spectacle, car ses yeux ne pouvaient supporter l'apparition. Ce qu'il y avait de tout à fait extraordinaire dans cette vision, c'était, alors que la nuit était profonde, qu'une lumière brillait sur ceux qui lui étaient apparus, comme si une lampe brillante était allumée. Comme ses yeux ne pouvaient supporter l'apparition, il entendit ceux qui lui étaient apparus s'entretenir au cours d’une conversation sur l'objet de sa recherche; grâce à eux, non seulement il fut instruit de la véritable connaissance de la Foi, mais il reconnut grâce à leurs noms ceux qui lui étaient apparus, chacun d'entre eux appelant l'autre de son propre nom. On dit en effet qu'il entendit celle qui était apparue sous l'aspect d'une femme exhorter l'évangéliste Jean à révéler au jeune homme le mystère de la vérité, et celui-ci lui répondre qu'il était prêt à accorder cela à la mère du Seigneur, puisque ce lui était agréable. Ayant ainsi exposé la question de manière convenable et bien claire, ils disparurent ensuite de sa vue. Et lui aussitôt mit par écrit cette divine mystagogie et c’est d'après elle qu’il annonça ensuite la parole dans l'église. Il laissa à ses successeurs cet enseignement donné par Dieu, comme un héritage. C'est grâce à lui que, jusqu'à ce jour, le peuple de chez eux, qui est resté exempt de toute hérésie, est initié aux mystères."

 

 

IVème SIECLE

Saint Ephrem le Syrien, Père de l'Eglise (306/373)

 

Toi seul, Jésus, et ta Mère, vous êtes beaucoup plus beaux que tout ! Pas de souillure en toi, Seigneur, et pas de tache en ta Mère ! Carm. Nisib., 27,44

Adam nu était beau, sa femme diligente peina à lui tisser un habit de souillures !
Le Jardin le voyant et le trouvant hideux dehors le repoussa !
Mais pour lui par Marie fut faite tunique neuve 1..
Vêtu de cette parure, et selon la promesse le Larron resplendit :
Revoyant en son image Adam, le Jardin l’embrassa !”

1. Marie tisse la tunique neuve : la chair de son Fils. Le Larron se revêt du Christ, robe nuptiale

 

Saint Grégoire de Naziance, docteur de l'Eglise 329/390

«[Le Christ] devient homme en tout, sauf le péché: conçu par une Vierge, prépurifiée [prokatarteisis] dans l'âme et dans le corps par l'Esprit Saint»

 

Saint Ambroise, Père de l'Eglise, évêque (340/397)

«Marie est un commencement des œuvres de Dieu: il n'est donc pas étonnant que le Dieu qui devait racheter le monde, ait commencé son œuvre par sa mère, afin que celle par qui le salut était préparé à tous, jouit la première du fruit du salut»

«Commentaire sur l'Evangile selon saint Luc»

 

Saint Augustin, Père et Docteur de l'Eglise (354/430)
«La femme avait été cause que le genre humain croupissait, captif, dans sa corruption ; car il est écrit : Le commencement du péché est dans la femme, et c'est par elle que nous mourons (
Eccl. XXV,35). Par elle le monde était prisonnier du démon. Les événements conjurés contre l'homme, les eaux du déluge pouvaient détruire l'homme, ils ne pouvaient détruire le péché.

Isaac, né d'une mère stérile, mais non d'une vierge, mérita de porter la figure de la croix : il mérita d'être pris, lié, mais non d'être immolé en sacrifice. Moïse, sauvé des eaux, est envoyé par Dieu pour sauver son peuple, mais non pour sauver le monde ; il peut exterminer les égyptiens, mais non le péché ; le Pharaon et son armée, mais non le démon et ses légions. David déclare qu'il a été conçu dans le péché ; il demande la délivrance de son péché, mais il ne peut effacer le péché du monde. Le monde, dans sa course, voyait les fautes s'aggraver, les ruines s'accumuler, et il ne voyait venir ni remède, ni secours. Alors la cause revint à la femme, à celle qui se trouvait à nos origines. A une source de mort sera substituée une source de vie ; la mère du péché sera remplacée par la Mère du Christ».

 

Vème SIECLE

 

Saint Léon le Grand. Pape et Docteur de l'Eglise 440/461

«Cette paix qui fait les hommes de bonne volonté se répand maintenant sur la terre : car l'Esprit qui fait naître le Christ du sein d'une mère sans tache

fait également renaître des entrailles de Sainte Église le chrétien, pour qui la vraie paix c'est de ne pas se séparer de la volonté de Dieu et de ne prendre ses délices que dans ce que Dieu aime»

S'il est bien hasardeux de prétendre qu'on professait, dès le Vème siècle, la conception immaculée de la Vierge, dans l'Occident latin il faut toutefois y remarquer le développement d'une littérature spirituelle propre à la suggérer, singulièrement chez le saint archevêque de Ravenne, Pierre Chrysologue (+ vers 450), chez saint Maxime de Turin (+ vers 480) et chez le poète Sédulius (vers 431), dont les enseignements préparaient ceux de saint Grégoire le Grand à propos de la préparation lointaine de Marie pour sa maternité divine. On pensait alors communément à Rome que si Marie écrasait la tête de l'antique serpent sous son talon, elle ne le pouvait faire qu'en bénéficiant d'une préparation exceptionnelle et, développant à l'envie ses privilèges de sainteté virginale, on finissait par conclure, implicitement, qu'elle n'avait pas totalement partagé le sort du reste de l'humanité quant au péché originel.

Il semble que ce fut la conviction de l'évêque Pulchrone de Verdun lorsque, revenant de Rome, en 470, il fit construire une église pour abriter une statue de la Vierge écrasant le dragon.

Fin du Vème siècle Sans doute a-t-on commencé à célébrer la fête de l'Immaculée Conception dans les laures monastiques.

 

VIème/VIIème SIECLE

Il en va de même, au siècle suivant, pour l'évêque Venance Fortunat de Poitiers (+ 600) et, par la suite, pour saint Ildephonse de Tolède (+ 667), l'abbé Ambroise Autpert (+ 778) ou le diacre Warnefride d'Aquilée. Toujours est-il qu'à l'époque carolingienne, lorsqu'on célèbre la Nativité de la Sainte Vierge, les prédicateurs, Paschase Radbert (+ 860) en fait foi, orientent vers la Conception.

L'Eglise grecque, héritière plus prochaine des pieuses traditions de l'Orient, célébrait l'Immaculée Conception déjà au VIème siècle, comme on le voit par le Type ou cérémonial de saint Sabbas.

 

Saint Sophrone de Jérusalem (550/638)

"À propos de l'incarnation, je crois que Dieu le Verbe, le Fils unique du Père..., touché de compassion pour notre nature déchue, de son initiative, par vouloir de Dieu qui l'a engendré et avec le consentement de l'Esprit..., est descendu vers notre bassesse,... et que, en entrant dans le sein tout resplendissant de pureté virginale de Marie, la Vierge sainte et radieuse, pleine d'une

sagesse divine et exempte de toute tache du corps, de l'âme et de l'esprit, s'est incarné, lui qui est incorporel...; il s'est fait vraiment homme, lui qui reste toujours Dieu... il a voulu se faire homme pour purifier le semblable avec le semblable ; pour sauver le frère au moyen du frère...

Voilà pourquoi une Vierge sainte est choisie ; elle a été purifiée dans son corps et dans son âme; étant chaste, pure et immaculée, elle devient la coopératrice de l'Incarnation du Créateur."

 

"L'Esprit Saint descendra sur de toi, o immaculée, pour t'orner d'une plus splendide pureté et pour t'accorder la capacité de porter du fruit."

Saint Sophrone de Jérusalem (550/638)

 

VIIème/VIIIème SIECLE

Saint Jean Damascène, Père et Docteur de l'Eglise (650/750)

Marie était le ciel où devait se lever le soleil de justice, la terre qui devait porter l'épi de vie, la mer qui devait produire la perle d'un prix infini.

C'est une terre qui ne produira jamais l'épine du

péché, qui produira, au contraire, un fruit de grâce. C'est une terre qui n'entendra jamais des paroles de malédiction, mais des paroles de bénédiction.

Ainsi, si les Anges, au témoignage de la Sainte Ecriture, louaient Dieu en contemplant la création naissante, cette création qui n'était pas sans défauts, quelles louanges ils adressaient à Dieu en contemplant cette créature toute remplie de Dieu !

«deuxième homélie sur la Nativité de la Vierge»

 

Beauté de Marie, arbre de vie

«Ton appétit est de te nourrir des paroles divines et de te fortifier de leur sève, comme "l'olivier fertile dans la maison de Dieu" (Ps 52,10), comme "l'arbre planté près du cours des eaux" (Ps1, 3) de l'Esprit, comme l'arbre de vie, qui a donné son fruit au temps qui lui fut marqué (Ap 22,2) : le Dieu incarné, vie éternelle de tous les êtres. Tu tiens toute pensée nourrissante et utile à l'âme: mais toute pensée superflue et qui serait pour l'âme un dommage, tu la rejettes avant de la goûter.[...]

Toute belle, tout entière proche de Dieu. Car dominant les chérubins, plus haute que les Séraphins, proche de Dieu.»

St Jean Damascène, Père et Docteur de l'Eglise (676/749), «homélie sur la nativité et l'Assomption»

ESPAGNE : En Occident nous trouvons établie la fête de lImmaculée Conception dès le VIII° siècle, dans l'Eglise gothique d'Espagne.

Milieu du VIIIème siècle La fête de l'Immaculée Conception est assez ancienne dans l'Eglise grecque pusqu'on la trouve à la date du 9 décembre dans le synaxaire de Constantinople et, un peu avant, dans les canons de saint André de Crète (+ 740). Par ailleurs, à peu près à la même époque, une homélie du moine Jean d'Eubée la mentionne dans l'énumération des dix fêtes mariales, encore qu'elle ne soit pas célébrée partout.

Saint André de Crète (660-740), moine et évêque

Marie, prémices de la nouvelle création

A l'origine, l'homme avait été formé d'une terre pure et sans tache (Gn 2,7) ; mais sa nature s'était vue privée de sa dignité innée lorsqu'elle avait été dépouillée de la grâce par la chute de la désobéissance et chassée du pays de vie. Au lieu d'un paradis de délices, elle n'avait plus qu'une vie corruptible à nous transmettre comme patrimoine héréditaire, une vie d'où s'ensuivrait la mort avec sa conséquence, la corruption de la race. Tous, nous avions préféré le monde d'en bas à celui d'en haut. Il ne restait aucun espoir de salut ; l'état de notre nature appelait le ciel au secours. Point de loi qui pût guérir notre infirmité…

Enfin, en son bon plaisir, le divin artisan de l'univers décida de faire paraître un monde neuf, un autre monde - tout d'harmonie et de jeunesse - d'où serait repoussée la contagion envahissante du péché et de la mort,sa compagne. Une vie toute nouvelle, libre et dégagée nous serait offerte, à nous qui trouverions dans le baptême une naissance nouvelle et toute divine.

Et ce dessein, comment le mener à bien ? Ne convenait-il pas qu'une vierge très pure et sans tache se mît d'abord au service de ce plan mystérieux, et devînt enceinte de l'être infini, selon un mode transcendant les lois naturelles ? … Aussi, de même qu'au paradis il avait puisé dans la terre vierge et sans tache un peu de limon pour en façonner le premier Adam, de même, au moment de réaliser sa propre incarnation, il se servit d'une autre terre, pour ainsi dire, à savoir de cette Vierge pure et immaculée, choisie parmi toutes les créatures. C'est en elle qu'il nous refit à neuf à partir de notre substance même et devint un nouvel Adam, lui le Créateur d'Adam, afin que l'ancien fût sauvé par le nouveau et l'éternel.

 

Saint Bède le vénérable, Docteur de l'Eglise (672-735)

«Un ange est envoyé par Dieu à une Vierge qui doit être consacrée par un enfantement divin, parce que la première femme [Ève] avait été la cause de la ruine humaine, lorsque le serpent fut envoyé par le diable pour tromper la femme avec l'esprit de l'orgueil. Ou mieux le diable même, une fois trompé les ancêtres, s'introduisit dans les dépouilles du serpent pour voler au genre humain la gloire de l'immortalité. De même que la mort a fait son entrée dans le monde au moyen d'une femme, c’est opportunément au moyen d'une autre femme que la vie est rentrée. Ève, séduite par le diable dans le travail du serpent, a offert à l'homme le goût de la mort ; Marie, instruite par Dieu à travers l'ange, a engendré pour le monde l'auteur du salut»

«Dans la sainte Église s'est développée une coutume excellente et salutaire : tous enflamment leurs âmes pleines de foi en élevant chaque jour un hymne à la Vierge, avec la psalmodie de la louange du soir. Ainsi, tandis que le souvenir de l'Incarnation du Seigneur est plus fréquent, avec une conduite de vie solide et vertueuse, ils renforcent dans leur cœur les exemples de la Mère de Dieu, si souvent médités»
Saint Bède le vénérable, Docteur de l'Eglise (672-735)

 

IXème SIECLE

Georges de Nicomédie, dans le dernier quart du IXème siècle, la considérait comme la fête de la Vierge la plus récente, et ce n'est qu'en 1166 que l'empereur Manuel Comnène la rangea parmi les fêtes de précepte à laquelle on donna, au siècle suivant, une vigile. C'est au milieu du IXème siècle qu'on trouve, à Naples, dans un calendrier gravé sur le marbre, cette inscription : CCEPTIO S. ANNE MARIE VIR (conception de sainte Anne Marie la Vierge).

Début du IXème siècle on trouve une attestation de la fête de l'Immaculée Conception dans deux calendriers de Winchester, un martyrologe de saint-Augustin de Cantorbery, un pontifical-bénédictionnaire de Cantorbery et un autre d'Exerter à quoi s'ajoute le sacramentaire de Léofric. C'était une fête saxonne que les Normands voulurent écarter du calendrier après qu'ils eurent conquis l'Angleterre (1066). C'est alors qu'en revenant du Danemark, l'abbé Elsin, moine de Winchester devenu Abbé de Saint-Augustin de Cantorbery, fut pris dans une tempête au cours de laquelle la Vierge lui apparut pour lui demander de créer un office de sa Conception.

Cela étant, cette fête anglo-saxonne de la Conception semble différente de la Conceptio Sanctæ Mariæ que les calendriers mozarabes (Espagne) marquent au 18 décembre ou au dimanche avant Noël. C'est d'Espagne que cette fête passa dans quelques Ordines monastiques de la Gaule carolingienne où elle était l'équivalent de l'Annonciation qui, empêchée par le Carême, était transférée avant Noël.

Paul Diacre, secrétaire de Charlemagne (742/814) , puis moineau Mont-Cassin, célébrait le mystère de l'Immaculée-Conception dans une Hymne remarquable, que nous donnerons tout à l'heure, d'après les manuscrits du Mont-Cassin, de Subiaco et de Bénévent.

Naples : on fête l'Immaculée Conception en des situations particulières (un célèbre calendrier gravé sur le marbre, au IXème siècle, pour l'usage de l'Eglise de Naples, nous la montre déjà instituée à cette époque).

 

Xème SIECLE

Seconde moitié du Xème siècle Eclate, à propos de l'Immaculée Conception, la grande controverse qui embrasera le siècle suivant. Saint Pierre Damien (+ 1072) et saint Bruno (+ 1101) qui touchaient de très près les pontifes romains, ont fort suggéré la conception immaculée vers quoi s'achemine aussi saint Anselme (+ 1109) dont les disciples anglais, Eadmer de Cantorbéry (+ 1124) et Osbert de Clare (+ 1160), professeront explicitement la véracité que saint Bernard réfutera contre Abélard (+ 1142) et Pierre le Chantre (+ 1197) à une époque où la croyance à ce privilège s'ancre progressivement dans les milieux populaires et monastiques.

Irlande : on la fête l'Immaculée Conception en des situations particulières

 

XIème SIECLE

Angleterre : on fête l'Immaculée Conception dans le premier quart du XIème siècle, en des situations particulières

Angleterre :En 1066, la fête s'établit en Angleterre à la suite d'un prodige opéré sur mer en faveur du pieux abbé Helsin, et bientôt elle s'étendait dans cette île par les soins du grand saint Anselme, moine et archevêque de Cantorbéry ; delà elle passait en Normandie, et prenait possession du sol français. Nous la trouvons en Allemagne sanctionnée dans un concile présidé, en 1049, par saint Léon IX ; dans la Navarre, en 1090, à l'abbaye d'Irach ;

Saint Pierre Damien, Père et Docteur de l'Eglise 1007/1072

«Il fallait d'abord édifier la maison où il [le Verbe de Dieu] serait descendu et aurait accepté d'être hôte. De cette maison Salomon dit :"La Sagesse s'est construite une maison ; elle a taillé sept colonnes" (Prov 9, 1).

En effet cette maison virginale est soutenue par sept colonnes, parce que la vénérable Mère a reçu les sept dons de l'Esprit Saint»

«Il était avant nécessaire d'édifier la chambre nuptiale, pour qu'elle fût apte à recevoir l'Époux qui venait pour prendre la sainte Eglise comme épouse»

«Comment la faiblesse de la nature humaine peut célébrer dignement la fête de celle qui a mérité d'engendrer la joie des anges ? Comment l'éphémère parole de l'homme mortel pourra-t-elle louer celle dont le sein a donné le jour au Verbe qui demeure dans l'éternité ?»

Sans doute peut-on affirmer que notre actuelle fête latine de la Conception fut empruntée aux monastères grecs de l'Italie méridionale et centrale car, outre le témoignage napolitain que nous signalions plus haut, on trouve un air singulier de parenté entre les textes de la liturgie byzantine et ceux du pontifical d'Exeter.

1050 C'est au concile de Verceil, que le saint pape Léon IX (1048-1054) recommanda vivement qu'on honorât la conception de la Vierge.

Saint Anselme de Cantorbery, Docteur de l'Eglise 1033/1109

«Il était juste qu'elle fût ornée d'une pureté au-dessus de laquelle on n'en puisse concevoir de plus grande que celle de Dieu même, cette Vierge à qui Dieu le Père devait donner son Fils d'une manière si particulière que ce Fils deviendrait par nature le Fils commun et unique de Dieu et de la Vierge ; cette Vierge que le Fils devait élire pour en faire substantiellement sa Mère, et au sein de laquelle l'Esprit-Saint voulait opérer la conception et la naissance de Celui dont il procédait lui-même»

«De conceptu virginali et originali peccato»

 

XIIème SIECLE

Belgique, : la fête de l'Immaculée-Conception s'établit à Liège, en 1142

Saint Bernard de Clairvaux, Abbé et Docteur de l'Église (1090/1153)

 

C'est d'une rude façon vraiment, mes bien-aimés, qu'un homme et une femme nous ont porté préjudice ; Dieu merci ! il s'est trouvé pareillement

un homme et une femme pour tout réparer. Et cela s'est accompli non sans un surcroît abondant de grâces.

De plus, il n'y a aucune proportion entre le délit et le bienfait, et l'ampleur du don dépasse de beaucoup le dommage.

Je m'explique : le divin ouvrier en sa suprême habileté et clémence, n'a pas mis en pièces ce qui déjà était fêlé, mais, pour un plus grand profit, il a complètement repris son œuvre, façonné pour nous un Adam nouveau en partant de l'ancien, et transmué Ève en Marie.

 

Maintenant il est évident que cette femme, bénie entre toutes les femmes, ne restera pas sans rien faire.

Sa place est toute trouvée dans la réconciliation qui nous occupe. Puisqu'il faut un médiateur auprès du Médiateur qui nous est donné, personne ne le sera plus avantageusement pour nous que Marie.

Médiatrice, Ève le fut aussi, mais combien cruelle : par elle l'antique serpent inocula même à l'homme son virus pestilentiel. Mais, en revanche, médiatrice fidèle, Marie, elle, a fait boire, aux hommes comme aux femmes, le contre-poison sauveur.

Celle-là fut instrument de séduction, celle-ci de pardon : celle-là suggéra la désobéissance, celle-ci apporta la délivrance.
Saint Bernard de Clairvaux, Abbé et Docteur de l'Église (1090/1153)

 

«Le symbole de notre foi a donc acquis, non une vérité nouvelle, mais une nouvelle lumière sur la vérité qui était auparavant l'objet de la croyance universelle. En ce jour, le serpent infernal a senti de nouveau la pression victorieuse du pied de la Vierge-mère, et le Seigneur a daigné nous donner le gage le plus signalé de ses miséricordes. Il aime encore cette terre coupable; car il a daigné l'éclairer tout entière d'un des plus beaux rayons de la gloire de sa Mère. N'a-t-elle pas tressailli, cette terre ? N'a-t-elle pas ressenti à ce moment un enthousiasme que notre génération n'oubliera jamais ? Quelque chose de grand s'accomplissait à cette moitié du siècle ; et nous attendrons désormais les temps avec plus de confiance, puisque si l'Esprit-Saint nous avertit de craindre pour les jours où les vérités diminuent chez les enfants des hommes, il nous dit assez par là que nous devons regarder comme heureux les jours où les vérités croissent pour nous en lumière et en autorité.

En attendant l'heure de la proclamation solennelle du grand dogme, la sainte Eglise le confessait chaque année, en célébrant la fête d'aujourd'hui. Cette fête n'était pas appelée, il est vrai, la Conception immaculée, mais simplement la Conception de Marie. Toutefois, le fait de son institution et de sa célébration exprimait déjà suffisamment la croyance de la chrétienté»
Saint Bernard de Clairvaux, Abbé et Docteur de l'Église (1090/1153)

 

Saint Aelred de Rievaulx (1099-1166)

«"Beaucoup de filles ont réuni des richesses, mais elle les a toutes dépassées" (Pr 31,29). En effet comme était singulière sa virginité et incomparable sa chasteté, sa sainteté était aussi au-dessus de toutes les autres. C'était la seule au monde à qui on puisse dire : "Tu es toute belle o ma bien-aimée ; il n'y a pas de tache en toi." (Ct 4,7

Si les théologiens scolastiques du XIIIème siècle ne sont guère favorables à l'Immaculée Conception, ils ne peuvent, pour autant, empêcher ni la croyance ni la fête qui progressent séparément tout au long du XIVème siècle où Duns Scot (+ 1308) entraîne une forte réaction théologique ; la légende veut que la statue de la sainte Vierge placée au trumeau de la Sainte-Chapelle basse ait approuvé un jour de la tête le bienheureux Duns Scot qui avait bien parlé de son Immaculée Conception.


XIIIème SIECLE

SAINT BONAVENTURE
Cardinal-Évêque, Docteur de l'Église
(1221-1274)

«Comme la chute s'est réalisée dans les deux sexes, - au début la femme, puis l'accomplissement par l'homme, de même, dans le mystère de la réparation, la femme, en croyant et en concevant, devait dans le secret débuter la victoire sur le démon, puis son Fils aurait accompli la victoire de manière manifeste... à la croix»

«Comme Abel et ses descendants ont été formés d'Adam et Eve, de même du Christ et de son Eglise tout le peuple chrétien est formé. Et comme Eve est la mère d'Abel et de nous tous, de même le peuple chrétien a pour mère la Vierge»

Début du XIIème siècle La première apologie De Conceptione S. Mariæ fut rédigée par le secrétaire et l'ami de saint Anselme de Cantorbery, le moine Eadmer.

Au cours du XIIème siècle, la Conception de la Vierge, encore que fort contestée, est cependant de plus en plus fêtée à travers la chrétienté latine, mais la fête préconisée n'allait pas sans d'âpres discussions et l'on se souvient que saint Bernard, dans une lettre adressée aux chanoines de Lyon, prenait vivement parti contre cette nouveauté que rien, selon lui, ne motivait, ce qui, par la suite, sera l'avis de nombreux dominicains contre l'avis de nombreux franciscains.

Boniface VIII (1294-1303) réfugié à Agnani, accorde une indulgence à ses habitants qui célèbrent de la fête de la Conception à laquelle Clément V assiste chez les Carmes d'Avignon.

Le Bienheureux Jean Duns Scot (1266 - 1308)

 

«... Marie ne contracta pas le péché originel justement à cause de l'excellence de son Fils, dans ce sens qu'Il est rédempteur réconciliateur et médiateur.

[...] Je le montre de trois façons : en référence à Dieu avec qui le Rédempteur opère la réconciliation; en relation au mal duquel il libère; en relation à la dette qu'il était tenu d'acquitter.

1... La manière la plus haute et la plus parfaite de réparer l'offense de quiconque n'est autre que de prévenir cette offense. Si en effet la réparation se limite à apaiser l'offensé pour l'amener au pardon, la réparation n'est pas parfaite...Pour cette raison, le Christ n'aurait pas rendu de réparation parfaite à la Très sainte Trinité s'il n'avait pas prévenu, au

moins en quelqu'un, l'offense à la Trinité même;et ensuite si l'âme de quelque fils d'Adam n'existait pas l'exemption de telle faute. Par conséquent, il doit exister quelque descendant d'Adam, exempté de la faute originelle, qui n'ait pas de faute.

2 Le médiateur parfait mérite que toute peine soit enlevée pour celui qu'il veut réconcilier. Mais la faute originelle représente une grande punition, la privation même de la vision divine... Donc si le Christ nous a réconcilié avec Dieu de manière parfaite, il a mérité qu'au moins quelqu'un fût préservé par cette grave peine. Mais ceci ne pouvait arriver que pour sa Mère...[...]

3. La personne réconciliée, à la limite, ne se sent pas obligée vis-à-vis du médiateur si elle n'a pas reçu le maximum de bien possible. [...] Et personne ne se sentirait ensuite aussi extrêmement obligée envers le Christ médiateur que la personne préservée du péché originel...»

 

XIVème SIECLE

Au début du XIVème siècle, dans l'Eglise latine, la fête de la Conception est presque universelle et la cour pontificale la connaît au retour d'Avignon, encore que ni Clément VI (1342-1352), ni Benoît XIII (1389-1424), en Avignon, ni Eugène IV (1431-1447), à Rome, ne la citent parmi les grandes fêtes de la Vierge.

Dès 1311, à Paris, du côté nord de l'église Saint-Séverin, à l'entrée du chœur, il existait une chapelle de la Conception où se réunissait une confrérie ; elle fut abattue lorsqu'on élargit les bas-côtés (1490) et une nouvelle chapelle de la Vierge fut édifiée au fond de l'abside, l'actuelle chapelle Notre-Dame de la Sainte-Espérance titrée pour la confrérie du même nom, fondée en 1842 pour faire disparaître les derniers restes du jansénisme.

1365, la confrérie des marchands et vendeurs de vin de Paris s'établit dans l'église Saint-Gervais, dans la chapelle de la Conception-Notre-Dame dont elle adopta le patronage.

Jean Ier, roi d'Aragon (1350/1395)

L'Espagne dépassa tous les Etats catholiques par son zèle pour le privilège de Marie. Dès l'année 1398, Jean Ier, roi d'Aragon, donnait une charte solennelle pour mettre sa personne et son royaume sous la protection de Marie conçue sans péché.

 

XVème SIECLE

Bienheureux Denis le Chartreux (1402/1471)

Nous avons en horreur de dire de cette femme que, devant écraser un jour la tête du serpent, elle ait jamais été écrasée par lui, et que, mère de Dieu, elle ait jamais été fille du démon (III Sent., d. II, q. 1

 

Saint Bernardin de Sienne (1380/1444)

«O Marie, bien avant la création, vous étiez prédestinée dans la pensée de Dieu pour le revêtir de notre chair» (Sermo 4, De Immaculata Virginis conceptione, art. 3, cap. 4.)

1432 Après avoir inutilement incité l'empereur Sigismond à promouvoir la fête et la doctrine de la Conception pendant le concile de Constance, le roi Alphonse V d'Aragon se fait plus pressant à l'approche du concile de Bâle où les Pères qui célèbrent la fête, chargent le cardinal-archevêque d'Arles (Louis d'Aleman) de mener une enquête à ce sujet

17 septembre 1439 Le décret voté lors de la trente-sixième session, déclare que la doctrine qu'il ne définit pourtant pas comme dogme de foi, est pieuse, conforme au culte de l'Eglise, à la foi catholique, à la droite raison et à l'Ecriture sainte ; de plus, ce concile de Bâle érige la Conception en fête d'obligation pour toute l'Eglise.

Le décret de Bâle ne fut officiellement reçu que par la France et l'Aragon qui reconnurent, malgré la rupture avec Eugène IV, la légitimité de la continuation du concile, mais on voit que la doctrine est aussi prêchée en Allemagne (Gabriel Biel), dans les Flandres (Denys le Chartreux) et en Italie (Laurent Justinien et Bernardin de Sienne).

29 avril 1476 Dans la dernière partie du Xvème siècle, la controverse fait rage, surtout en Italie, entre les franciscains immaculistes et leurs adversaires dominicains

1476 Sixte IV rend le décret qui institue la fête de la Conception de Notre-Dame dans la ville de saint Pierre.

4 octobre 1480 Sixte IV (1471-1484) publie la constitution Cum praeexcelsa où il accorde des indulgences à ceux qui célébreraient la fête et l'octave de la Conception pour quoi, par le bref Libenter ad ea, il approuve un nouvel office, composé par Léonard de Nogarole

1482 Sixte IV publie la bulle Grave nimis qu'il reprend dans une nouvelle bulle, datée du 4 septembre 1483, où, sans obliger à la croyance, il en prend énergiquement la défense.


XVIème SIECLE

Désormais, sans se mêler directement aux discussions doctrinales qui, avec plus ou moins d'intensité, continuent à diviser les théologiens, les papes soutiennent la fête de la Conception et la croyance en l'Immaculée Conception par toutes sortes d'indulgences, d'approbations, de reconnaissances d'associations pieuses de privilèges et de permissions.

22 février 1502, Alexandre VI (1492-1503) confirme Grave nimis par la bulle Illius qui

Léon X (1513-1521), si Cajetan ne s'y était opposé, aurait bien fait proclamer une définition doctrinale par le concile de Latran V qui reprend décret de Bâle.

1er octobre 1567 La cinquième session du concile de Trente renouvelle les constitutions de Sixte IV (17 juin 1546). Pie V (1566-1572), dans la bulle Ex omnibus afflictionibus, a condamné, entre autres propositions, celle où Baïus prétendait que la Vierge était morte à cause du péché qu'elle avait contracté d'Adam ;

1568 Saint Pie V publie l'édition universelle du Bréviaire Romain ; on y voit cette fête inscrite au calendrier, comme l'une des solennités chrétiennes qui doivent chaque année réunir les vœux des fidèles. Rome ne détermine pas le mouvement de la piété catholique envers le mystère; elle le sanctionne de son autorité liturgique, comme elle l'a confirmé, dans ces derniers temps, de son autorité doctrinale.

30 novembre 1570 Saint Pie V confirme les constitutions antérieures (bulle Super speculam Domini)


XVIIème SIECLE

1602 La fête de l'Immaculée Conception est promue par Clément VIII (1592-1505) au rite double majeur.

12 septembre 1617 En dépit de la demande expresse de Philippe III d'Espagne et des sages avis du saint cardinal Robert Bellarmin, Paul V (1605-1621), dans la constitution Sanctissimus, se contente d'interdire l'expression publique d'opinions contraires à l'Immaculée Conception.

4 juin 1622 A la requête du roi Philippe IV d'Espagne, Grégoire XV (1621-1623) publie la constitution de son prédécesseur (4 juin 1622) à quoi il ajoute l'interdiction privée et l'obligation de fêter la Conception, mais il permet aux dominicains d'en discuter entre eux.

28 janvier 1627 Philippe IV d'Espagne, avec cette fois le concours de l'Empereur Ferdinand II, du roi Sigismond de Pologne, de l'archiduc Léopold d'Autriche, de l'archevêque-électeur de Cologne, du duc de Bavière et du comte palatin du Rhin, s'adresse à Urbain VIII (1623-1644) qui refuse d'aller plus loin.

Ferdinand III de Habsbourg (1608/1657)

L'empereur Ferdinand III, en 1647, fit élever sur la grande place de Vienne une splendide colonne couverte d'emblèmes et de figures qui sont autant de symboles de la victoire que Marie a remportée sur le péché, et surmontée de la statue de notre Reine immaculée, avec cette pompeuse et catholique inscription :

AU DIEU TRÈS BON ET TRES GRAND, MONARQUE DU CIEL ET DE LA TERRE, PAR QUI RÉGNENT LES ROIS ; A LA VIERGE MÈRE DE DIEU, IMMACULÉE DANS SA CONCEPTION. PAR QUI LES PRINCES COMMANDENT, QUE L'AUTRICHE A CHOISIE AVEC AMOUR POUR SOUVERAINE ET PATRONNE , FERDINAND III AUGUSTE CONFIE, DONNE, CONSACRE SOI-MÊME, SES ENFANTS , SES PEUPLES , SES ARMÉES , SES PROVINCES, ENFIN TOUT CE QU'IL POSSÈDE, ET ÉRIGE POUR ACCOMPLIR UN VOEU CETTE STATUE, EN SOUVENIR ÉTERNEL.

 

 

Louis XIV (1638/1715)

La France, par l'entremise de Louis XIV, obtint de Clément IX que la fête de Marie immaculée dans sa Conception serait célébrée avec Octave dans le royaume faveur qui fut bientôt étendue à l'Eglise universelle par Innocent XII. Déjà, depuis des siècles, la Faculté de théologie de Paris astreignait tous ses Docteurs à prêter serment de soutenir le privilège de Marie, et elle maintint cette pieuse pratique jusqu'à son dernier jour.

8 décembre 1661 Si rien de nouveau ne se fait sous le pontificat d'Innocent X (1644-1655), en revanche, Alexandre VII (1655-1667), toujours à la demande du roi d'Espagne, donne la constitution Sollicitudo omnium ecclesiarum où il renouvelle les interdictions de ses prédécesseurs et affirme avec plus de force la croyance sans pour autant lui donner la force d'une vérité de foi définie.

1693 La fête de l'Immaculée Conception est gratifiée d'une octave par Innocent XI (1676-1689), avant que Clément XI (1700-1721) en fasse une fête de précepte pour l'Eglise universelle (bulle Commissi nobis du 6 décembre 1708).


XVIIIème SIECLE

26 novembre 1742 Au terme d'une large campagne d'opinion orchestrée par saint Léonard de Port-Maurice, Benoît XIV (1740-1758) décrète, pour chaque 8 décembre, la tenue, à Sainte-Marie Majeure, de la chapelle pontificale en l'honneur de l'Immaculée Conception.

Benoît XIV ne publie pas la bulle Mulierem pulchram, préparée par le jésuite Budrioli, où, après avoir récapitulé les décisions pontificales en faveur de l'Immaculée Conception réaffirmée avec force, le pape ne la proclame cependant pas comme un dogme.

Charles III d'Espagne (1759/1788)

Charles III obtient du Pape Clément XIII que la Conception immaculée devînt la fête patronale des Espagnes. Les habitants du royaume Catholique inscrivaient sur la porte ou sur la façade de leurs maisons la louange du privilège de Marie ; ils se saluaient en le prononçant dans une formule touchante. Marie de Jésus, abbesse du monastère de l’Immaculée-Conception d'Agréda, écrivait son livre de la Cité mystique de Dieu, dans lequel Murillo s'inspirait pour produire le chef-d'œuvre de la peinture espagnole.

 

XIXème SIECLE

10 juil 1830 La croyance et le culte immémorial de l'Immaculée Conception dans l'Eglise syrienne, sont constatés par le patriarche de Babylone, dans une lettre à Pie IX.

10 juillet 1830 L'Eglise copte en Egypte célèbre également, depuis l'antiquité la plus reculée ...La croyance et le culte immémorial de l'Immaculée Conception dans l'Eglise syrienne, sont constatés par le patriarche de Babylone, dans une lettre à Pie IX.

L'Eglise copte en Egypte célèbre également, depuis l'antiquité la plus reculée, celte fête, à peu près le même jour que les autres Eglises, comme il conste par un très-vieux manuscrit de la bibliothèque du Vatican, décrit par le cardinal Mal

Novembre 1830 L'apparition de la Vierge Marie à Catherine Labouré au noviciat des filles de la Charité de Paris et la diffusion de la médaille miraculeuse en l'honneur de Marie conçue sans péché incitèrent beaucoup d'évêques à demander au Saint-Père que l'Immaculée Conception fût définie comme dogme de foi.

La plupart des évêques français, largement relayés par leurs collègues espagnols et italiens, supplient, sans succès, Grégoire XVI (1831-1846), arrêté par le silence des épiscopats germaniques et anglo-saxons, de définir l'Immaculée Conception comme vérité de foi.

Chapelle Notre Dame de la Médaille Miraculeuse 1830

 

Dans cette chapelle choisie par Dieu, la Vierge Marie en personne est venue révéler son identité à travers un petit objet, une médaille, destinée à tous sans distinction !
L’identité de Marie était l’objet de controverses entre théologiens depuis les premiers temps de l’Eglise. En 431 le Concile d’Ephèse avait proclamé le premier dogme marial : Marie est mère de Dieu. A partir de 1830, l’invocation « O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à vous » qui monte vers le ciel, mille et mille fois répétée par mille et mille cœurs de chrétiens dans le monde entier, à la demande même de la Mère de Dieu, va produire son effet !
Le 8 décembre 1854 Pie IX proclame le dogme de l’Immaculée Conception : par une grâce spéciale qui lui venait déjà de la mort de son Fils, Marie est sans péché dès le début de sa conception.

L'APPARITION DU 27 NOVEMBRE

Le 27 novembre 1830, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à Catherine dans la chapelle. Cette fois, c'est à 17 h 30, pendant l'oraison des novices, sous le tableau de saint Joseph (emplacement actuel de la Vierge au globe). D'abord Catherine voit comme deux tableaux vivants qui passent, en fondu enchaîné, et dans lesquels la Sainte Vierge se tient debout sur le demi-globe terrestre, ses pieds écrasant le serpent.

Dans le 1er tableau, la Vierge porte dans ses mains un petit globe doré surmonté d' une croix qu 'elle élève vers le ciel. « Cette boule représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier » entend Catherine.

Dans le 2e tableau, il sort de ses mains ouvertes, dont les doigts portent des anneaux de pierreries, des rayons d’un éclat ravissant. Catherine entend au même instant une voix qui dit : « Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent »

Puis un ovale se forme autour de l’apparition et Catherine voit s’inscrire en demi-cercle cette invocation en lettres d’or : « O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à vous ».
Alors une voix se fait entendre : « Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces »

1° juin 1848 La campagne s'intensifie dès l'élection de Pie IX (1846-1878) qui institue à cet effet une consulte de vingt théologiens et une congrégation antépréparatoire de huit cardinaux (avec un secrétaire et cinq consulteurs), présidée par le cardinal Lambruschini (6 décembre 1848), avant que de solliciter l'avis écrit de tous les évêques (encyclique Ubi primum, 2 février 1849).

1851 Fort des avis favorables de la très grande majorité de l'épiscopat (546 sur 603) joints aux approbations conjuguées de la consulte (17 sur 20) et de la congrégation, Pie IX demande d'abord à deux groupes théologiens (l'un sous Perrone et l'autre sous Passaglia) de préparer un projet de bulle , puis, le

10 mai 1852, il réunit, sous le cardinal Fornari, une commission spéciale pour élaborer le texte définitif

8 décembre 1854, Pie IX proclame, dans sa bulle Ineffabilis Deus, le dogme de l'Immaculée Conception. Il définit solennellement, à partir de l'Ecriture (Genèse III 15, S. Luc I 28 et I 42), en vertu de son autorité apostolique, que la bienheureuse Vierge Marie a été exempte du péché originel :

Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu'elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles. "

1858, Les apparitions de Lourdes furent saluées comme une confirmation céleste du dogme.

1879, Léon XIII décide que la fête serait de rite double de première classe avec octave et une vigile.

LOURDES Jeudi 25 mars 1858

La vision révèle enfin son nom, mais le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurit pas.

Bernadette raconte : "ELLE LEVA LES YEUX AU CIEL, JOIGNANT EN SIGNE DE PRIÈRE SES MAINS QUI ÉTAIENT TENDUES ET OUVERTES VERS LA TERRE, ET ME DIT: QUE SOY ERA IMMACULADA COUNCEPCIOU." La jeune voyante part en courant et répète sans cesse, sur le chemin, des mots qu'elle ne comprend pas. Ces mots troublent le brave curé. Bernadette ignorait cette expression théologique qui désigne la Sainte Vierge. Quatre ans plus tôt, en 1854, le pape Pie IX en avait fait une vérité de la foi catholique (dogme).

 

XXème SIECLE

2 fév 1904 - Ad Diem Illum Laetissimum. Sur l'Immaculée Conception Encyclique du pape Pie X, 2 Février 1904. Fulgens Corona. Proclamation d'une année mariale pour commémorer le centenaire de la définition du Dogme de L'Immaculée Conception

8 déc 1954 - Après une intense activité apostolique exercée surtout dans l'Action Catholique, centenaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception

 

 

09.06.2009

HISTOIRE DU CHAPELET/ROSAIRE

L'ORIGINE DU CHAPELET

 

IIIème SIECLE

 

Au IIIe siècle, on se tourne vers Marie en reprenant les paroles de l'Ange Gabriel à l'Annonciation : "Je vous salue, pleine de grâce".

Dès le milieu du troisième siècle, les ermites du désert avaient coutume d'invoquer Marie tout au long du jour :

«Très sainte Mère de Dieu, ma souveraine, ayez pitié de moi, pécheur !»

 

UN PAPYRUS TRES ANCIEN

Cette prière se disait ici et là, selon de nombreuses variantes quand on a retrouvé en 1917, près d’Alexandrie en Egypte, un papyrus qui contenait cette prière en langue grecque dont la traduction est :

«Sous ta miséricorde, nous nous réfugions, mère de Dieu.

Ne repousse pas nos prières dans la nécessité,

mais du danger, libère-nous :

toi seule chaste, toi seule bénie»

A propos des critères externes (la paléographie qui observe le type de papyrus, la forme des lettres...) et des critères internes qui observent la doctrine, l'un des plus grands spécialistes, G. Giamberardini, résume les avis :

La critique ne semble plus rétive à accepter comme date de composition les dernières décennies du 3e siècle (c'est à dire vers 280). Le jugement des experts est que le papyrus ne peut pas être postérieur au 3e siècle; à une telle datation ne s'opposent plus de motifs d'ordre terminologique ou doctrinal, car il apparaît suffisamment prouvé que l'usage du terme Theotokos dans le milieu alexandrin existait déjà au 3e siècle.

Contexte de cette prière

Adressé directement à la Vierge, la prière est un appel pressant à la Mère de Jésus, venant d'une communauté chrétienne dans un moment de tentations et de dangers graves.

La région d’Alexandrie est une des régions les plus évangélisées de cette époque, elle évoque l’évangéliste Marc et la tradition de Pierre, la Didachè, la Tradition apostolique… Probablement le Sub tuum praesidium n'est pas apparu à l'improviste mais c'est un fruit mûr de la foi et de la pitié de l'Église égyptienne où la figure d'Origène excelle († 253/254), ORIGENE qui appelait Mare “Mère de Dieu”. Ce tropaire n'est donc pas isolé dans le contexte du 3e siècle. C’est une époque où la distinction entre la liturgie et la piété populaire serait anachronique. Cette prière est née dans la vie et a été écrite pour être incorporée dans la liturgie.

 

IVème SIECLE

Les premiers moines d’égypte au 4e siècle comptent leurs prières en se servant de petits cailloux .

Quelques évêques éminents : Athanase d'Alexandrie, Théophile d'Alexandrie, Cyrille d'Alexandrie, Épiphane de Salamine, Grégoire de Nazianze. Des séculiers comme Eucharistos le séculier ou le corroyeur de Saint Antoine.

Saint Cyrille d'Alexandrie 380/444

 

Je te salue, Marie, trésor vénéré de tout l'univers - Saint Cyrille d'Alexandrie

Je te salue, Marie, Mère de Dieu,
trésor vénéré de tout l'univers,
lumière qui ne s'éteint pas,
toi de qui est né le soleil de la justice,

sceptre de la vérité, temple indestructible.
Je te salue, Marie,
demeure de celui qu'aucun lieu ne contient,
toi qui as fait pousser un épi
qui ne se flétrira jamais.
Par toi les bergers ont rendu gloire à Dieu,
par toi est béni, dans l'Évangile,
celui qui vient au nom du Seigneur.
Par toi la Trinité est glorifiée,
par toi la croix est adorée dans l'univers entier.
Par toi exultent les cieux,
par toi l'humanité déchue a été relevée.
Par toi le monde entier a enfin connu la Vérité.
Par toi, sur toute la terre, se sont fondées des églises.
Par toi le Fils unique de Dieu
a fait resplendir sa lumière
sur ceux qui étaient dans les ténèbres,
assis à l'ombre de la mort.

 

Saint Ephrem 306/373

On appelait ce mystique: "la harpe du Saint-Esprit."

Né à Nisibe (Nesaybin actuellement en Turquie) dans la province romaine de Mésopotamie, il fut chassé de la maison par son père, païen intolérant, pour ses "fréquentations chrétiennes". Accueilli par l'évêque du lieu dont il devint le fils spirituel selon l'historien saint Grégoire de Tours, il se convertit au christianisme à l'âge de 18 ans.

Diacre en Syrie, docteur de l’Église

Hymne sur Marie :

Marie immaculée, comblée d’une grâce particulière venant des mérites de son fils

Vous tous qui discernez, venez, et admirons la vierge qui est mère, la fille de David...

Venez et admirons la vierge toute pure, merveille en elle-même, seule dans le créé.

Elle a donné naissance sans avoir connu d’homme, l’âme pure remplie par l’émerveillement.

Chaque jour son esprit s’adonnait aux louanges, car il se réjouissait de la double merveille : virginité gardée, enfant le plus aimé !

Elle, jeune colombe (Ct 6,8), elle a transporté cet aigle, l’Ancien des jours (Dn 7,9), en chantant ses louanges :

« Mon fils, toi le plus riche, tu choisis de grandir dans un nid misérable. Harpe mélodieuse, tu restes silencieux comme un petit enfant. Permets donc, s’il te plaît, que je chante pour toi...

Ta demeure, mon fils, est grande plus qu’aucune,pourtant tu as voulu que je sois ta demeure.

Le ciel est trop petit pour contenir ta gloire, moi, pourtant, la plus humble des êtres, je te porte.

Laisse Ézéchiel venir te voir sur mes genoux, qu’il reconnaisse en toi celui que sur le char portaient les chérubins (Ez 1) ; aujourd’hui je te porte.

Dans un grand tremblement, les chérubins s’écrient :

"Bénie soit la splendeur du lieu où tu résides !" (Ez3,12)

Ce lieu, il est en moi, mon sein est ta demeure ; le trône de ta grandeur est tenu dans mes bras...

Viens me voir, Isaïe, vois, et réjouissons-nous ! Voici que j’ai conçu tout en demeurant vierge (Is 7,14).

Prophète de l’Esprit, riche de tes visions, vois donc l’Emmanuel qui t’est resté caché...

Venez donc, ô vous tous qui savez discerner, vous qui, par votre voix, témoignez pour l’Esprit...

Debout, réjouissez-vous, car voici la moisson ! Regardez : dans mes bras je tiens l’épi de vie»

Vème SIECLE


CONCILE D'EPHESE (431)

Le Concile d’Ephèse déclare que Marie est « Mère de Dieu » (Theotokos), en ces termes :
« … Ce n’est pas que d’abord un homme ordinaire soit né de la Sainte Vierge et sur lui, ensuite, le Verbe soit descendu ; mais nous disons que, sorti du sein maternel uni à la chair, il a accepté une naissance charnelle, parce qu’il revendique cette naissance charnelle comme la sienne propre… Ainsi [les saints Pères] n’hésitèrent pas à appeler la Sainte Vierge : Mère de Dieu.. »

En récitant le « Je vous salue », tout comme pour le « Notre Père », nous répétons les propres paroles de Dieu, le Saint-Esprit (Concile d’Ephèse 431).

 

L'AVE MARIA

Il devient d'usage de joindre la salutation d’Élisabeth «Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni» à celle de l’Ange «Je te salue, ô pleine de grâce, le Seigneur est avec toi !» dans la liturgie vers l’an 600, avec l’offertoire du 4e dimanche de l’Avent),

 

VIème SIECLE

Plus tard, en Orient, la liturgie invitera les fidèles à saluer la Theotokos (Mère de Dieu) par des litanies d'invocations :

«Salut, sommet inaccessible à la pensée humaine ; salut épouse vierge...»,

tout en méditant les mystères de sa vie : Annonciation, Visitation...

La plus belle réalisation du procédé de répétition du chapelet, est incontestablement l'hymne acathiste, poème attribué à Romanos le Mélode (+ 560), où retentit plus de 150 fois la salutation évangélique. C'est un bel exemple d'une prière populaire qui devint une pièce caractéristique de la liturgie byzantine :

Saint ROMANOS LE MELODE (490/560 ?)

L'Église orthodoxe grecque a admis au rang de ses saints celui qu'elle considère comme son plus grand hymnographe, tant en raison de la valeur poétique que du contenu religieux de son œuvre.

Ce poète du VIe siècle était originaire de la ville syrienne d'Émèse (l'actuelle Homs) et vraisemblablement d'ascendance juive. Il séjourna à Beyrouth, où il fut diacre, avant de s'établir à Constantinople où, selon la tradition, la Vierge lui apparut en songe et lui ordonna d'avaler un livre. S'étant réveillé, il improvisa un hymne, ce qui aurait marqué le début de sa carrière poétique

 

IXème SIECLE

L'antienne de l'offertoire du 4e dimanche de l'Avent ajoute à l'Ave Maria, la salutation de l'ange à Marie l'exclamation d'Elisabeth lors de la Visitation. Seul est ajouté au texte le nom de Marie.

 

Xème SIECLE :

Encore fallait-il s'assurer que le compte des Pater fut correct. Les moines du Xème siècle réinventèrent alors ce que les musulmans et les bouddhistes, habitués aux récitations monotones, avaient inventé avant eux : le boulier compte-prières.

Ce chapelet qui servit primitivement à compter les Pater fut donc appelé Pater Noster d'où vint le terme “Patenôtre”.

 

XIIème SIECLE

 

Dans le haut moyen-Age, la récitation de certains psaumes était pratique pieuse courante. Faisant suite à cette pratique, l'usage de la récitation de la totalité des 150 psaumes (le Rosaire comportant 150 Avé) s'introduisit dans l'ordre de Cluny.

Hélas, nombreux étaient les moines illetrés, incapables de retenir et de réciter 150, 100, ou même 50 Psaumes. On remplaça donc les Psaumes par des Pater, chaque Pater récité valant n'importe quel Psaume.

Cette répétition de prières fut rapidement utilisée parmi les laïcs.

On appelait donc, à l’époque, Psautier du Christ, une série de 150 Notre Père (il y a, dans la Bible, 150 psaumes). Pour ne pas «perdre le fil», les fidèles utilisaient des fils (cordelettes) avec des nœuds, ou des colliers de grains, appelés patenôtres (Ils servaient à compter le nombre de Notre Père ou Pater Noster), à l’origine de nos actuels chapelets.

Dès la fin du XI ème siècle, on commence à utiliser ces patenôtres pour réciter les Ave Maria. Par amalgame, on désigne alors Psautier de la Vierge, une série de 150 Ave, divisée en 3 groupes de 50. L’importance des prières mariales croit tout au long du XIe siècle, et au début XII ème siècle,

Le Pape GREGOIRE 1er LE GRAND (540/604)

La première partie de l'Ave Maria fut composée par Grégoire le Grand et transformée en prière par de pieux moines vers le milieu du Xème siècle. Introduite dans le monde laïque en 1198,

Au XIIe siècle, la dévotion à Marie prend une importance considérable en Occident. Cette antienne de l'Ave Maria devient une prière populaire que l'on aime à répéter, comme à la même époque, en Orient, on répète le nom de Jésus dans ce qu'on appelle la prière du coeur. Dans les monastères, elle remplace peu à peu les Pater Noster que récitent les frères convers pendant que les moines chantent les psaumes en latin.

Les cordelettes à noeuds puis les bouliers à grains inventés, peut-être sous l'influence des musulmans rencontrés lors des pèlerinages en Terre Sainte ou lors des premières Croisades, pour compter les psaumes et les Notre Père, vont être utilisés dès lors pour compter les « Je vous salue Marie ». On parle du Psautier de Marie.

Selon la tradition, le chapelet fut institué par la Vierge elle-même lors d'une vision qu'elle accorda à saint Dominique.

 

Saint Dominique 1175/1221

Le saint Rosaire, dans sa forme et la méthode dont on le récite à présent, a été par la très sainte Vierge à saint Dominique pour convertir les hérétiques albigeois et les pécheurs, en l'an 1214.

Saint Dominique, voyant que les crimes des hommes mettaient obstacle à la conversion des Albigeois, entra dans une forêt proche de Toulouse et y passa trois jours et trois nuits dans une continuelle oraison et pénitence; il ne cessait de gémir, de pleurer et de se macérer le corps à coups de discipline, afin d'apaiser la colère de Dieu, de sorte qu'il tomba à demi mort. La Sainte Vierge lui apparut, accompagnée de trois princesses du ciel et lui dit :

- "Sais-tu, mon cher Dominique, de quelle arme la Sainte Trinité s'est servie pour réformer le monde ?

- "O Madame, répondit-il, vous le savez mieux que moi, car après votre Fils Jésus-Christ vous avez été le principal instrument de notre salut."

Elle ajouta :

"Sache que la principale pièce de batterie a été le psautier angélique, qui est le fondement du Nouveau Testament; c'est pourquoi, si tu veux gagner à Dieu ces coeurs endurcis, prêche mon psautier."

Lorsque saint Dominique prêchait la dévotion du Rosaire dans Carcassone, un hérétique tournait en ridicule ses miracles et les 15 mystères du saint Rosaire, ce qui empêchait la conversion des hérétiques. Dieu, pour punir cet impie, permit à quinze mille démons d'entrer en son corps; ses parents l'amenèrent au bienheureux Père pour le délivrer de ces malins esprits. Il se mit en oraison et exhorta toute la compagnie de réciter avec lui le Rosaire tout haut, et voilà qu'à chaque Ave Maria, la sainte Vierge faisait sortir cent démons du corps de cet hérétique en forme de charbons ardents. Après qu'il fut délivré, il abjura ses erreurs, se convertit et se fit enrôler en la confrérie du Rosaire avec plusieurs de son parti qui furent touchés de ce châtiment et de la vertu du Rosaire.

 

Le Chapelet est popularisé par saint Bernard puis par saint Dominique qui prescrivit en 1215, à ses religieux de porter ce chapelet à leur ceinture.

 

XIIIème SIECLE

La seconde partie de l'Ave Maria apparût dans l’Ordre des chartreux avant d’être diffusée dans toute l’Église. En effet, la demande : "Sancta Maria, ora pro nobis" ("Sainte Marie prie pour nous") apparaît pour la première fois dans un bréviaire cartusien du 13e s.

La grande mystique sainte Gertrude (1256-1302) ajoute le nom de Jésus en conclusion du Je vous salue Marie.

 

XIVème SIECLE

Dans des bréviaires cartusiens, la formule de l'Ave Maria se développe en : "Ora pro nobis peccatoribus. Amen" ("Prie pour nous pécheurs. Amen"), avec parfois la mention "Mater Dei" ("Mère de Dieu") après Marie. Enfin, vers 1350, apparaît à la fin, toujours dans un bréviaire cartusien : "Nunc et in hora mortis. Amen." ("Maintenant et à l’heure de [notre] mort. Amen.")

Le mot “Rosaire” a une origine assez inattendue : c'est le diminutif de «chapel», ancienne forme de «chapeau». Au Moyen Âge, époque où la foi était très vive, chaque maison possédait une statuette de la Vierge, sur la tête de laquelle on posait une couronne ou « chapel » de roses. Le soir, on avait l'habitude de dire une courte prière sur chaque fleur, de sorte que le « chapel » de la Vierge devint un objet de piété. Mais, comme il était peu commode, on imagina d'enfiler sur un cordon des grains de bois ou de métal qui tinrent lieu des fleurs, et l'on donna au tout le nom de «chapelet», c'est-à-dire «petit chapel».

Réciter ces prières en l'honneur de la Marie était par comparaison avec un usage courtois du Moyen-Age, comme si on lui tressait une couronne ou un chapeau, « chapel » de roses.

C'est en mémoire de cette origine que certains chapelets portent encore le nom de «rosaires».

 

XVème SIECLE

Au début du XVème sièce, le Pater fut réintroduit dans le chapelet afin de grouper les Ave par dizaines, ce qui permettait de compter encore plus facilement.

Un Chartreux (Dominique de Prusse), cela sans certitude, mais apparemment c'est bien un charteux au début du XVe siècle qui à eut l'idée d'achever chaque Ave Maria par l'évocation d'un fait de la vie de Jésus (ce sont les différents mystères). Il avait ainsi composé des clausules pour une série de cinquante Ave, et cela s'appelait rosaire.

 

Dominique de Prusse

Le Chartreux au début de son noviciat a connu bien des difficultés pour se concentrer sur sa prière.

Au moment précis où il avait perdu tout espoir, une idée lumineuse jaillit ; afin de dompter son imagination galopante, Dominique inscrit noir sur blanc cinquante formules qui résument la vie de Jésus. Ainsi il dispose d’un aide-mémoire qui lui permet de prier avec profit le rosaire. Dominique de Prusse vient d’inventer les mystères du Rosaire.

Adolphe d‘Essen (+ 1439) mis au courant de «l’astuce» utilisée par son disciple Dominique de Prusse pour bien prier le chapelet.

Adolphe d’Essen , vers 1429, reçoit la vision suivante :

«la Vierge se tenait entourée de toute la cour céleste. Celle-ci lui chantait le Rosaire, avec les clausules de Saint Dominique. Au nom de Marie, tous inclinaient la tête ; à celui de Jésus, ils ployaient le genoux ; enfin, ils terminaient le chant des clausules par un Alleluia. Tous rendaient à Dieu de grandes actions de grâce pour tous les fruits spirituels produits par cette récitation, et demandaient à Dieu d’accorder à ceux qui réciteraient ainsi le Rosaire la grâce d’un grand profit pour leur avancement intérieur».

Il en fait profiter une de ses pénitentes, la bienheureuse Marguerite de Bavière

Un prieur chartreux prussien, Dominique de Trèves conseille à un novice de réciter chaque jour cinquante Ave Maria en méditant la vie de Jésus. Le jeune chartreux Dominique rédige alors 50 courtes méditations, ou clausules, non seulement en latin mais aussi en allemand. Son prieur est séduit par cette proposition nouvelle et l'envoie à divers monastères de son ordre. Puis Dominique rédige une série de trois fois 50 clausules, en parallèle avec les 150 psaumes.

Il exposera lui-même l’esprit de sa méthode :

«Il ne faut pas trop s’arrêter aux mots employés ici ou là dans l’énoncé des points de méditation. Chacun peut à son gré, selon sa dévotion, prolonger, écourter, ou même modifier la matière, tantôt d’une façon, tantôt d’une autre ; cela dépend pour chacun du temps que l’on a et des dispositions dans lesquelles on se trouve. Difficilement pourrait-on faire quelque chose de mieux pendant la petite heure consacrée à ce Rosaire».

«La petite heure» indiquée montre bien que son Rosaire tendait en fait à s’éloigner le plus possible de la prière vocale, pour devenir une véritable introduction à l’oraison silencieuse.

Le bienheureux Alain de la Roche, dominicain, mort en 1475, fut le grand propagateur du Chapelet. Il fonda la Confrérie du Psautier de Notre Dame. Rayonnant des les Flandres, la Picardie, l'Ile de France, la Bretagne et dans le pays rhénan, il crée des confréries à Cologne et à Lille et enrôle ainsi plus de cent mille personnes.

 

BIENHEUREUX ALAIN de la ROCHE 1428-1475

Deux ans avant sa mort Marie lui apparut dans tout l'éclat de Sa beauté céleste et lui confia la mission de prêcher la pratique du Rosaire. Elle lui prédit des épreuves; mais Elle le soutint par cette parole: "Confie-toi en Ma protection maternelle, Je ne t'abandonnerai jamais."

Il en vint à réciter plusieurs Rosaires chaque jour, s'infligeant un coup de discipline à chaque Ave Maria.

Il a raconté lui-même que sa sainte Mère lui apparut plusieurs fois pour stimuler son zèle, et lui faire prêcher le Rosaire, pour écarter les fléaux qui menaçaient l'Église: Luther allait paraître. Il parcourut nombre de provinces en France, en Flandre, en Saxe, et obtint, malgré les efforts de l'enfer, de merveilleux succès.

«Si mon Rosaire a pu sauver le monde au temps de mon serviteur Dominique, il le peut encore aujourd'hui.

La Vierge Marie au Bienheureux Alain de la Roche

Le Pape Sixte IV consacre par une bulle l'oeuvre du dominicain : le Rosaire, qui n'était jadis qu'une dévotion de laïcs illetrés devient officiellement prière d'Eglise.

À la fin du XVe siècle, l'Ave Maria se dote de la formule «Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pécheurs». L'adjectif «pauvres» accolé à «pécheurs» est ajouté plus tard.

 

XVIème SIECLE

Les dominicains répandent cette dévotion. On conjugue la récitation des dizaines d'Ave Maria avec la contemplation des mystères joyeux, douloureux et glorieux de la vie du Christ. Le rosaire est devenu une pratique commune après le concile de Trente (1545 - 1563).

En 1569 le pape saint Pie V dominicain, recommanda solennellement le Rosaire.

En 1571, les turcs décident d'envahir l'Italie et de faire de Rome une ville musulmanne. Le Pape demande aux chrétiens de réciter la prière du Rosaire. C'est à la prière des confréries qui faisaient, selon la coutume, les prières et les processions prescrites par leurs règlements que le pape saint Pie V attribua la victoire de Lépante sur les Turcs le 7 octobre 1571. Il ordonna que chaque année on en ferait mémoire en ce jour, sous le nom de Sainte-Marie de la Victoire.

En 1571, le Pape Pie V, institue comme fête de Notre-Dame du Rosaire le 7 octobre, déjà fête de la confrérie, en action de grâce pour la victoire de Lépante sur les Turcs considérée comme un miracle obtenu par la prière du Rosaire dans laquelle toute la chrétienté s'est impliquée à sa demande .

En 1572 le même Pie V officialise la liste des quinze mystères. Le Rosaire devient la prière du peuple chrétien.

L'imprimerie permet de multiplier les livrets ornés de gravures représentant les «mystères» choisis pour les méditations.

Le pape Grégoire XIII (1502/1585) prescrivit de célébrer la fête du saint Rosaire, le 1er dimanche d'octobre, dans toutes les églises qui possédaient une chapelle ou un autel sous l'invocation de Notre-Dame du Rosaire.


XVIIIème SIECLE

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673/1716) est le grand apôtre du Rosaire.

 

«Le Rosaire, pour moi j'ai appris, par ma propre expérience, la force de cette prière pour convertir les cœurs endurcis. J'en ai trouvés sur lesquels toutes les plus terribles vérités prêchées dans une mission, n'avaient fait aucune impression et qui, pour avoir par mon conseil, pris la pratique de réciter tous les jours le Rosaire se sont convertis et donnés tout à Dieu.

Parmi les peuples des paroisses, les uns ayant quitté la pratique du chapelet et du Rosaire sont retombés dans leurs péchés, les autres pour l'avoir conservée se sont conservés dans la grâce de Dieu.»
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort

Deux nouvelles victoires sur les Turcs, dues à l'intercession de Notre-Dame du Saint Rosaire, l'une sous les murs de Vienne, en 1683, et l'autre devant Belgrade, en 1716, déterminèrent le Pape Clément XI (1749/1821) à étendre la fête du saint Rosaire à l'église universelle.

 

XIXème SIECLE

Après un déclin, le Rosaire a eut un renouveau au XIXème siècle.

Vénérable Pauline Jaricot 1799/1862

En 1828, Pauline Jaricot ( 1799-1862) fonde l'Association du rosaire vivant.

 

18 juillet 1830 Rue du Bac à Paris

Marie évoque à la novice Catherine LABOURE,

sa médiation, nous montre ses mains ornées de quinze anneaux d'or, avec des pierres précieuses, desquelles ruissellent des flots de grâces ; elle laisse entendre de quelles richesses sont chargés les 15 mystères du Rosaire.

«Récitez bien votre chapelet, c'est le trésor de la communauté». Marie se plaint qu'on le «récite trop vite

 

Le 19 septembre 1846 à LA SALETTE Hautes Alpes, Notre Dame se pare de 3 guirlandes de roses : joyeuses, douloureuses et glorieuses du Rosaire

 

Le 11 février 1858 à Lourdes, Marie apparaît à une enfant qui, en fait de prière, ne connaît que le chapelet...

À la première apparition, Bernadette saisit son chapelet. «La Dame m'approuve d'un signe de tête et amène elle-même dans ses doigts le chapelet qu'elle tenait à son bras droit.» Elle apparaît dans une grotte où poussait l'églantier ; la rose sauvage, la fleur du Rosaire. La Vierge n'avait ni diadème ni joyaux, mais, sur chacun de ses pieds d'une nudité virginale, s'épanouissait la rose mystique couleur d'or et, de ses mains jointes avec ferveur, pendait un chapelet... 18 fois Marie apparut tenant entre ses mains un Rosaire.»

 

Le 17 janvier 1871 à PONTMAIN

pendant la récitation du chapelet, Marie grandissait et les étoiles se multipliaient....

 

Bienheureux BARTOLO LONGO 1841/1926

Le bienheureux Bartolo Longo fonde à Pompéi un sanctuaire dédié à la Vierge du Saint Rosaire.

Le pape Léon XIII (après avoir, dans plusieurs lettres apostoliques, vivement recommandé aux fidèles la pratique fréquente du Rosaire, surtout pendant le mois d'octobre), a élevé cette fête au rite double de seconde classe, avec Office et Messe propres où sont mentionnés, dans des hymnes et des antiennes, les quinze mystères du rosaire. Le pape Léon XIII consacre de nombreuses encycliques au rosaire, spécialement en 1883/1891.

«Il y a, au fond des âmes un sentiment religieux, qui les porte vers la couronne de Marie (le chapelet) ; aussi elles l'aiment comme la compagne inséparable de leur vie et leur secours assuré, et dans le dernier combat elles l'embrassent comme le doux présage de la couronne incorruptible de la gloire.»

Léon XIII - 1896

 

«A l'heure suprême les fervents du Rosaire seront consolés par la maternelle tendresse de la Vierge et s'endormiront doucement sur son sein.»

Léon XIII - Diuturni temporis - 1898

 

«Il est bien reconnu que cette forme de prière est si agréable à la Sainte Vierge qu'elle est particulièrement efficace pour sauver du danger l'Église et le peuple chrétien.»
Léon XIII - 1883

 

XXème SIECLE

A Fatima, en 1917, la Vierge elle-même déclare à trois enfants :

Le 13 mai 1917 à FATIMA au Portugal, les petits virent un autre éclair puis une Dame toute vêtue de blanc, et qui répandait la lumière autour d'Elle :

La Dame dit :

- N'ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal.
- D'où venez-vous ?, demanda Lucie.
- Je suis du Ciel, répondit Notre-Dame.
- Et que voulez-vous de moi ?
- Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois de suite, le 13, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux.

Après je reviendrai encore ici une septième fois.

- Et moi, est-ce que j'irai au Ciel aussi?, dit l'enfant.
- Oui, tu iras.
- Et Jacinthe ?
- Aussi.
- Et François ?
- Aussi, mais il devra réciter beaucoup de chapelets.
Lucie demanda au sujet de deux jeunes filles mortes depuis peu : Maria, 16 ans, fille de José das Neves, et Amélia, 19 ans, qui allaient chez elle apprendre à tisser :
- Est-ce que Maria est déjà au Ciel ?
- Oui, elle y est.
- Et Amélia ?
- Elle sera au Purgatoire jusqu'à la fin du monde.
Il semble que cette jeune fille est décédée dans des circonstances comportant un irrémédiable déshonneur en matière de chasteté.
- Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu'Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ?
- Oui, nous voulons.
- Vous aurez alors beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort.

 

Le 13 juin 1917 :

«Je veux que vous veniez le 13 du mois prochain ; que vous disiezle chapelet tous les jours et que vous appreniez à lire. Ensuite, je vous dirai ce que je veux».

 

13 juillet 1917

«Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient ; que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu'Elle seule pourra vous secourir»

 

19 aout 1917

« Je veux que vous continuiez d'aller à la Cova da Iria le 13, et que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. Le dernier mois, je ferai le miracle afin que tous croient. S'ils ne vous avaient pas emprisonnés en ville, le miracle aurait été plus connu. Saint Joseph viendra avec l'Enfant-Jésus pour donner la paix au monde. Notre Seigneur viendra bénir le peuple. Viendra aussi Notre-Dame du Rosaire et Notre Dame des Douleurs.»

 

13 septembre 1917 :

«Continuez à dire le chapelet afin d'obtenir la fin de la guerre. En octobre, Notre Seigneur viendra, ainsi que Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et saint Joseph avec l'Enfant-Jésus ; Il bénira le monde.»

 

13 octobre 1917 :

«Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l'on continue toujours à réciterle chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux. »

 

BEAURAING Belgique 1932/1933

Marie, à chaque apparition avait un chapelet.

 

BANNEUX Belgique 1933

«La Vierge des pauvres», «venue soulager les malades et la souffrance», avait une rose dorée sur le pied

Le Pape Pie X (1835/1914) fixe la fête du “Rosaire” au 7 octobre et sa solennité au 1er dimanche de ce mois.

 

XXIème SIECLE

Le Pape Jean-Paul II proclame une année du Rosaire. Il lance un cri poignant à tous les chrétiens: « Que mon appel ne reste pas lettre morte » et ajoute aux quinze mystères, joyeux, douloureux, glorieux, des «petits nouveaux», les cinq mystères lumineux.

 

La voie de la contemplation

5. Cependant, la raison la plus importante de redécouvrir avec force la pratique du Rosaire est le fait que ce dernier constitue un moyen très valable pour favoriser chez les fidèles l'engagement de contemplation du mystère chrétien que j'ai proposé dans la lettre apostolique Novo millennio ineunte comme une authentique “pédagogie de la sainteté”: « Il faut un christianisme qui se distingue avant tout dans l'art de la prière ».9 Alors que dans la culture contemporaine, même au milieu de nombreuses contradictions, affleure une nouvelle exigence de spiritualité, suscitée aussi par les influences d'autres religions, il est plus que jamais urgent que nos communautés chrétiennes deviennent « d'authentiques écoles de prière ».10

Le Rosaire se situe dans la meilleure et dans la plus pure tradition de la contemplation chrétienne. Développé en Occident, il est une prière typiquement méditative et il correspond, en un sens, à la « prière du cœur » ou à la « prière de Jésus », qui a germé sur l'humus de l'Orient chrétien.

Jean-Paul II LETTRE APOSTOLIQUE ROSARIUM VIRGINIS MARIAE

 

 

 

 

 

 

 

Prières pour réciter le chapelet

 

Au nom du Père,

du Fils

et du Saint-Esprit.

Amen.

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ; et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l'Esprit-Saint, à la sainte Eglise catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.

Notre Père, qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre nous du mal. Amen.

Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours dans les siècles des siècles. Amen

.

Les Mystères Joyeux
Les Mystères Lumineux
Les Mystères Douloureux
Les Mystères Glorieux

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_lett...ii_apl_20021016_rosarium-virginis-mariae_fr.html

04.06.2009

MIRACLE BETANIA VENEZUELA

BETANIA VENEZUELA (1976/1984)

Vierge de la “Réconciliation” à BETANIA

 

http://mariaesperanza.org/english/index_frameset_en.ht...



 

RECONNAISSANCE CANONIQUE EN 1987 DE L'APPARITION DE LA VIERGE :

Au terme d'une enquête canonique, l'évêque de LOS TEQUES, Monseigneur PIO BELLO RICARDO, a publié le 21 novembre 1987 une instruction pastorale pour affirmer que “les apparitions sont authentiques et ont un caractère surnaturel”.

Pour autant, Il affirmait d'abord l'authenticité des apparitions dont a bénéficié MARIA ESPERANZA et il précisait avec prudence que toutes les autres apparitions survenues à BETANIA ne sont pas forcément authentiques : selon les circonstances, certaine “se réduisent une simple hallucination provoquée par l'attente, la suggestion, l'émotivité et, y compris, le déséquilibre psychologique”

 

Les apparitions à BETANIA, KIBEHO et SAN NICOLAS ont en commun d'avoir duré dans le temps, d'avoir été très nombreuses et atypiques par rapport aux grandes appariions reconnues par l'Eglise.

A BETANIA, la Vierge est apparue à une femme de 46 ans, MARIA ESPERANZA MEDRANO DE BLANCHINI, à partir du 25 mars 1976, et s'est présntée à elle comme “la réconciiatrice des peuples”, puis à partir de la sxième apparition (25 mars 1978), d'autre personnes (15 ce jour là) affirmeront, elles aussi voir la Vierge. Le phénomène va durer plusieurs années (culminant le 25 mars 1984 avec sept apparitions successives au cours desquelles la Vierge sera vue par des centaines de personnes). A partir de 1988 les apparitions ont été moins nombreuses et ont touché moins de personnes à la fois. Au total, 15 000 personnes auraient vu la Vierge à BETANIA dans ses diverses apparitions. Certaine ont affirmé avoir reçu des messages ou des conseils, mais la plupart ne faisaient que la voir. C'est à la voyante d'origine qu'ont été délivrés les messages prinipaux. Ils sont des appels à la conversion, à la prière, la fréquenation des sacrements et à la “solidarité”.

Betania village de Cua, se trouve dans la forêt tropicale du Venezuela, à environ 12 kilomètres de la ville de Cua. Maria Esperanza, est née Maria Esperanza Medrano à Barrancas, Venezuela, le 22 novembre 1928. Depuis son enfance Maria a eu des expériences mystiques. A cinq ans elle a eu une vision de Jésus et de Ste Thérèse. Elle est stigmatisée et présente des blessures le Vendredi Saint, et a déjà eu des expériences de lévitation pendant la Messe. Des témoins ont rapporté ses dons de bilocation qui lui permet d'apparaître simultanément dans deux endroits différents. Elle est aujourd'hui mariée et a sept enfants et des petits enfants. Elle voulait se faire religieuse et avait étudié à Rome. Elle avait reçu une vision de saint Jean Bosco qui lui avait prédit que le 1er novembre 1955, elle allait voir son futur mari qui tiendrait un pavillon italien. C'est ainsi qu'elle rencontra Biancini Gianni, un italien, à Rome, ce même jour. Sur les instructions de la Vierge Marie, elle sest mariée le jour de l'Immaculée Conception, le 8 décembre 1959 à la Basilique St Pierre. La famille Biancini vit dans les faubourgs de Caracas. Ils ont six filles, un fils et de nombreux petits enfants

MESSAGES EN ESPAGNOL :

- January 25, 1985 3:00 p.m.
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February 16, 1989 4:00 p.m.
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March 25, 1976 8:30 a.m.
-
April 1st, 1989 4:30 p.m.
-
May 3rd, 1977 11:00 a.m.
-
June 21, 19 4:30 p.m.
-
July 6, 1987 11:30 a.m.
-
August 22, 1976 1:30 p.m.
-
September 8, 1989 6:30 p.m.
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October 22, 1989 2:30 a.m.
-
November 27, 1978 9:00 a.m.
-
December 8, 1986 11:00 a.m.

QUELQUES MESSAGES :

En 1976, dans une ferme lui appartenant près du village Venézuélien de Cua dans la région de Finca Betania, Maria a reçu une vision de la Vierge qui lui a dit :

"Tu me verras sur la terre que tu as achetée. "

Le 25 mars, jour de la fête de l'Annonciation Maria et des membres de sa famille ainsi que des amis priaient devant une petite grotte quand la Vierge lui est apparue et a dit :

"Mon enfant, je viens te donner une parcelle du ciel Lourdes. Bétania au Venezuela. C'est un lieu pour tous, même ceux qui ne sont pas catholiques"

En 1984, la Vierge a voulu explique le but de l'apparition :

"Je viens les réconcilier, les rechercher, les donner la foi qui a disparu dans les bruits et le fracas d'une ére atomique qui est sur le point de s'éclater. Mon message est un de foi, d'amour et d'espoir. Plus que tout il apporte la réconciliation entre peuples et nations. C'est la seule chose qui peut sauver ce siècle de la guerre et de la fin éternelle. Si un changement ne s'opère pas et qu'il n'y a pas de conversion, le monde périra sous le feu, la guerre et la mort"

La Vierge lui a révélé que le monde aura bientôt un avertissement :

"Voici venir le grand moment du grand jour de la lumière. La conscience de ce peuple bien aimé doit être violemment secouée afin que les gens mettent de l'ordre dans leur maison et offrent à Jésus la juste réparation pour les infidélités journalières qui sont perpétuées par les pécheurs"

Après plusieurs apparitions, la Vierge lui aurait dit :

"Je suis la Réconciliatrice des peuples"

et lui aurait confié de nombreux message concernant la prière, la conversion, la participation aux sacrements. La Vierge a parlé des conséquences de l'incroyance.

Le 23 septembre, 1968, Maria priait dans sa maison au Venezuela. Padré Pio lui est apparu et lui a dit :

"Esperanza, je viens faire mes adieux. Mon temps est arrivé".

Elle a appris que Padre Pio est mort le jour suivant. Quinze autres personnes ont également affirmé avoir vu la Vierge.

En 1984, des centaines de personnes ont aussi prétendu avoir vu la Vierge Marie. Quelques-unes ont révélé qu'ils avaient reçu des messages personnels. L'évêque de Los Tequez, Mgr.Bello Ricardo a proclamé l'authenticité des apparition de Maria de Bianchi. Dans une lettre pastorale, il a proclamé que les évènements survenus à Bétania étaient surnaturels, mais il a rejeté les présomptions de nombreux autres voyants. Présomptions qu'il aurait qualifiées d'hallucinations collectives, provoquées par une forte émotivité. Le site des apparitions a été proclamé sacré. Un événement serait venu confirmer, pour ainsi dire, les conclusions de l'évêque.

Le 8 décembre 1991, le père Otty Osa, directeur spirituel de Maria a été témoin d'un miracle Eucharistique. En disant la Messe en plein air à côté de la grotte, il a constaté que l'hostie commençait à saigner dans sa main. Le sang a été analysé et a été confirmé comme étant effectivement du sang humain.

CHRONOLOGIE DES EVENEMENTS DE BETANIA :

22 Nov. 1928. Naissance de Maria Esperanza Medrano à Barrancas, Venezuela.

8 Déc. 1948. Maria a une apparition de Jésus.

3 Oct. 1954 Maria a une apparition de Ste Thérèse qui lui donne une rose.

1 Nov. 1955. Maria rencontre son futur mari, Geo Bianchini Gianni, le jour de la Toussaint comme prédit par saint Jean Bosco, lors d'une apparition.

8 Déc. 1956. Mariage de Maria et Geo, le jour de la fête de l'Immaculée Conception, à la Basilique St Pierre de Rome.

23 Sept. 1968. Mort de Padre Pio qui apparaît la veille à Maria pour lui faire ses adieux. Stigmate de Maria.

25 Mar. 1976. Première apparition de la Vierge à Maria, le jour de la fête de l'Annonciation.

21 Nov.1987. Reconnaissance des apparitions par l'Archevêque Pio Bello Ricardo.

8 Déc.1991. Miracle Eucharistique au Père Otty Ossa, le jour de la fête de l'Immaculée Conception.

 

 

1998 :

Cette vidéo nous rappeler les Mots de Jesús : "Mon coeur sera là tous les jours" (un IIIe les Rois, IX, 3)

Elle a été filmée par Daniel Sanford originaire de la New Jersey, qui est allé en pèlerinage voir l'Hostie Sanglante de la Chapelle de Betania des religieuses Agustinas dans Les Teques.

Le Père Mazzarella, le Directeur Spirituel a célébré la Messe. A la fin, il ouvrit le Tabernacle qui contient l'Hostie Sainte sanglante.

L'Hostie était dans des flammes, au coeur de lhostie ensangantée, il y avait un coeur palpitant.

Daniel a observé cela environ 30 secondes. Ensuite, l'Hostie est revenue à la normale, cependant, il a pu filmer ce miracle avec son camescope personnel.