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25/07/2012

HISTORIENS DE JÉSUS-CHRIST

 
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ISTORIENS DE
JÉSUS-CHRIST
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DOCUMENTS CHRÉTIENS SUR JÉSUS

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I - LE NOUVEAU TESTAMENT

Les documents du NOUVEAU TESTAMENT sont les textes les plus anciens que nous ayons sur JÉSUS. Ils présentent tous JÉSUS comme ayant réellement existé.

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II - LES PÈRES APOSTOLIQUES, LES PÈRES DE L'ÉGLISE

Après le NOUVEAU TESTAMENT, les écrits des Pères apostoliques sont les plus anciens. Ils ont écrit par exemple l'ÉPÎTRE DE CLÉMENT DE ROME (fin du 1er), celles d'IGNACE D'ANTIOCHE (début du IIème), l'ÉPÎTRE DE POLYCARPE (avant l'an 170), etc. Pour eux il ne fait aucun doute que JÉSUS est un personnage historique. Il en est de même des Pères de l’Église. On peut citer par exemple :

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JUSTIN MARTYR

(100/165)

Philosophe qui est devenu chrétien, et qui est mort martyr décapité. Il écrit à l'empereur ANTONIN LE PIEUX vers 150 :

A propos de la crucifixion de JÉSUS :

«Vous pourrez vous assurer que les faits sont véridiques en consultant les actes qui furent enregistrés sous PONCE PILATE...» (Apologie I, 35.7-9)

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A propos des miracles de JÉSUS :
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«Vous pourrez facilement vérifier qu'il a réellement accompli ces miracles en lisant les actes de PONCE PILATE» (Apologie I, 48.3)
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.TERTULLIEN

Quintus Septimius Florens Tertullianus
(env 155 à env 225)


A la fois juriste et théologien, il a écrit son apologie du christianisme à CARTHAGE en 197, à l'intention des autorités romaines en AFRIQUE : 
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«TIBÈRE, sous le règne de qui le nom de chrétien a fait son entrée dans le monde, soumit au Sénat les faits qu'on lui avait annoncés de SYRIE-PALESTINE, faits qui avaient révélé là bas la vérité sur la divinité du CHRIST, et il manifesta son avis favorable. Le Sénat, n'ayant pas lui-même vérifié ces faits vota contre. [TIBÈRE] persista dans son sentiment et menaça de mort les accusateurs des chrétiens»
(TERTULLIEN :
Apologétique V.2)
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DOCUMENTS NON CHRÉTIENS SUR JÉSUS

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THALLUS

(env. 52)

Historien païen dont les écrits qui datent de 52 sont perdus ; seuls quelques fragments cités par d'autres auteurs nous sont parvenus. Ainsi, JULES L'AFRICAIN, auteur chrétien des années 220 cite THALLUS, à propos de l'obscurité qui a eu lieu lors de la crucifixion de JÉSUS :

«THALLUS, au troisième livre de son Histoire explique cette obscurité par une éclipse, ce qui me parait inacceptable !».

Il s'agit ici d'une preuve «indirecte» de l'existence de JÉSUS : le fait que cet auteur parle de «l'éclipse» qui a eu lieu lors de la crucifixion de JÉSUS, implique qu'il considère comme acquis l'existence de JÉSUS.

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FLAVIUS JOSÈPHE

Joseph Ben Matthias, Prêtre (37/97)

Prêtre, pharisien, il était chef militaire Juif pendant la guerre contre ROME. Il s'est rendu au général romain VESPASIEN, pendant le siège de JOTAPA, alors que beaucoup de ses compagnons se sont suicidés plutôt que de se rendre. Sa collaboration avec les romains l'a fait haïr par ses compatriotes juifs. Historien juif, il a écrit «Guerre des juifs» (75-79), et «Antiquités Juives» (93).

«...JÉSUS, qui était un homme sage, si toutefois on doit le considérer comme un homme, tant ses œuvres étaient admirables... Des chefs de notre nation l'ayant accusé devant PILATE, celui-ci le fit crucifier... Il leur apparut vivant et ressuscité le troisième jour...» (Antiquités 18.3.3)

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«ANAN LE JEUNE, qui avait reçu le grand-pontificat, ... réunit un SANHÉDRIN, traduisit devant lui JACQUES, frère de JÉSUS appelé le CHRIST, et certains autres, en les accusant d'avoir transgressé la loi, et les fit lapider» (Antiquités 20.8.1)

Remarque : Des critiques (qui ne remettaient cependant pas en cause que JOSÈPHE ait parlé de JÉSUS) ont été émises quant à l'historicité totale du passage de Antiquités 18.3.3. A ce jour, l'authenticité globale de ce passage n'est plus mise en doute, même s'il contient peut-être quelques interpolations («si on doit le considérer comme un homme» , «il leur apparut vivant et ressuscité le troisième jour» ).

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MANUSCRIT SYRIAQUE

N° 14658 DU BRITISH MUSÉUM (env.73)

Lettre envoyée par un Syrien nommé MARA BAR-SÉRAPION, à son fils SÉRAPION. Alors qu'il est en prison, il encourage son fils à poursuivre la sagesse, soulignant que ceux qui ont persécuté les sages ont eu des problèmes. Il prend comme exemple les morts de SOCRATES, PYTHAGORE et CHRIST. A propos de CHRIST il dit :

«... quel avantage les Juifs ont-ils gagné à exécuter leur roi sage ? Leur royaume fut anéanti peu après...»

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SUÉTONE

Caius Suetonius Tranquillus

(69/125)

Archiviste à la cour de l'empereur HADRIEN. Disgracié en 122, il se consacra à des ouvrages historiques.

«Comme les juifs ne cessaient de troubler la cité sur l'instigation d'un certain CHRISTUS, il (CLAUDE) les chassa de ROME» (Vie de CLAUDE, XXV.11)

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«Il livra aux supplices les Chrétiens, race adonnée à une superstition nouvelle et coupable» (Vie de NÉRON, XVI.3).

Ce passage n'est pas une preuve directe de l'existence de CHRIST ; mais il prouve qu'au temps de NÉRON, c'est à dire une trentaine d'années après la mort de CHRIST, il y avait des personnes qui se réclamaient de CHRIST : difficile de croire alors que CHRIST n'ai pas réellement existé !

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CORNÉLIUS TACITE

Cornelius Tacitus

(55/118)

Il est considéré comme le plus grand historien de la ROME impériale.

Il décrit l'incendie de ROME en 64, et explique que les chrétiens sont devenus les boucs émissaires de NÉRON qui les accuse d'avoir provoqué le feu ; vers 116 il écrit :

«le nom de chrétien leur vient du nom de CHRIST, qui fut condamné sous le règne de TIBÈRE, par le procureur PONCE PILATE, ...» (Annales, 15.44)

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PLINE LE JEUNE

Caius Plinius Caecilius Secundus

(61/114)

Écrivain latin. Il était gouverneur de la Bithynie (au nord-ouest de la TURQUIE) en 112. Dans une lettre adressée à l'empereur TRAJAN il lui demande conseil sur la façon de traiter les chrétiens :

«Ceux qui niaient être chrétiens ou l'avoir été, s'ils invoquaient des dieux selon la formule que je leur dictais et sacrifiaient par l'encens et le vin devant ton image que j'avais fait apporter à cette intention avec les statues des divinités, si en outre ils blasphémaient le CHRIST - toutes choses qu'il est, dit-on, impossible d'obtenir de ceux qui sont vraiment chrétiens -, j'ai pensé qu'il fallait les relâcher... [Ceux qui disaient qu'ils étaient chrétiens] affirmaient que toute leur faute, ou leur erreur, s'était bornée à avoir l'habitude de se réunir à jour fixe, avant le lever du soleil, de chanter entre eux alternativement un hymne au CHRIST comme à un dieu, ..» (Lettres et Panégyrique de TRAJAN : X/96/5-7)

Ce texte n'affirme pas l'existence de JÉSUS CHRIST, mais la confirme de façon indirecte : il prouve en effet qu'au début du IIème, des hommes et des femmes croyaient fermement à son existence.

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LUCIEN DE SAMOSATE (125/192)

Écrivain grec satirique. Il parle de CHRIST comme :

«Celui qui est honoré en PALESTINE, où il fut mis en croix pour avoir introduit ce nouveau culte parmi les hommes... Le premier législateur [des chrétiens] les a encore persuadés qu'ils sont tous frères. Dès qu'ils ont une fois changé de culte, ils renoncent aux dieux des Grecs, et adorent le sophiste crucifié dont ils suivent les lois» (Mort de PÉRÉGRINUS, paragraphe 11-13)

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CELSE (IIème siècle)

Philosophe platonicien. Il est romain et auteur du «Discours véritable», virulente attaque contre le christianisme. Il écrit :

«Vous nous donnez pour DIEU un personnage qui termina par une mort misérable une vie infâme».

Remarque : On ne connait ses écrits que par la réfutation qu'en fit ORIGÈNE dans son livre «Contre CELSE» (7,53).

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LE TALMUD




Le TALMUD est composé de la MISHNA (recueil de lois et traditions juives mises par écrit vers le IIème) et des GEMARAS (commentaires de la MISHNA). Le TALMUD Babylonien qui a été achevé d'écrire vers la fin du IVème siècle :
  • ne met pas en doute la réalité historique de JÉSUS-CHRIST,
  • dit que JÉSUS était transgresseur de la loi, pratiquant la magie, faisant fi des sentences des sages, ...
  • dit que ses disciples guérissent les malades en son nom.
Il est important de noter que le TALMUD est à priori hostile à JÉSUS : on ne peut donc taxer ses textes de partisans. Ainsi, le TALMUD atteste fortement l'historicité de JÉSUS, mais aussi le fait que JÉSUS accomplissait des miracles puisqu'il considère que JÉSUS pratiquait la magie ! Et il en est de même pour les miracles accomplis par les disciples puisqu'il reconnait que ses disciples guérissaient des malades en son nom 
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03/06/2012

PROPHÉTIES VLADIMIR SERGUEÏEVITCH SOLOVIEV ANTÉCHRIST ET FIN DES TEMPS


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VLADIMIR
 
 
ERGUEÏEVITCH
 
SOLOVIEV
 
(1853/1900)





 
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ANTÉCHRIST ET FIN DES TEMPS
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VLADIMIR SERGUEÏEVITCH SOLOVIEV, plus rarement SOLOVEV ou SOLOVIOV (en russe : Владимир Сергеевич Соловьёв), né à Moscou le 16 janvier/28 janvier 1853 et mort à Ouskoïe près de Moscou le 31 juillet/13 août 1900, est un philosophe et poète russe.
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VLADIMIR SOLOVIEV est le fils de SERGUEÏ SOLOVIOV (1822-1879), lui même fils d'un prêtre orthodoxe russe d'esprit ouvert et curieux MIKHAÏL SOLOVIOV, archiprêtre et professeur de religion.
 
VLADIMIR SOLOVIEV naît à Moscou le 16 janvier 1853 (selon le calendrier julien) dans une famille «unie, respectueuse de l'autorité paternelle ; (elle) menait une vie patriarcale, de haute moralité, austère et pieuse, et se montrait assez insoucieuse de la vie pratique» Il est décrit comme un enfant sensible et travailleur, brillant et mystique.

L'ambiance corrosive des années 1860, marquées par le matérialisme scientifique, en fait un adolescent qui refuse toute pratique religieuse entre 14 et 18 ans. Il étudie ensuite SPINOZA et passe du matérialisme au positivisme. Il aborde ensuite SCHOPENHAUER et SCHELLING, ce qui lui permet de concilier idéalisme et sciences. Il passe ensuite par une phase de pessimisme absolu (vers 19 ans).

VLADIMIR SOLOVIEV redevient brusquement chrétien, à un peu plus de 20 ans, mais tout en étant assez proche de la figure du narodnik brossée par TOURGUENIEV : une jeune personne radicale, positiviste, aimant le peuple et voulant l'éduquer, assimilée progressivement aux terroristes. Cependant son côté spiritualiste le rapproche encore plus de TOLSTOÏ et DOSTOÏEVSKI.

En même temps que son retour à la Foi, il délaisse ses études scientifiques pour s'orienter davantage vers l'histoire et la philologie. Il se met à fréquenter l'Académie ecclésiastique Saint-Serge en y prenant des cours de théologie.

En 1873 commence une relation d'amitié profonde avec DOSTOÏEVSKI. Il a des rapports tendus avec TOLSTOÏ :
 
«SOLOVIEV sera partisan d'un christianisme hiérarchique et historique ; il n'admettra pas le principe de non-résistance au Mal, ni le christianisme purement moral et abstrait auquel aboutira TOLSTOÏ»

Maître de conférences à la Faculté de Moscou à 21 ans, docteur à 27, il acquiert une vaste notoriété par ses leçons publiques sur la Théandrie (1877-1878). En 1881, pour avoir publiquement demandé au tsar de gracier les assassins d'ALEXANDRE II, il est contraint de quitter l'Université.

Il rencontre l'évêque catholique STROSSMAYER à Đakovo, mais son retour en Russie est sous le signe du découragement, car les critiques lui viennent aussi bien du côté orthodoxe que du côté catholique.
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DERNIERS INSTANTS
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En 1891, l'Église orthodoxe lui refuse les sacrements. Il meurt soigné par le prince SERGE NIKOLAÏEVITCH TROUBETZKOY (1862-1805) son ancien élève et professeur de philosophie, et l'épouse de celui-ci née princesse PRASCOVIE OBOLENSKY (1860-1914), la cousine de la princesse, AGRAFINE PANIOUTINE, et son ami, président du tribunal du district, NICOLAS DAVYDOV (1848-1920), qui l'avait accompagné. Le docteur ALEXANDRE VLASSOV est resté jusqu'aux derniers moments. Le philosophe bredouillait en grec, en latin, en français et en italien, pris par la fièvre. Il croyait voir aussi des Chinois. Quelles sont ces figures jaunes grimaçantes ?. Sont appelés ensuite à son chevet l'historien VASSILI OSSIPOVITCH KLIOUTCHEVSKI, sa mère POLYXÈNE VLADIMIROVNA SOLOVIEVA et ses sœurs NADÈGE et POLYXÈNE. Celles-ci dormant dans la chambre à côté du bureau du prince où le philosophe était alité sur le divan. L'agonie commence le 30 juillet (ancien style) et il meurt le lendemain vers neuf heures du soir. Son corps est mis dans la chapelle du château. Les funérailles y ont lieu le 3 août, puis la dépouille est emmenée à Moscou. Une liturgie a lieu à la chapelle de l'université en présence des proches et des princes A.D. OBOLENSKY du ministère des Affaires étrangères et V.S. OBOLENSKY-NELEDINSKI du ministère de l'Intérieur, ainsi que différents professeurs. Il est enterré dans une tombe à côté de celle de son père, SERGUEÏ, au cimetière de Novodiévitchi. Le professeur HERIÉ prononce l'éloge funèbre (...) Tu as traversé nos vies grises ordinaires d'un rayon de lumière; tu as répondu avec passion aux questions de la société ; tu as combattu ses idoles, alors qu'elle attendait encore beaucoup de toi.
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SOLOVIEV est en milieu orthodoxe l'ambassadeur du dialogue œcuménique. Il juge que le Raskol est une plaie de l'Église russe et réfléchit à réconcilier les vieux-croyants avec l'Église russe. Il espère un temps en un concile, puis pense que l'Église orthodoxe russe ne peut résoudre ce problème.
 
L'assassinat du tsar ALEXANDRE II en 1881 est une profonde remise en cause de l'idée qu'il se fait de la Russie. À partir de cette époque, il voit en Rome l'unique moyen de faire revivre l’Église orthodoxe. Pour lui, la scission orient/occident préfigure le Raskol. Il pense que la chrétienté a besoin de centralisation et d'un chef pour accomplir sa mission : la réalisation sur terre du royaume de DIEU. Il oppose l'Orient, avec ses aspirations contemplatives vers le divin, à l'Occident et à ses tendances actives et pratiques vers l'humain.

La charité manque pour faire l'union, mais il n'y a que cette union qui permettrait de reconstituer la divino-humanité, l'Église universelle. Rome en serait le centre. La mission de la Russie serait de faire cette union. Ne veut pas latiniser l'Orient : chacune des deux Églises est déjà profondément l'Église universelle, pour SOLOVIEV la scission n'est qu'apparente et causée par un manque de charité. Il pense y associer plus tard le protestantisme, avec son principe de liberté, capital car l'Église «achevée» serait la «théocratie libre». VLADIMIR SOLOVIEV théorise toutes ces idées dans Le grand Débat et la politique chrétienne, en 1883.
 
SOLOVIEV est parfois comparé à son contemporain, le cardinal JOHN HENRY NEWMAN. Ils ont les mêmes préjugés contre le papisme au départ, le même ostracisme, la même volonté de faire la volonté divine, le même goût pour les Pères de l'Église (notamment SAINT AUGUSTIN), pour l'histoire ecclésiastique, la philosophie des évolutions religieuses, l'ascension de la connaissance humaine jusqu'à DIEU, les devoirs quotidiens de la piété.

Les poésies de V. SOLOVIEV ont connu un grand succès : sept éditions de 1893 à 1921.
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CITATIONS
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«La division de l'Église se produisit parce que les ecclésiastiques s'étaient laissé dominer par l'esprit anti-chrétien d'arbitraire égoïste sans frein et de rivalité»
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Les intérêts de la civilisation de notre époque sont ceux qui n'existaient pas hier et n'existeront pas demain. Il est permis de préférer ce qui est valable pour tous les temps»
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TÉMOIGNAGES
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Chanoine MICHEL DANGOISSE Revue Pâque Nouvelle
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J’ai appris avec une joie profonde la tenue d’un Colloque international que l’Université catholique ukrainienne, en collaboration avec la Société Soloviev de Genève et avec d’autre Institutions culturelles d’Ukraine, a organisé à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de VLADIMIR SEGHIEIEVITCH SOLOVIEV.

En cette heureuse circonstance, je désire, par votre intermédiaire, Vénéré Frère, faire parvenir aux organisateurs de ce Colloque, aux intervenants et aux personnes qui y prendront part mes salutations

cordiales et mes encouragements pour cette initiative, destinée à approfondir la pensée d’un des plus grands philosophes russes chrétiens des XIXe et XXe siècles.

JEAN-PAUL II (28 octobre 2003)

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  RÉSUMÉ
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religieuse ; quelques millions seulement de chrétiens authentiques, toujours divisés en catholiques, orthodoxes et protestants, car les anglicans se sont ralliés de puis peu à l’Église catholique ; un catholicisme plus dépouillé et le pape lui-même, italien d'origine, mais de culture slave, a dû se réfugier à Saint-Petersbourg. Sous l'influence secrète de la franc-maçonnerie, un homme de 33 ans, une sorte de surhomme européen à l'intelligence supérieure, profondément spiritualiste, se laisse convaincre par l'Adversaire que c'est lui-même qui est le CHRIST, et non pas JÉSUS DE NAZARETH... Il publie un livre au succès foudroyant : il prône les valeurs chrétiennes ou évangéliques, en les adaptant aux idéaux de la raison humaine, sans imposer le moindre renoncement à soi et surtout sans jamais mentionner le nom du CHRIST !
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Ce récit de fait nous montre les derniers chrétiens, en nombre infime, encore divisés en trois églises...L'union de leurs chefs, le pape PIERRE II, le starets JEAN et le professeur de théologie protestant PAULI, se produit au delà des limites de l'histoire, dans un processus supra-historique, dans la catastrophe apocalyptique où sombre l'univers...
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Ce récit est la dernière partie du livre TROIS ENTRETIENS SUR LA GUERRE, LA MORALE ET LA RELIGION, rédigé en 1899.
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Il se veut une actualisation de l'APOCALYPSE de JEAN. VLADIMIR SOLOVIEV décrit comment un jeune homme talentueux reçoit l'esprit de l'ANTÉCHRIST. Celui-ci prend la tête de l'armée européenne pour repousser l'invasion des Chinois et des Japonais, qui avait pu avoir lieu, car les Européens avaient l'attention détournée par la guerre avec les Musulmans.
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Le nouvel empereur d'EUROPE résout la question de la paix LA PREMIÈRE ANNÉE DE SON RÈGNE en réunissant une armée qui ne peut être vaincue par aucune autre coalition d'armées. Il impose donc la paix mondiale.
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LA DEUXIÈME ANNÉE, il résout la question de la faim en concentrant tous les capitaux entre ses mains et en taxant un peu les riches pour que les pauvres puissent vivre dignement.
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LA TROISIÈME ANNÉE, il tente de résoudre la question religieuse en unifiant les religions. Mais les trois représentants du christianisme s'y opposent : Le starets JEAN pour l'orthodoxie, le pape PIERRE II pour le catholicisme et le professeur PAULI pour le protestantisme.
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L'armée de l'ANTÉCHRIST se regroupe pour combattre l'armée des Juifs qui se soulève, car cette dernière a appris que l'Empereur n'était pas circoncis, qu'on les avait trompés. Alors, la terre s'ouvre et engloutit l'armée de l'ANTÉCHRIST.
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Les Juifs et les Chrétiens restés fidèles convergent à Jérusalem où le CHRIST se manifeste en gloire.
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http://fr.wikipedia.org/wiki/Court_r%C3%A9cit_sur_l%27Ant%C3%A9christ
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Ce récit est la dernière partie du livre TROIS ENTRETIENS SUR LA GUERRE, LA MORALE ET LA RELIGION, rédigé en 1899.
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Il se veut une actualisation de l'APOCALYPSE de JEAN. VLADIMIR SOLOVIEV décrit comment un jeune homme talentueux reçoit l'esprit de l'ANTÉCHRIST. Celui-ci prend la tête de l'armée européenne pour repousser l'invasion des Chinois et des Japonais, qui avait pu avoir lieu, car les Européens avaient l'attention détournée par la guerre avec les Musulmans.
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Le nouvel empereur d'Europe résout la question de la paix LA PREMIÈRE ANNÉE DE SON RÈGNE en réunissant une armée qui ne peut être vaincue par aucune autre coalition d'armées. Il impose donc la paix mondiale.
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LA DEUXIÈME ANNÉE, il résout la question de la faim en concentrant tous les capitaux entre ses mains et en taxant un peu les riches pour que les pauvres puissent vivre dignement.
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LA TROISIÈME ANNÉE, il tente de résoudre la question religieuse en unifiant les religions. Mais les trois représentants du christianisme s'y opposent : Le starets JEAN pour l'orthodoxie, le pape PIERRE II pour le catholicisme et le professeur PAULI pour le protestantisme.
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L'armée de l'ANTÉCHRIST se regroupe pour combattre l'armée des Juifs qui se soulève, car cette dernière a appris que l'Empereur n'était pas circoncis, qu'on les avait trompés. Alors, la terre s'ouvre et engloutit l'armée de l'ANTÉCHRIST.
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Les Juifs et les Chrétiens restés fidèles convergent à Jérusalem où le CHRIST se manifeste en gloire.
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http://fr.wikipedia.org/wiki/Court_r%C3%A9cit_sur_l%27Ant%C3%A9christ

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EXTRAITS
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«Le vingtième siècle après la naissance du CHRIST fut l’époque des dernières grandes guerres, discordes civiles et révolutions. La principale des guerres extérieures eut pour cause éloignée le mouvement intellectuel que l’on avait vu surgir au JAPON vers la fin du dix-neuvième siècle et qui s’appelait panmongolisme. Imitateurs, les Japonais ayant, avec une rapidité et une réussite surprenantes, copié les formes de la culture européenne, s’approprièrent aussi quelques idées européennes d’ordre inférieur. Ayant, par les journaux et par les manuels d’histoire, appris l’existence en EUROPE du panhellénisme, du pangermanisme, du panslavisme, du panislamisme, ils proclamèrent la grande idée du panmongolisme, c’est-à-dire l’union d’ensemble, sous leur suprématie, de tous les peuples de l’ASIE orientale, en vue d’une lutte décisive contre les étrangers, c’est-à-dire les Européens. Profitant de ce que, au début du vingtième siècle, l’EUROPE était occupée à en finir avec le monde musulman, ils commencèrent la réalisation du grand programme. D’abord, ils envahirent la CORÉE, ensuite PÉKIN, où, avec le concours du parti progressiste chinois, ils renversèrent la vieille dynastie mandchoue, en la remplaçant par une dynastie japonaise. Rapidement, ils réussirent à se réconcilier avec les conservateurs chinois. Ceux-ci comprenaient que de deux maux on fait mieux de choisir le moindre et que, par la force des choses, un parent est plutôt un frère. D’ailleurs, l’indépendance impériale de la vieille CHINE ne pouvait plus se maintenir ; et il était inévitable de se soumettre, soit aux Européens, soit aux Japonais. Il était clair que la domination japonaise, en détruisant les formes extérieures de l’impérialisme chinois, devenues inutilisables aux yeux de tout le monde, ne modifiait pas les principes intérieurs de la vie nationale ; tandis que la domination exercée par les peuples européens, protecteurs politiques des missionnaires chrétiens, menaçait même les plus profonds appuis spirituels de la CHINE. La haine que, jadis, les Chinois ressentaient pour les Japonais, datait de l’époque où ni les uns ni les autres ne connaissaient les Européens, devant lesquels, ensuite, l’inimitié de deux peuples parents prenait le caractère d’une discorde intestine et devenait absurde. Les Européens étaient entièrement des étrangers, uniquement des ennemis ; et leur suprématie ne pouvait en aucune manière flatter l’amour-propre de la race. Au contraire, les Chinois apercevaient dans les mains du JAPON le doux appât du panmongolisme, qui, en même temps, justifiait à leurs yeux la triste nécessité de s’européaniser extérieurement. Les Japonais leur répétaient avec énergie :
 
«Frères obstinés, comprenez donc que nous prenons l’armement des chiens occidentaux, non point parce que nous les préférons, mais parce que nous voulons nous en servir pour les abattre. Si vous vous joignez à nous et si vous acceptez notre direction effective, non seulement nous aurons bientôt fait de chasser de notre ASIE les diables blancs, mais, en outre, nous ferons la conquête de leurs propres territoires et nous établirons le véritable EMPIRE DU MILIEU, qui régnera sur le monde entier. Vous avez raison de tenir à votre orgueil national et de mépriser les Européens ; mais c’est en pure perte que vous ne nourrissez ces sentiments qu’avec des rêveries et sans activité intelligente. Nous qui, à cet égard, vous avons devancés, nous devons vous montrer la voie de l’intérêt commun. D’ailleurs, regardez donc ce que vous a procuré votre politique de confiance en vous-mêmes et de défiance envers nous, qui sommes vos amis et vos défenseurs naturels : peu s’en faut que la RUSSIE et l’ANGLETERRE, l’ALLEMAGNE et la FRANCE ne se soient entièrement partagé la CHINE ; et tous vos projets de tigres n’ont montré que la pointe impuissante d’une queue de serpent»
 
Les judicieux Chinois trouvèrent que ce raisonnement était fondé ; et la dynastie japonaise s’affermit. Naturellement, elle s’occupa d’abord d’organiser une armée et une flotte puissantes. La plus grande partie des forces militaires japonaises fut transportée en CHINE et, là, servit de cadres pour une armée nouvelle, énorme. Parlant la langue chinoise, les officiers japonais remplissaient le rôle d’instructeurs et avec beaucoup plus de succès que n’en avaient eu les officiers européens, désormais congédiés. L’innombrable population de la CHINE, avec la MANDCHOURIE, la MONGOLIE et le TIBET, fournissait suffisamment une excellente matière militaire. Bientôt le premier empereur de la dynastie japonaise put essayer avec succès les armes de l’empire renouvelé, en expulsant les Français du TONKIN et du SIAM, les Anglais de la BIRMANIE, et en annexant à l’EMPIRE DU MILIEU l’INDOCHINE entière. Son successeur, Chinois par sa mère, et en qui s’unissaient la ruse et l’élasticité chinoises avec l’énergie, la mobilité et l’esprit d’entreprise des Japonais, mobilisa dans le TURKESTAN chinois une armée de quatre millions d’hommes.
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Pendant que le TSUN-LI-YAMIN informe confidentiellement l’ambassadeur russe que cette armée est destinée à la conquête de l’INDE, l’empereur envahit l’ASIE CENTRALE RUSSE, y soulève toute la population, s’avance rapidement à travers l’OURAL, inonde de son armée la RUSSIE ORIENTALE et centrale. De leur côté, mobilisées au plus vite, venant de POLOGNE et de LIVONIE, de KIEV et de VILNA, de PÉTERSBOURG et de la FINLANDE, les troupes russes se hâtent de se concentrer. Faute d’un plan de guerre établi d’avance et par l’effet de l’énorme supériorité numérique de l’ennemi, la valeur militaire des troupes russes ne pouvait leur servir qu’à succomber avec honneur. La rapidité de l’invasion ne leur laisse pas le temps de faire la concentration convenable ; aussi les corps d’armée sont-ils détruits successivement dans des luttes acharnées et désespérées. Les Mongols paient un prix élevé cette victoire ; mais ils n’ont pas de peine à réparer leurs pertes, en s’emparant de tous les chemins de fer de l’ASIE, pendant qu’une armée russe de deux cent mille hommes, depuis longtemps rassemblée à la frontière de MANDCHOURIE, s’efforce sans succès d’envahir la CHINE bien défendue.
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Laissant une partie de ses forces en RUSSIE, afin d’y empêcher la formation de nouveaux contingents, et aussi afin de poursuivre les détachements de plus en plus nombreux de partisans, l’empereur amène trois armées en ALLEMAGNE. Là, on avait su préparer la résistance ; aussi, l’une des armées mongoles est-elle battue à plate couture. Alors, en FRANCE, le parti attardé de la revanche prend le dessus ; et bientôt un million de baïonnettes ennemies se dressent derrière les Allemands. Placée entre le marteau et l’enclume, l’armée allemande n’a d’autre ressource que d’accepter les conditions, honorables, dans lesquelles l’Empereur lui propose le désarmement.
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Tout à la joie, les Français fraternisent avec les Jaunes, se répandent à travers l’ALLEMAGNE et perdent rapidement toute notion de discipline militaire ; l’Empereur mongol ordonne à ses troupes d’égorger les plus inutiles de ses alliés ; et la mesure est exécutée avec la ponctualité chinoise.
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À PARIS, les ouvriers sans patrie se soulèvent ; la capitale de la culture occidentale ouvre joyeusement ses portes au maître de l’Orient. Celui-ci, ayant satisfait sa curiosité, se dirige vers le port de BOULOGNE, où, sous l’escorte de la flotte arrivée de l’ OCÉAN PACIFIQUE, des navires s’apprêtent à transporter des troupes mongoles en GRANDE-BRETAGNE.
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Mais il a besoin d’argent ; et les Anglais assurent l’inviolabilité de leur territoire au prix d’un milliard de livres sterling. En une année, il impose à tous les États européens la reconnaissance de sa suzeraineté. Alors, laissant en EUROPE une suffisante armée d’occupation, il retourne en Orient et entreprend une expédition navale contre l’AMÉRIQUE et contre l’AUSTRALIE.
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Durant cinquante ans, le monde européen subit le nouveau joug mongol. Au point de vue intérieur, cette époque est caractérisée par un mélange général, par une profonde et réciproque pénétration des idées européennes et des idées orientales, par la répétition en grand de l’antique syncrétisme alexandrin ; – dans l’ensemble de la vie pratique elle est caractérisée surtout par trois phénomènes :
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la multitude d’ouvriers chinois et japonais charriée comme un limon et qui rend beaucoup plus aiguë la question économique sociale, pour la solution de laquelle les classes dirigeantes continuent d’expérimenter des palliatifs ; la croissante activité internationale des organisations sociales secrètes, qui forment un vaste complot européen pour chasser les Mongols et rétablir l’indépendance de l’EUROPE.
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Ce complot colossal, auquel prennent part les divers gouvernements nationaux, autant que le permet le contrôle des vice-rois mongols, est préparé de main de maître et réussit d’une manière brillante. Au moment fixé, commence le massacre des soldats mongols ; les ouvriers asiatiques sont tuée ou expulsés. Partout se dévoilent les cadres jusque-là dissimulés des armées européennes, dont la mobilisation générale s’accomplit selon le plan le plus détaillé, tracé longtemps à l’avance. Le nouvel empereur, petit-fils du grand conquérant, quitte la CHINE pour gagner en hâte la RUSSIE ; mais, là, ses troupes innombrables sont complètement défaites par l’armée de l’EUROPE entière coalisée. Leurs débris dispersés retournent dans les profondeurs de l’ASIE.
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L’EUROPE est délivrée. Son assujettissement d’un demi-siècle aux barbares d’Asie avait été la conséquence de la désunion des États, occupés seulement de leurs propres intérêts nationaux : au contraire, sa grande et glorieuse délivrance est le résultat de l’organisation internationale où se sont unies les forces de tous les peuples européens.
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Alors, ce fait éclatant produit sa conséquence naturelle : l’antique loi de la coexistence de peuples séparés est discréditée partout ; et presque partout s’écroulent les derniers restes des vieillies institutions monarchiques.
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Au vingt et unième siècle, l’Europe représente une union d’États plus ou moins démocratiques : les ÉTATS-UNIS D’EUROPE.
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Les progrès de la culture extérieure, retardés un moment par
un moment par l’invasion mongole et par les nécessités de la lutte libératrice, prennent de nouveau une allure accélérée. Mais les problèmes de la conscience intime – le sens de la vie et de la mort, la destinée finale du monde et de l’homme – compliqués et embrouillés par une multitude de recherches et de découvertes nouvelles, physiologiques et psychologiques, demeurent, comme auparavant, sans solution.
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Seul, un résultat est clair, important quoique négatif : la complète déroute du matérialisme théorique.
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La danse des atomes, comme conception de l’univers ; la combinaison mécanique des moindres changements de la matière comme explication de la vie, cela ne peut plus satisfaire aucun homme qui pense. Pour toujours, l’humanité a dépassé ce degré de l’enfance philosophique.
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Mais il est évident qu’elle a aussi dépassé l’enfantine faculté de la foi naïve et non raisonnée. Des notions telles que DIEU ayant fait le monde de rien, etc., on cesse d’enseigner cela même dans les écoles primaires.
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Pour la conception de ces sujets un certain niveau général élevé s’est formé, au-dessous duquel aucun dogmatisme ne peut descendre. Et, si la très grande majorité des gens qui pensent est tout à fait incrédule, les rares croyants subissent tous la nécessité de devenir dés penseurs, conformément au précepte de l’apôtre : Soyez des enfants par le cœur, mais non par l’intelligence.
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Alors, parmi les rares croyants spiritualistes, se trouvait un homme remarquable – beaucoup l’appelaient sur-homme – également loin de l’enfance de l’esprit comme de l’enfance du cœur.
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Quoiqu’il n’eût que trente-trois ans, il possédait, grâce à son génie, une large renommée de grand penseur, d’écrivain et de réformateur social. Conscient de sa grande vigueur d’esprit, il avait toujours été spiritualiste convaincu.
Son intelligence claire lui montrait toujours la vérité de ce à quoi il faut croire : le bien, DIEU, le MESSIE. Il croyait à cela, mais il n’aimait que soi-même.
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Il croyait en DIEU, mais, dans le fond de l’âme, involontairement et inconsciemment, il se préférait à Lui. Il croyait au Bien, mais l’œil Éternel, qui voit tout, savait que cet homme s’inclinait devant la puissance mauvaise, pour peu qu’elle le corrompit – non par la fourberie des sentiments et des basses passions ni même par le haut attrait du pouvoir – mais en flattant son amour-propre démesuré.
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D’ailleurs, cet amour-propre n’était ni un instinct inconscient, ni une prétention absurde. Son talent exceptionnel, sa beauté, sa noblesse et, en outre, les preuves éclatantes qu’il donnait de sa tempérance, de son désintéressement, de sa bienfaisance active, semblaient justifier suffisamment l’immense amour de soi-même qui caractérisait le grand spiritualiste, ascète, philanthrope.
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Si on lui reprochait d’être si abondamment muni des dons divins, il y apercevait les marques particulières d’une exceptionnelle bienveillance d’en haut envers lui. Il se considérait comme le second de DIEU, comme le fils de DIEU, unique en son genre. Bref, il se reconnaissait le véritable caractère du CHRIST. Or, cette conscience de sa haute dignité ne prenait pas en lui la forme d’une obligation morale envers DIEU et envers le monde, mais la forme d’un droit et d’une supériorité par rapport au prochain et, surtout, par rapport au CHRIST. Non pas qu’il eût pour JÉSUS une inimitié de principe. Il lui reconnaissait l’importance et la dignité messianiques ; mais, sincèrement, il ne voyait en Lui que son auguste devancier. L’action morale du CHRIST et Son unicité absolue étaient inconcevables à cette intelligence aveuglée par l’amour-propre. Il raisonnait ainsi :
 
«Le CHRIST est venu avant moi ; je me manifeste en second lieu ; mais ce qui est subordonné dans l’ordre du temps a la prééminence dans l’ordre de la nature. J’arrive le dernier, au terme de l’histoire, et, précisément, parce que je suis le sauveur définitif et accompli. Le premier CHRIST est mon précurseur. Son rôle était de devancer et de préparer mon apparition»
 
Et selon cette idée, le grand homme du vingt et unième siècle s’appliquait tout ce qui est dit dans l’Évangile à propos du second avènement, expliquant cet avènement non comme le retour du premier CHRIST mais comme le remplacement du CHRIST précurseur par le CHRIST définitif, c’est-à-dire lui-même.
 .
À ce stade, «L’HOMME QUI VIENT» est encore peu caractérisé et peu original. Son rapport avec le CHRIST, il l’envisage comme faisait, par exemple, MAHOMET, homme droit, qu’on ne peut accuser d’aucune mauvaise intention.
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L’amour-propre qui le fait se préférer au CHRIST, cet homme le justifiera encore par le raisonnement suivant :
 
«Le CHRIST, en prêchant et en manifestant dans sa vie le bien moral, a été le réformateur de l’humanité ; mais je suis destiné à être le bienfaiteur de cette humanité, réformée en partie, en partie incorrigible. Je donnerai à tous les hommes tout ce qui leur est nécessaire. Le CHRIST, comme moraliste, a divisé les hommes d’après le bien et d’après le mal. Moi, je les unirai par les bienfaits, qui sont également nécessaires aux bons et aux méchants. Je serai le véritable représentant de ce DIEU qui fait luire son soleil sur les bons et sur les méchants et qui donne la pluie aux hommes justes et aux hommes injustes. Le CHRIST a apporté le glaive ; moi, j’apporterai la paix. Il a menacé la terre du terrible jugement dernier. Eh bien, le dernier juge, ce sera moi ; et mon jugement sera non pas celui de la justice seulement, mais aussi celui de la bonté. La justice sera dans mon jugement ; non pas la justice rémunératrice, mais la justice distributive. Je les distinguerai tous les uns des autres ; et à chacun je donnerai ce qui lui est nécessaire»
 
Et, dans cette magnifique disposition, il attend que DIEU l’appelle clairement au nouveau salut de l’humanité ; qu’un témoignage visible et frappant le déclare le fils aîné, le premier né, chéri de DIEU. Il attend ; et il nourrit son amour-propre de la conscience de ses mérites et de ses dons surhumains. Il est donc, selon la formule, l’homme d’une moralité sans reproche et d’un génie extraordinaire.
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Ce juste orgueilleux attend la sanction suprême pour entreprendre son œuvre qui doit sauver l’humanité – et il se lasse d’attendre. Déjà, il a passé l’âge de trente ans, et trois années s’écoulent encore. Dans son esprit s’éveille une pensée qui, jusqu’à la moelle des os, l’emplit d’un frisson de fièvre :
 .
«Mais si ?... Si ce n’était pas moi ?... Si c’était l’autre ?... le Galiléen ?... S’il n’était pas mon précurseur, mais le véritable, premier et dernier ? Mais, alors, il serait vivant... Où donc est-Il ?... Et s’il venait vers moi ?... tout de suite, ici ?... Que Lui dirais-je ? Je devrais donc m’incliner devant Lui comme le dernier et inepte chrétien, et, comme le paysan russe, marmotter stupidement : Seigneur JÉSUS-CHRIST, pardonne-moi, qui suis pécheur, – ou, comme une Polonaise, m’aplatir les bras en Croix ? Moi, qui suis un brillant génie, le sur-homme. Non, jamais !»
 
Et alors, à la place de l’ancien, raisonnable et froid respect pour DIEU et pour le CHRIST, s’engendre et grandit dans son cœur d’abord une espèce d’épouvante ; ensuite, l’envie brûlante qui oppresse et qui contracte tout son être ; puis, la haine furieuse s’empare de son esprit :
 
«C’est moi, moi, et non pas Lui ! Il n’est point parmi les vivants et n’y sera pas. Il n’est pas ressuscité, il n’est pas ressuscité, il n’est pas ressuscité ! Il a pourri, il a pourri dans le tombeau, il a pourri comme la dernière...»
 
En bonds convulsifs, la bouche écumante, il s’enfuit de sa maison et de son jardin et, à travers la nuit noire et épaisse, il court dans un sentier rocailleux. Sa fureur se dissipe, remplacée par un désespoir sec et pesant comme ces rochers, sombre comme cette nuit. Il s’arrête devant un précipice creusé à pic et, de loin, il entend le bruit confus d’un torrent qui court en bas, sur les pierres. Une angoisse intolérable oppresse son cœur. Tout à coup, un mouvement se produit en lui.
 
«L’appellerai-je, pour Lui demander ce que je dois faire ?»
 
Et dans l’ombre apparaît une figure douce et triste.
 
«Il a pitié de moi... Non, jamais ! Il n’est pas ressuscité. Il n’est pas ressuscité»
 
Et il s’élance du côté opposé au précipice. Mais quelque chose d’élastique comme une colonne d’eau le retient suspendu. Il est secoué par la commotion d’une espèce de choc électrique ; et une force inconnue le rejette en arrière. Il perd un instant connaissance et se réveille à genoux, séparé du précipice par quelques pas seulement.
 .
Devant lui se dessinait, éclairée d’un nébuleux rayonnement phosphorescent, une figure dont les deux yeux lui remplissaient l’âme d’une lumière subtile qu’il ne pouvait supporter.
 .
Il voit ces deux yeux perçants ; et, sans pouvoir deviner si elle vient de lui-même ou du dehors, il entend une voix étrange, étouffée, ou plutôt contenue et nette en même temps, métallique et sans âme, analogue à la voix du phonographe. Et cette voix lui dit :
 
«Mon fils bien-aimé, tu as toute mon affection. Pourquoi n’as-tu pas recouru à moi ? Pourquoi as-tu honoré l’autre, le mauvais, et son père ? Je suis Dieu et ton père. Mais ce mendiant, le crucifié, est étranger à moi et à toi. Je n’ai pas d’autre fils que toi. Tu es unique, seul engendré, pareil à moi. Je t’aime et je ne réclame rien de toi. Ainsi, tu es beau, grand, puissant. Fais ton œuvre en ton nom et non pas au mien. Je n’éprouve pas l’envie à ton égard. Je t’aime. Rien de toi ne m’est nécessaire. L’autre, Celui que tu considérais comme DIEU, a exigé de Son fils l’obéissance et une obéissance illimitée, jusqu’à la mort sur la croix ; et Il ne l’a pas secouru sur la Croix. Je t’aiderai sans rien te demander en retour. Par amour pour toi, pour ton propre mérite et pour ton excellence propre et par amour pur et désintéressé envers toi, je t’aiderai. Reçois mon esprit. De même qu’auparavant mon esprit t’a engendré dans la beauté, maintenant il t’engendre dans la force»
 
À ces paroles de l’inconnu, les lèvres du sur-homme se sont involontairement entr’ouvertes, les deux yeux perçants se sont approchés tout près de son visage, et il a senti comme si un flot mordant et glacé entrait en lui et remplissait tout son être. En même temps, il s’est senti animé d’une force, d’un courage, d’une agilité, d’un enthousiasme qu’il ne connaissait pas.
 .
Et, tout de suite, subitement, la figure lumineuse et les deux yeux ont disparu, quelque chose ayant enlevé le sur-homme au-dessus de la terre et l’ayant descendu immédiatement dans son jardin, à la porte de sa maison.
 .
Le lendemain, non, seulement les visiteurs mais aussi les domestiques du grand homme furent surpris de son aspect particulier, en quelque sorte inspiré. Ils auraient été plus surpris encore s’ils avaient pu le voir, enfermé dans son cabinet, écrivant avec une rapidité et une aisance surnaturelles son célèbre ouvrage intitulé : «LA VOIE OUVERTE À LA PAIX ET À LA PROSPÉRITÉ UNIVERSELLES»
 .
Les livres précédents et l’action sociale du sur-homme avaient rencontré une critique sévère, quoique faite par des gens en grande majorité spécialement religieux et, pour ce motif, dépourvus de toute influence. (N’oublions pas que le temps dont je parle est celui de l’avènement de l’ANTÉCHRIST) Aussi avait-on peu écouté ces critiques qui montraient dans tous les ouvrages et dans tous les discours de «l’homme qui vient» les signes de l’amour-propre et de la présomption intenses, absolument exceptionnels, en l’absence de vraie simplicité, de droiture et de cordialité véritables.
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Mais son nouvel ouvrage séduisit même un certain nombre des gens qui précédemment avaient fait preuve d’hostilité. Écrit après l’aventure du précipice, il témoigne d’une puissance géniale entièrement nouvelle. C’est quelque chose comme l’assemblage et l’accord de toutes les contradictions. Là s’unissent le noble respect pour les symboles et pour les traditions antiques avec un large et audacieux radicalisme d’aspirations et d’exigences politiques et sociales ; une liberté de pensée sans limites avec la plus profonde compréhension de toute la mystique ; l’individualisme absolu avec un ardent dévouement au bien général ; le plus haut idéalisme en fait de principes directeurs avec la complète précision et la pleine vitalité des solutions pratiques.
 .
L’art génial qui unit et qui lie toutes ces choses est si grand que tous les penseurs et tous les hommes d’action de catégorie diverse peuvent apercevoir et admettre l’ensemble sous leur angle particulier, sans avoir rien à sacrifier de la vérité elle-même, sans s’élever pour elle effectivement au-dessus de leur moi, sans répudier en fait leur exclusivisme, sans rien corriger de leurs erreurs d’opinion ou de tendance, et sans combler de lacunes.
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Tout de suite, ce livre étonnant est traduit dans les langues de toutes les nations civilisées et même de plusieurs peuples sans culture. Durant une année entière, dans toutes les parties du monde, mille journaux sont remplis par la réclame des éditeurs et par l’enthousiasme des critiques. Des éditions à bon marché, munies de portraits de l’auteur, se répandent par millions d’exemplaires. Tout le monde civilisé – c’est-à-dire alors le globe terrestre presque tout entier – chante la gloire de l’homme incomparable, grand, unique. Personne ne répond à ce livre.
 .
Il semble universellement être la révélation de la vérité intégrale. Là, tout le passé est traité avec tant de justice, tout le présent apprécié avec tant d’impartialité et de largeur, et le meilleur avenir rapproché du présent d’une manière si visible et si palpable, que chacun dit :
 
«Voilà vraiment ce qu’il nous faut ; voilà un idéal qui n’est pas une utopie ; voilà un projet qui n’est pas une chimère»
 
Et le merveilleux écrivain non seulement entraîne tout le monde, mais chacun le trouve agréable ; et, de la sorte, s’accomplit la parole du CHRIST :
 .
«Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne m’accueillez pas ; un autre viendra en son propre nom et celui-là vous l’accueillerez»
 .
C’est que, pour être accueilli, il faut être agréable.
 .
Cependant, quelques hommes pieux, tout en louant beaucoup ce livre, demandent pourquoi le CHRIST n’y est pas une seule fois mentionné. À cela d’autres chrétiens répondent :
 
«DIEU en soit loué ! Dans les siècles écoulés, toutes les choses saintes ont bien été suffisamment froissées et salies par les zélateurs sans mission. Désormais, l’écrivain profondément religieux doit être très circonspect. Et dès que le contenu du livre est pénétré du véritable esprit chrétien de l’amour actif et de l’universelle bienveillance, que vous faut-il de plus ?»
 
Cette réponse met tout le monde d’accord.
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https://lh3.googleusercontent.com/Qv43id1-hSdG6aZGtDTrzj1XWd06FJVN8mEb8wdQfj13nyQCFai42dOeAzLk4u2Q71TNYaE2LzRGWs4pVFpqd3enjLPh4acN1Irw5noKGWL1xMMs6FcxPx2F-TaWvk3fBENtHYMdppAArDhwIifjomjF5vQARjSn7-xpgK6YwhWt9bbxWKBHQqzZZggpTs3eeNiOfsKyOwrt4RGBfT__qVhOlkuBg6Mh2P6p5eFjchmvnQ9dW2bmPnZIkA576pD6M-bqCJ82_piWhBMdxfFYFfC9VZSDX7-hARQf1n4mV0AyljTrEsOu-VgwKIYkl72mIHH8BHMXxKJo01cbfYM3YRE4ktbo3orpNhAE8nuxzT3Cv_3oIhrRTN9CSknzApyOKbJXGp3EV50Y_PgsRLB6OpgdJJcfWWyCiPs78PBwyQzLdRY8bD2Z6YeEUdC0mCxsJcqafqWjOkxw4Ei8pE_DZCLA-QYBBSZyIj6M4zFyuViPpG3Az1iuVX_5ED2R6KGsN6iASaU-2eY6J-JZOBTBneJti8_duR5YRh8m3L0RmGhs0ctfeT1XhLb20i1UU36ydG3Tww=w84-h57-no Peu de temps après la publication du «CHEMIN OUVERT», qui rendit son auteur le plus populaire des hommes dans l’histoire du monde, devait se tenir à Berlin L’ASSEMBLÉE 
INTERNATIONALE CONSTITUANTE DE L’UNION DES ÉTATS EUROPÉENS.
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https://lh3.googleusercontent.com/_MTn6h5zH4J5AX9Db4N9aakY1dv0VnXbYeWXGv0FYh5DBYSrOL3kRP3s3Ub-UM2qLwEtg0fO-5t72rXu3Tahq9jtx5Ofox9tWRoTRew7mRz7YIYjNemJhqSCOb7GyU0UfSJnEABRhevJoOen9nXht6Ge3nWPJm_YOhM5ORbr7LfxoYcLhx2dle1Y1lA2WSm5EH--MNK3WIF0daGJdQQcIvErKCle4l84RRaoQ0u8F-us45vhuztoMEmZBgP2wVVFS75W1yxFMvD9T2OwLkZ8nmJF077X1esGJJWrEDQpxLeEFcLgEboPrc03AOTkfuPPAj7YQkvm7BnH5_LvRnCccAQSlZ6mFlf9jHzk1Ho9YgexDn9SRB7ToG3o3FJOLxAloDRUxz0u2azTWGtDxiv_HwcYNe2GpHrMJBtnCnJhn-F_Pv82HpBsLiWednjHnbBZBWCLUqI0hVol5BnhgfMy6yt20sOwTNHqIaYTiwMGFcjoT4edCikebrmWNsPlarquGI_zgGtNlpr-xdpHFN63NZfnyUbhFL4DrgQ5e0m_uNtp2J7rDXiw7QCOXJUZOWhGON-AxA=w205-h206-no
Établie après une série de guerres extérieures et intérieures, qui se rapportaient à la délivrance du joug mongol et qui avaient modifié considérablement la carte de l’EUROPE, cette Union se trouvait exposée au danger d’un conflit – non plus alors entre les nations mais entre les partis politiques et sociaux. Les directeurs de la politique générale européenne, qui appartenaient à la puissante confrérie des FRANCS-MAÇONS,
discernaient la nécessité d’une autorité générale exécutive.
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Réalisée au prix de tant d’efforts, l’Union européenne risquait continuellement de se dissoudre.
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Dans le CONSEIL DE L'UNION, ou TRIBUNAL UNIVERSEL (Comité permanent universel) l’unité faisait défaut ; car les vrais MAÇONS consacrés à l’œuvre n’avaient pu s’emparer de toutes les places. Dans le sein du Comité, les membres indépendants formaient entre eux des ententes séparées ; et une guerre était en perspective.
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C’est pourquoi les affiliés décidèrent de confier le pouvoir exécutif à une seule personne, munie de la pleine autorité nécessaire.
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Le principal candidat membre secret de l’Ordre, était «L’HOMME QUI VIENT». Il était l’unique personnalité qui possédât la grande réputation universelle. On l’avait connu d’abord savant officier d’artillerie ; puis il était devenu un riche capitaliste ; ce qui lui avait permis de nouer partout des relations amicales avec des gens de la finance et de l’armée.
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En d’autres temps moins civilisés, on lui aurait reproché une origine couverte d’un épais nuage d’incertitude. Sa mère, personne de mœurs faciles, était bien connue dans les deux hémisphères ; mais beaucoup d’hommes de catégories différentes avaient des droits égaux à le considérer comme leur fils. Naturellement, ces circonstances ne pouvaient lui nuire d’aucune façon dans un siècle assez avancé pour se dénommer lui-même le dernier siècle. Par la presque unanimité des suffrages, «L’HOMME QUI VIENT» fut ÉLU PRÉSIDENT À VIE DES ÉTATS-UNIS D’EUROPE.
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Lorsque, dans tout l’éclat surhumain de sa jeune beauté et de sa puissance, il parut à la tribune et, avec une éloquence inspirée, présenta son programme universel, l’assemblée, séduite et transportée, décida, dans un élan d’enthousiasme spontané, de lui conférer l’honneur suprême : LE TITRE D’EMPEREUR ROMAIN. Le Congrès fut clôturé au milieu de l’allégresse générale ; et le grand élu publia un manifeste qui commençait par ces mots :
 
«Peuples de la terre ! Je vous donne ma paix !»
 
et qui se terminait ainsi :
 
«Peuples de la terre ! Les promesses se sont accomplies ! La paix universelle et éternelle est assurée. Toute tentative pour la troubler rencontrera aussitôt une résistance invincible. Car, désormais, il y a sur la terre une autorité centrale plus forte que toutes les autres autorités, soit séparées, soit prises ensemble. Cette puissance que rien ne peut vaincre et qui domine tout m’appartient à moi, l’élu, le plénipotentiaire de l’EUROPE, l’Empereur de toutes ses forces. Le droit international possède maintenant la sanction qui jusqu’ici lui manquait. Désormais, aucun État ne se permettra de dire : «La guerre !», quand je dirai «La paix ! – Peuples du monde, à vous la paix !»
 
Ce manifeste produisit l’effet désiré. Partout, hors de l’EUROPE, et principalement en AMÉRIQUE, se formèrent de puissants partis impérialistes, qui contraignirent leurs gouvernements de faire alliance, de diverses manières, avec les ÉTATS-UNIS D’EUROPE, sous l’autorité suprême de L’EMPEREUR ROMAIN.
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Çà et là, en ASIE et en AFRIQUE, il y avait encore des peuples et des monarques indépendants. Avec une armée peu nombreuse, mais une armée d’élite, formée de contingents russes, allemands, polonais, hongrois et turcs, l’empereur exécute une promenade militaire, depuis l’ASIE orientale jusqu’au MAROC ; et, sans grande effusion de sang, impose son autorité à tous ces insoumis.
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Dans toutes les contrées des deux parties du monde, il institue ses vice-rois, choisis parmi les grands indigènes qui lui sont dévoués et qui ont reçu la culture de l’EUROPE.
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Dans tous les pays païens, la population, impressionnée et séduite, fait de lui une divinité supérieure. UN AN SUFFIT POUR FONDER LA MONARCHIE UNIVERSELLE, dans le sens exact et propre du mot. Les prétextes de guerre sont arrachés jusqu’à la racine.
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La LIGUE UNIVERSELLE DE LA PAIX se réunit pour la dernière fois, prononce l’enthousiaste panégyrique du fondateur de la paix, et puis se dissout, n’ayant plus sa raison d’être. Dans la deuxième année de son gouvernement, L’EMPEREUR ROMAIN UNIVERSEL publie un nouveau manifeste :
 
«Peuples de la terre ! La paix que je vous avais promise, je vous l’ai donnée. Mais c’est seulement par la prospérité qu’elle est belle. Celui qui, dans la paix, est menacé par les calamités de la détresse n’a qu’une paix sans joie. Venez donc maintenant à moi vous tous qui avez faim et qui avez froid, afin que je vous rassasie et que je vous réchauffe»
 
Alors, il annonce la simple et complète réforme sociale, celle qu’il avait déjà indiquée dans son livre et qui, d’avance, avait conquis tous les esprits élevés et mesurés. Grâce à la concentration entre ses mains des finances universelles et d’énormes richesses territoriales, il peut accomplir cette, réforme : contenter les pauvres sans nuire sensiblement aux riches. Chacun alors commença de recevoir selon ses facultés ; et chaque faculté selon le travail et les services.
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Le nouveau maître de la terre était surtout un philanthrope compatissant, et non seulement l’ami des hommes, mais aussi l’ami des bêtes. Végétarien personnellement, il interdit la vivisection et soumit les abattoirs à une surveillance sévère ; les sociétés protectrices des animaux furent par lui encouragées de toute façon. La plus importante de ses œuvres fut la solide organisation, dans toute l’humanité, de l’égalité essentielle par excellence : l’égalité du rassasiement général. LA SECONDE ANNÉE DE SON RÈGNE vit se réaliser cette réforme. La question sociale économique fut définitivement résolue.
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Mais si le rassasiement est le premier désir des affamés, ce désir, une fois satisfait, fait place à un autre. Les animaux eux-mêmes, quand ils sont repus, veulent d’ordinaire non seulement dormir, mais encore jouer. D’autant plus l’humanité, qui, toujours, post panem, a réclamé circenses.
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L’EMPEREUR SUR-HOMME comprend ce qu’il faut à ses peuples. Précisément, pendant qu’il se trouve à ROME, il voit venir vers lui un grand faiseur de miracles, arrivé de l’EXTRÊME-ORIENT et enveloppé d’un épais nuage d’étranges aventures et de récits bizarres. Celui-ci, d’après les rumeurs entretenues parmi les néo-bouddhistes, avait une origine divine : il était le fils du dieu du soleil, SOURYA, et de quelque nymphe d’un fleuve.
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LE FAISEUR DE MIRACLES S’APPELAIT APOLLONIUS. C’était incontestablement un homme de génie. Il était moitié Asiatique, moitié Européen, évêque catholique in partibus infidelium. En lui s’unissaient merveilleusement la possession des conclusions les plus récentes et des applications techniques de la science occidentale, et la connaissance théorique et pratique de tout ce qui est vraiment solide et important dans le mysticisme traditionnel oriental. Extraordinaires, les résultats d’une telle combinaison.
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Parmi eux se trouve même l’art, demi-scientifique, demi-magique, d’attirer et de conduire à sa guise l’électricité de l’atmosphère ; et dans la foule on dit qu’il fait descendre le feu du ciel. D’ailleurs, frappant l’imagination populaire par divers prodiges inouïs, il n’abuse pas encore de sa puissance dans des intentions particulières.
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Donc, cet homme vient vers le grand empereur, le salue en lui donnant le titre de véritable FILS DE DIEU, lui déclare avoir vu dans les livres secrets de l’Orient des prédictions qui le désignent directement en qualité d’EMPEREUR, DE DERNIER SAUVEUR QUI JUGERA L’UNIVERS ; enfin, il met à son service sa personne et tout son art. Ravi, l’empereur l’accueille comme un présent d’en haut, lui confère des titres somptueux et fait de lui son compagnon de chaque moment. De la sorte, les peuples de la terre, comblés de bienfaits par leur maître, obtiennent encore, outre la paix universelle et le plein rassasiement, la possibilité de jouir constamment de merveilles et d’apparitions les plus variées et les plus surprenantes. AINSI SE TERMINE LA TROISIÈME ANNÉE DU RÈGNE DU SUR-HOMME.
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Après l’heureuse solution du problème politique et social se présentait la question religieuse.
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L’empereur la posa lui-même, l’envisageant avant tout dans ses rapports avec le christianisme.
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Voici quelle était à cette époque la situation du christianisme :
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Malgré une très grande diminution du nombre des fidèles – alors, sur toute la terre, il ne restait pas plus de 45 millions de chrétiens –, elle s’était élevée et étendue moralement, et elle avait gagné en qualité ce qu’elle avait perdu en nombre. On ne voyait plus guère de chrétiens pour qui le christianisme fût sans intérêt spirituel. Les diverses confessions religieuses avaient, au point de vue du nombre de leurs fidèles, subi un amoindrissement analogue ; de sorte qu’à cet égard subsistait entre elles la même proportion qu’autrefois. Quant à leurs sentiments réciproques, si la haine n’avait pas été remplacée par une parfaite concorde, elle s’était cependant assez adoucie ; et les oppositions perdaient leur ancienne aigreur.
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LA PAPAUTÉ avait depuis longtemps été expulsée de ROME ; et, après avoir été réduite à vagabonder pendant une longue période, elle avait trouvé un asile à PÉTERSBOURG, sous la condition de ne point faire de propagande dans cette ville ni dans l’intérieur du pays.
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En RUSSIE, la Papauté s’était notablement simplifiée. Sans modifier essentiellement ses collèges et son administration, elle avait dû spiritualiser leur caractère et leur rôle, et aussi réduire à l’extrême minimum la pompe de ses rites et de ses cérémonies. Beaucoup de coutumes étranges et scandaleuses, qui n’avaient pas été abolies formellement, disparurent d’elles–mêmes. Dans tous les autres pays, principalement dans l’AMÉRIQUE DU NORD, la hiérarchie catholique était encore très souvent représentée par des hommes qui possédaient une volonté forte, nue infatigable énergie et une situation indépendante ; encore plus fortement qu’autrefois ils resserraient l’unité de l’Église Catholique et lui conservaient son caractère international cosmopolite.
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LE PROTESTANTISME, à la tête duquel l’ALLEMAGNE continuait de se tenir, surtout depuis qu’une importante partie de l’Église Anglicane s’était réunie à l’Église Catholique – le protestantisme s’était débarrassé de ses extrêmes tendances négatrices, dont les représentants avaient ouvertement passé à l’indifférentisme religieux et à l’incrédulité.
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Dans L’ÉGLISE ÉVANGÉLIQUE il ne restait que des croyants sincères, au premier rang desquels figuraient des hommes d’une large culture et d’une profonde religiosité, de plus en plus désireux de reproduire en eux-mêmes le vivant modèle du christianisme primitif.
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L’ORTHODOXIE RUSSE, ayant vu la situation officielle de l’Église changée par les événements politiques, avait perdu des millions et des millions de ses prétendus fidèles qui ne lui appartenaient que de nom ; mais, en revanche, elle goûtait la joie d’être unie à la meilleure partie des Vieux-Croyants et même à beaucoup de sectes animées d’un esprit religieux positif.
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Sans grandir en nombre, cette Église rénovée développait sa force spirituelle, qu’elle manifestait surtout dans sa lutte intérieure avec les sectes extrêmes multipliées parmi le peuple et parmi la société, et non exemptes d’un élément démoniaque et satanique.
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Pendant les deux premières années de la nouvelle domination, tous les chrétiens, à la fois effrayés et fatigués par les révolutions et par les guerres précédentes, témoignaient envers le nouveau souverain et envers ses pacifiques réformes, tantôt une réserve bienveillante, tantôt une sympathie résolue ou même un vif enthousiasme.
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Mais la troisième année, à l’apparition du grand mage, beaucoup de pravoslaves, de catholiques et de protestants commencèrent à éprouver de la crainte et de l’antipathie.
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On se mit à lire plus attentivement et à commenter avec animation les textes évangéliques et apostoliques qui parlent du Prince de ce monde et de l’ANTÉCHRIST.
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Prévoyant, à certains symptômes, qu’un orage se préparait, l’empereur décida de prendre les devants pour le détourner.
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Dès le COMMENCEMENT DE LA QUATRIÈME ANNÉE DE SON RÈGNE, il publia un manifeste adressé aux chrétiens fidèles de toute confession, les invitant à élire ou à désigner des représentants avec pleins pouvoirs, en vue d’un concile œcuménique qu’il présiderait.
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La résidence de l’empereur avait été transférée de ROME à JÉRUSALEM.
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Alors, la PALESTINE était une province autonome, principalement habitée et administrée par des juifs. JÉRUSALEM était devenue ville libre, puis ville impériale. On avait respecté les sanctuaires chrétiens ; mais, depuis BIRKET-ISRAÏN et la caserne actuelle, d’une part, jusqu’aux «écuries de SALOMON» d’autre part, c’est-à-dire sur toute l’étendue de la grande plate-forme de KHARAM-ECH-CHERIF, s’élevait un énorme édifice, qui contenait, outre les deux petites anciennes mosquées, le vaste «TEMPLE» impérial destiné à la réunion de tous les cultes, deux magnifiques palais impériaux avec des bibliothèques et des musées, et aussi des locaux spéciaux pour les expériences et pour les exercices magiques.
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C’est dans cet édifice, moitié temple, moitié palais, que devait, À LA DATE DU 14 SEPTEMBRE, S’OUVRIR LE CONCILE ŒCUMÉNIQUE.
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Comme la CONFESSION ÉVANGÉLIQUE n’a pas, à proprement parler, de clergé, les prélats catholiques et les prélats orthodoxes, pour donner une certaine homogénéité à la représentation de toutes les catégories du christianisme, et selon le désir de l’empereur, décidèrent de laisser participer au concile un certain nombre de laïques, connus par leur piété et par leur dévouement aux intérêts religieux.
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Les laïques étant admis, on ne pouvait pas exclure le bas clergé, régulier ou séculier. En conséquence, le nombre des membres du concile dépassa trois mille ; environ un demi-million de pèlerins envahirent JÉRUSALEM et toute la PALESTINE.
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Parmi les membres du concile, trois surtout étaient en évidence. D’abord, LE PAPE PIERRE II, chef de droit de la fraction catholique. Son prédécesseur était mort en se rendant au concile ; et le conclave, réuni à DAMAS, avait, d’une voix unanime, élu le cardinal SIMONE BARIONINI, qui avait pris le nom de PIERRE. Né dans une pauvre famille de la région de NAPLES, il appartenait à l’ordre des CARMES et avait acquis de la réputation comme prédicateur ; de même par de très importants services dans la lutte contre une secte satanique qui faisait des progrès à PÉTERSBOURG et dans les environs et qui séduisait non seulement des orthodoxes mais aussi des catholiques. Devenu archevêque de MOHILEV, puis cardinal, il se trouvait d’avance désigné pour la tiare. C’était un homme de cinquante ans, de taille moyenne et de constitution robuste, au teint ronge, au nez busqué, aux épais sourcils. D’un tempérament ardent et impétueux, il parlait avec chaleur en faisant des gestes larges et entraînait son auditoire plus qu’il ne le persuadait.
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Le nouveau PAPE témoignait de la défiance et de l’antipathie envers le maître universel, surtout depuis que celui-ci avait, par ses instances, obtenu du pape précédent, en route pour le concile, l’élévation au cardinalat de l’exotique évêque APOLLONIUS, DEVENU CHANCELIER IMPÉRIAL et grand mage universel.
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PIERRE considérait APOLLONIUS comme un catholique douteux et comme un indubitable imposteur.
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LE CHEF DES PRAVOSLAVES, dépourvu de titre officiel, mais chef de fait, était le MOINE JEAN, très célèbre parmi le peuple russe.
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Quoiqu’il fût officiellement évêque «retraité», il n’habitait aucun monastère et circulait constamment, dans toutes les directions. Il y avait sur lui diverses légendes. Certains assuraient qu’il était FÉDOR KOUZMITCH RESSUSCITÉ, c’est-à-dire l’empereur ALEXANDRE IER, né environ trois siècles auparavant.
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D’autres allaient plus loin, affirmant qu’il était le véritable JEAN, c’est-à-dire L’APÔTRE JEAN le Théologien, qui n’était pas mort et qui s’était manifesté dans les derniers temps. Lui-même ne disait rien de son origine ni de sa jeunesse.
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C’était maintenant un homme très âgé, encore robuste, avec la chevelure bouclée et la barbe jaunâtres et même verdâtres, de haute taille, au corps maigre mais avec des joues pleines et légèrement rosées, l’oeil vif et brillant, une bonne physionomie et un langage qui respiraient l’onction. Toujours, il portait une soutane blanche et un manteau blanc.
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À LA TÊTE DE LA FRACTION ÉVANGÉLIQUE du concile se trouvait le savant théologien allemand, PROFESSEUR ERNST PAULI.
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C’était un petit vieillard sec, au front énorme, au nez pointu, au menton rasé et lisse. Ses yeux avaient un singulier caractère de bonhomie violente. À chaque instant, il se frottait les mains, secouait la tète, fronçait les sourcils d’une manière terrible, projetait les lèvres en avant ; et puis, les yeux étincelants, il proférait d’une voix morne des sons entrecoupés : so ! nun ! ja ! so also ! Il portait la tenue solennelle : cravate blanche et longue redingote pastorale avec plusieurs décorations.
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Impressionnante fut l’OUVERTURE DU CONCILE. Dans les deux tiers de l’énorme temple consacré «À L’UNION DE TOUS LES CULTES» étaient placés des bancs et d’autres sièges, pour les membres du concile. Dans l’autre tiers se dressait une haute estrade, sur laquelle, derrière LE TRÔNE DE L’EMPEREUR et celui, un peu moins élevé, du GRAND MAGE CARDINAL, impérial chancelier, s’étendaient des rangées de fauteuils réservés aux ministres, aux personnages de la cour, aux secrétaires d’État ; sur les côtés, de plus longues rangées de fauteuils, dont on ignorait la destination.
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Des orchestres étaient disposés dans les tribunes. Deux régiments de la garde se tenaient sur la place voisine ; ainsi qu’une batterie, pour les salves solennelles. Dans les églises diverses, des cérémonies religieuses avaient été célébrées par les membres du concile, dont l’ouverture devait avoir un caractère entièrement laïque. Quand L’EMPEREUR fit son entrée, accompagné du GRAND MAGE et de sa suite, l’orchestre se mit à jouer la «MARCHE DE L’HUMANITÉ UNIE» qui servait d’hymne impérial et international ; et les membres du concile, agitant leurs chapeaux, crièrent à trois reprises, à pleine voix : «Vivat ! Hourra ! hoch !»
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Debout près du trône et les bras étendus avec une affabilité majestueuse, L’EMPEREUR, d’une voix sonore et agréable, prononça les paroles suivantes :
 
«Chrétiens de toutes les croyances ! Mes sujets et mes frères bien-aimés ! Dès le début de mon règne, que l’Être suprême a béni par des œuvres si merveilleuses et si glorieuses, je n’ai pas eu une seule occasion de me plaindre de vous.
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Toujours, vous avez rempli votre devoir selon votre foi et selon votre conscience. Mais cela ne me suffit pas. L’amour sincère que je ressens pour vous, frères bien-aimés, a soif d’être payé de retour. Je veux que, non point par esprit de devoir, mais par l’effet de l’amour venant du cœur, vous me reconnaissiez pour votre chef, en tout ce qui est entrepris au profit du genre humain. Aussi, outre ce que je fais dans l’intérêt de tous, je voudrais vous témoigner des bontés particulières. Chrétiens, comment pourrais-je vous rendre heureux ? Que dois-je vous donner, non comme à mes sujets, mais comme à mes coreligionnaires, à mes frères ? Chrétiens !
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Dites- moi ce qui vous est le plus cher dans le christianisme, afin que je puisse diriger mes efforts de ce côté»
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Alors, il s’arrêta et attendit. Dans le TEMPLE flottait un murmure étouffé. Entre eux, les membres du concile se parlaient à voix basse.
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LE PAPE PIERRE, gesticulant avec ardeur, expliquait quelque chose à ceux qui l’entouraient. Le professeur PAULI agitait la tête et faisait claquer ses lèvres avec acharnement.
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LE PÈRE JEAN incliné vers un évêque et vers un capucin d’Orient, leur adressait doucement quelque suggestion.
 
Après avoir un peu attendu, L’EMPEREUR, DE NOUVEAU, HARANGUA LE CONCILE, toujours sur un ton caressant, où vibrait une note d’ironie à peine perceptible. Il dit :
 
«Chers chrétiens. Je comprends combien il vous est difficile de me répondre d’une manière directe. Je veux vous y aider.
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Vous êtes, malheureusement, de date immémoriale, émiettés en sectes et en partis divers, de telle sorte que, peut-être, il n’y a point parmi vous un seul objet d’inclination qui vous soit commun.
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Mais si vous ne pouvez vous accorder entre vous, j’espère mettre d’accord tous vos partis en leur montrant à tous le même amour et la même disposition à satisfaire la vraie tendance de chacun.
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Chers chrétiens ! Je sais que beaucoup d’entre vous, et non les moindres, apprécient surtout dans le christianisme l’autorité spirituelle qu’il donne à ses représentants légitimes. Il la leur donne, non pas pour leur propre avantage, mais, assurément, pour l’intérêt général, puisque cette autorité est le fondement de l’ordre spirituel régulier et de la discipline morale nécessaire à tous.
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CHERS FRÈRES CATHOLIQUES ! Oh ! comme je comprends votre manière de voir et comme je voudrais appuyer ma puissance sur l’autorité de votre chef spirituel ! Pour que vous ne pensiez point que ce sont là des flatteries et de vaincs paroles, nous déclarons solennellement notre autocratique volonté : désormais, l’évêque suprême de tous les catholiques, le pape romain, est replacé sur son siège à ROME, avec tous les anciens droits et les anciennes prérogatives de cette condition et de cette chaire, droits et prérogatives datant de toute époque et conférés par nos prédécesseurs, à commencer par CONSTANTIN LE GRAND. Et, en retour, chers frères catholiques, je demande seulement que, du fond de l’âme, vous me reconnaissiez comme votre défenseur et protecteur unique. Ceux qui, dans leur âme et conscience, me reconnaissent pour tel, je les invite à venir ici, près de moi»
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Et il désignait les places demeurées vides sur l’estrade. En poussant des exclamations joyeuses : Gratias agimus ! Domine ! salvum fac magnum imperatorem, presque tous les princes de l’Église catholique, cardinaux et évêques, la plupart des laïques croyants et plus de la moitié des moines montèrent sur l’estrade, où, après s’être humblement inclinés devant l’EMPEREUR, ils occupèrent les fauteuils qui leur étaient réservés.
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Mais, en bas, au milieu de l’assemblée, droit et immobile comme une statue de marbre, resta assis à sa place LE PAPE PIERRE II. Tous ceux qui l’entouraient auparavant se trouvaient maintenant sur l’estrade. Alors, la troupe clairsemée des moines et des laïques qui demeuraient en bas se rapprocha de lui, le plaçant dans un cercle serré d’où sortait cette rumeur contenue : Non praevalebunt, non praevalebunt portae inferni.
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Observant avec surprise LE PAPE immobile, L’EMPEREUR éleva de nouveau la voix :
 
«Chers frères ! Je sais qu’il y en a parmi vous pour qui les choses les plus précieuses du christianisme sont sa tradition sainte, les vieux symboles, les hymnes et les prières anciennes, les icônes, les cérémonies du culte. En effet, qu’est-ce qu’une âme religieuse peut avoir de plus cher ? Apprenez donc, bien-aimés, qu’aujourd’hui j’ai signé une ordonnance et fixé une riche dotation en faveur du musée universel d’archéologie chrétienne qui sera établi dans notre glorieuse ville impériale de CONSTANTINOPLE. Là seront rassemblés, étudiés et conservés tous les monuments de l’antiquité ecclésiastique, surtout ceux de l’Église orientale. Je demande que demain vous élisiez, pris parmi vous, un comité chargé d’examiner avec moi les mesures qui doivent être appliquées pour rapprocher, autant que possible, les mœurs et les habitudes de la vie actuelle et la tradition et les institutions de la sainte Église orthodoxe !
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FRÈRES ORTHODOXES ! Que ceux qui ont dans le cœur cette volonté qui est la mienne, que ceux qui, au fond du cœur, peuvent m’appeler leur véritable chef et maître, qu’ils montent ici»
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Et la plus grande partie des hiérarques de l’Orient et du Nord, la moitié des anciens vieux-croyants, plus de la moitié des prêtres, des moines et des laïques orthodoxes montèrent sur l’estrade avec des cris joyeux, en regardant à la dérobée les catholiques qui se montraient fiers de siéger là.
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Mais LE PÈRE JEAN, sans faire un mouvement, soupira tout haut.
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Quand la foule qui l’entourait se fut considérablement éclaircie, il quitta son banc et alla s’asseoir près du PAPE PIERRE et de son cercle.
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Derrière lui se groupèrent les autres orthodoxes qui n’étaient pas montés sur l’estrade. – L’EMPEREUR prit de nouveau la parole :
 
«Chrétiens bien-aimés, j’en connais parmi vous qui, dans le christianisme, aiment par-dessus tout l’assurance personnelle en fait de vérité, et la libre recherche à l’égard de l’Écriture. Ce que je pense de cela, je n’ai pas besoin de vous l’exposer, puisque, comme vous le savez peut-être, j’ai, dès ma première jeunesse, composé sur la critique biblique un grand ouvrage qui a fait un certain bruit et qui a posé le fondement de ma réputation. C’est vraisemblablement en souvenir de ce fait que l’Université de TÜBINGEN vient de me demander d’accepter son diplôme d’honneur de docteur en théologie. J’ai ordonné de répondre que j’acceptais avec satisfaction et avec gratitude. Et aujourd’hui, en même temps que ce musée d’archéologie chrétienne, j’ai établi un budget annuel d’un million et demi de marks pour l’entretien d’un institut universel destiné à la libre recherche de l’Écriture sainte, dans toutes ses parties et selon tous les points de vue, et aussi à l’étude de toutes les sciences auxiliaires. Ceux de vous qui, dans leur cœur, apprécient mes sincères dispositions et qui peuvent, en conscience, me reconnaître pour leur chef souverain, je les invite à prendre place près du nouveau docteur en théologie»
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Alors, un étrange sourire allongea légèrement les belles lèvres du grand homme. Plus de la moitié des savants théologiens s’avancèrent vers l’estrade, avec, toutefois, un peu de lenteur et d’hésitation.
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Tous regardaient LE PROFESSEUR PAULI, qui semblait enraciné à son siège. Il baissait profondément la tête, se repliant et se contractant.
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Les savants théologiens qui étaient montés sur l’estrade se sentirent envahis par la confusion. L’un d’eux, tout à coup, agita la main, sauta droit en bas à côté de l’escalier et, boitant un peu, courut rejoindre le PROFESSEUR PAULI et la minorité qui restait là. PAULI leva la tête, se mit debout d’un mouvement un peu incertain, puis se dirigea vers les bancs abandonnés et, suivi de ses coreligionnaires qui résistaient à l’empereur, vint s’asseoir près du PÈRE JEAN, près du pape PIERRE et de leurs fidèles.
 .
Sur l’estrade se trouvait la grande majorité du CONCILE, y comprise presque toute la hiérarchie de l’Orient et de l’Occident.
 .
En bas restaient seulement trois groupes de gens qui s’étaient rapprochés les uns des autres et qui se serraient autour du PÈRE JEAN, du PAPE PIERRE et du PROFESSEUR PAULI.
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D’une voix attristée, L’EMPEREUR leur adressa la parole :
 
«Que puis-je encore faire pour vous ? Hommes étranges ! Que voulez-vous de moi ? Je l’ignore. Chrétiens répudiés par la majorité de vos frères et de vos chefs, condamnés par le sentiment populaire, dites-moi vous-mêmes ce qui vous est le plus cher dans le christianisme ?»
 .
Alors, pareil à un cierge blanc, le PÈRE JEAN se dressa. Avec douceur, il répondit :
 
«Grand souverain ! Ce qui nous est le plus cher dans le christianisme, c’est le CHRIST lui-même. Il est Lui-même, et tout vient de Lui, car nous savons qu’en Lui réside corporellement la plénitude de la Divinité. De toi, maître, nous sommes prêts à accepter tout bienfait, pourvu que, dans ta main généreuse, nous reconnaissions la sainte main du CHRIST.
 .
À ta question : que peux-tu faire pour nous, voici notre réponse sincère :
 .
ici, maintenant, devant nous, confesse JÉSUS-CHRIST FILS DE DIEU, qui s’est incarné, qui est ressuscité, qui viendra de nouveau – confesse-Le, et nous t’accueillerons avec amour, comme le véritable précurseur de son second et glorieux avènement»
 
Il se tut et fixa ses yeux sur les yeux de L’EMPEREUR.
.
En celui-ci s’accomplissait quelque chose de mauvais. Au sein de son être s’élevait une tempête diabolique, comme celle qu’il avait subie dans la nuit fatale. Il perdait entièrement l’équilibre intérieur ; et toutes ses pensées se concentraient sur le désir de conserver les apparences de la possession de soi-même et de ne pas se dévoiler trop tôt. Il s’imposa des efforts surhumains pour se retenir de se jeter avec des cris sauvages sur l’homme qui venait de parler, et pour ne pas le déchirer à coups de dents.
 .
Soudain, il entendit la voix extra-terrestre qui lui était connue. Elle disait : «Tais-toi et ne crains rien» Il garda le silence. Mais son visage, où passait l’ombre de la mort, devint tout convulsé ; et de ses yeux jaillirent des étincelles.
 .
Pendant que retentissaient les paroles du PÈRE JEAN, le GRAND MAGE, qui siégeait, enveloppé tout entier dans son vaste manteau tricolore cachant la pourpre cardinalice, semblait occupé à quelque manipulation secrète ; ses yeux, dont les regards étaient concentrés, étincelaient, et ses lèvres remuaient.
.
Par les fenêtres ouvertes du TEMPLE, on voyait s’approcher un énorme nuage noir. Rapidement l’obscurité se répandit.
 
LE PÈRE JEAN, qui, de ses yeux étonnés et effrayés, n’avait pas quitté le visage de L’EMPEREUR muet, sursauta soudain d’épouvante et, se détournant, s’écria d’une voix étranglée :
 
«Enfants, c’est l’ANTÉCHRIST !»
 
Dans le TEMPLE éclata un formidable coup de foudre, accompagné d’un éclair circulaire qui enveloppa le vieillard. Pendant un instant, la stupeur fut complète. Quand les chrétiens sortirent de l’étourdissement, LE PÈRE JEAN gisait par terre, sans vie.
 .
L’EMPEREUR, blême mais demeurant calme, interpella le concile :
 
«Vous avez vu le jugement de DIEU. Je ne souhaitais la mort de personne ; mais mon PÈRE céleste venge son FILS bien-aimé. La question est résolue. Qui osera entrer en contestation avec le TRÈS-HAUT ? Secrétaires, écrivez :
 .
Le concile œcuménique de tous les chrétiens, après que le feu du ciel eut frappé un adversaire insensé de la majesté divine, unanimement reconnaît L’EMPEREUR ACTUEL DE ROME et de l’univers pour son chef et pour son maître suprême»
 
Soudain, un mot sonore et clair remplit le temple : 

«Contradicitur»
 
LE PAPE PIERRE IL EST debout et, tout tremblant de colère, le visage empourpré, il lève sa crosse dans la direction de L’EMPEREUR :
 
«Notre maître unique, c’est JÉSUS-CHRIST, FILS DU DIEU VIVANT. Et ce que tu es, toi – tu viens de l’entendre. Retire-toi de nous, CAÏN fratricide ! Arrière ! vase de Satan.
 .
Par l’autorité du CHRIST, moi, serviteur des serviteurs de DIEU, pour toujours je t’exclus de la cité divine, chien hideux, et je te livre à ton père SATAN. Anathème, anathème, anathème !»
 
Pendant que LE PAPE parlait, LE GRAND MAGE, avec inquiétude, s’agitait sous son manteau. Plus retentissante que le dernier anathème, la foudre éclata ; et LE DERNIER PAPE tomba par terre, inanimé.
 
«Ainsi, par les mains de mon PÈRE, périssent tous mes ennemis», dit L’EMPEREUR. «Pereant, pereant !» 

crièrent en tremblant les princes de l’Église.
 .
Il se retourna ensuite, lentement, appuyé sur l’épaule du grand mage et, suivi de la foule de ses fidèles, il sortit par la porte qui se trouvait derrière l’estrade.
 .
Il n’y avait plus dans le temple que les deux morts et un cercle étroit de gens à demi morts de crainte.
 .
Seul, LE PROFESSEUR PAULI restait maître de soi. L’horreur commune semblait stimuler toutes les forces de son esprit. Il avait même changé à l’extérieur – et avait pris un air majestueux et inspiré. D’un pas résolu, il monta sur l’estrade. S’asseyant à une des places que les secrétaires d’État avaient laissées vides, il prit une feuille de papier et se mit à écrire.
 .
Après quoi, debout et d’une voix forte, il lut ce qui suit :
 
«À la gloire de notre unique Sauveur JÉSUS-CHRIST. Le Concile œcuménique des Églises de DIEU réuni à JÉRUSALEM – notre bienheureux FRÈRE JEAN, représentant de la chrétienté orientale, ayant convaincu le grand imposteur ennemi de DIEU d’être le propre ANTÉCHRIST prédit dans l’Écriture ; et notre bienheureux PÈRE PIERRE, représentant de la chrétienté occidentale, l’ayant légitimement et régulièrement, pour toujours, excommunié de l’Église de DIEU ; – le Concile, en présence des corps de ces deux martyrs de la vérité, témoins du CHRIST – décide : de rompre tout rapport avec l’excommunié et avec son abominable séquelle ; d’aller attendre dans le désert l’infaillible avènement de notre vrai maître JÉSUS-CHRIST»
 .
L’animation s’empara de l’assistance ; et des voix puissantes retentirent, qui disaient :
 
«Adveniat ! Adreniat cito ! Komm, Herr JESU, Komm ! Viens, SEIGNEUR JÉSUS !»
 
De nouveau, LE PROFESSEUR PAULI écrivit, et puis il lut :
 
«Ayant unanimement approuvé ce premier et dernier acte du dernier Concile œcuménique, nous apposons nos signatures» ;
 
et, d’un geste, il appela les membres de la réunion. Tous se hâtèrent de monter sur l’estrade et de signer. A la fin, il signa ainsi, en gros caractères gothiques :
 
«Duorum defunctorum testium locum tenens Ernst Pauli»
 
Montrant les deux défunts, il dit :
 
«Maintenant, allons, avec notre arche d’alliance du dernier Testament»
 
Les cadavres furent enlevés sur des civières. Lentement, au chant d’hymnes latines, allemandes et slavonnes, les chrétiens se dirigèrent vers la sortie de KARAM-ECH-CHERIF. Là, le cortège se heurta à un envoyé de l’empereur et à un secrétaire d’État, accompagnés d’un officier et d’un détachement de la garde. Les soldats se tinrent près de la porte et, d’un endroit élevé, l’officier lut l’ordre suivant :
 
«Ordre de Sa Divine Majesté : Pour instruire le peuple chrétien et pour le mettre en garde contre les gens malintentionnés fauteurs de troubles et de scandales, nous avons jugé bon de décider que les corps des deux factieux tués par le feu du ciel seront publiquement exposés dans la rue des Chrétiens (KHARET-EN-NASARA) à l’entrée du temple principal de cette religion, temple dénommé SAINT-SÉPULCRE ou encore la Résurrection, afin que tout le monde puisse vérifier la réalité de leur mort. Leurs partisans obstinés, qui, avec méchanceté, refusent tous nos bienfaits et ferment follement les yeux devant les évidentes manifestations de la divinité elle-même, sont, grâce à notre miséricorde et à notre intercession devant le PÈRE céleste, exempts de la peine qu’ils ont méritée de mourir par le feu du ciel ; et ils conservent leur entière liberté, sauf l’unique défense, faite dans l’intérêt du bien commun, d’habiter les villes ou les autres endroits peuplés, afin qu’ils ne puissent, par leurs mensonges pervers, agiter ou séduire les âmes innocentes et simples»
 
Quand il eut terminé, huit soldats, sur un signe de l’officier, s’avancèrent vers les civières où reposaient les corps.
.
«Que ce qui est écrit s’accomplisse», dit LE PROFESSEUR PAULI ; et les chrétiens qui portaient les brancards les livrèrent en silence aux soldats.
 .
Ceux-ci s’éloignèrent par la porte du nord-ouest. Les chrétiens, eux, sortant par la porte du nord-est, s’éloignèrent rapidement de la ville, en passant près du MONT DES OLIVIERS, pour gagner JÉRICHO. Préalablement, des gendarmes et deux régiments de cavalerie avaient repoussé au loin la foule qui occupait la route. Sur les collines désertes près de JÉRICHO, on résolut d’attendre quelques jours. Le lendemain matin, des pèlerins chrétiens de connaissance arrivèrent de Jérusalem et racontèrent ce qui s’était passé à SION.
 .
Après le dîner de la cour, tous les membres du concile avaient été convoqués dans l’immense chambre du trône (près de l’emplacement supposé du trône de SALOMON). Là, s’adressant aux représentants de la hiérarchie catholique, L’EMPEREUR avait déclaré que le bien de l’Église exigeait, évidemment, l’immédiate élection d’un digne successeur de L’APÔTRE PIERRE ; que, dans les circonstances actuelles, l’élection devait s’accomplir d’une façon sommaire ; que la présence de L’EMPEREUR, chef et représentant du monde chrétien tout entier, compensait abondamment l’omission des formalités rituelles ; et qu’au nom de tous les chrétiens, il proposait au Sacré-Collège d’élire son ami et frère bien-aimé APOLLONIUS, afin que le lien étroit qui existait entre eux rendit durable et indestructible l’union de l’Église et de l’État, pour le bien commun de tous.
 .
Le Sacré-Collège se retira dans une chambre spéciale pour tenir le conclave et, une heure et demie après, revint avec le nouveau pape, APOLLONIUS.
 .
Pendant que l’on procédait à l’élection, l’empereur, avec douceur, sagesse, éloquence, avait engagé les représentants des protestants et des orthodoxes à mettre définitivement de côté les vieilles contestations, en vue d’une ère historique nouvelle et grande ; et il avait donné sa parole qu’APOLLONIUS saurait abolir pour toujours tous les abus historiques du pouvoir papal.
 .
Persuadés par ce discours, les représentants de l’ORTHODOXIE et du PROTESTANTISME avaient dressé l’acte d’union des Églises.
 .
Quand APOLLONIUS et les cardinaux parurent au milieu des cris de joie de toute l’assemblée, un évêque grec et un pasteur évangélique présentèrent leur texte. Accipio et approbo et laetificatur cor meum, dit APOLLONIUS, en apposant sa signature.
 
«Je suis un véritable orthodoxe et un évangélique véritable, autant que je suis un véritable catholique»,
 
ajouta-t-il en échangeant un amical baiser avec le GREC et l’ALLEMAND. Puis il vint à l’empereur, qui l’embrassa et qui le pressa longuement sur son cœur.
 .
Alors, dans le palais et dans le temple surgirent des points brillants qui flottaient en tous sens ; ils se développèrent jusqu’à devenir des formes lumineuses de choses étranges ; d’en haut tombaient sur le sol des fleurs extraordinaires, exhalant en abondance un parfum inconnu.
 .
D’en haut retentirent, délicieux, allant droit à l’âme et saisissant le cœur, les sons d’instruments musicaux ignorés jusque-là ; et les voix angéliques d’invisibles chanteurs glorifiaient les nouveaux maîtres du ciel et de la terre.
 .
Mais, en même temps, un terrible bruit souterrain retentissait dans l’angle nord-ouest du palais central, sous le KOUBBET-EL-AROUAKH, c’est-à-dire sous la coupole des âmes, où, selon les traditions musulmanes, se trouve l’entrée de l’enfer.
 .
Quand, à l’invitation de l’empereur, les assistants s’avancèrent de ce côté, tous entendirent des voix innombrables, aiguës et perçantes, – ni enfantines, ni diaboliques – qui criaient :
 
«L’heure est venue ; délivrez-nous, sauveurs, sauveurs !»
 
Mais APOLLONIUS, se serrant contre le roc, cria en bas, à trois reprises, quelques mots d’une langue inconnue ; alors les voix se turent et le bruit souterrain s’interrompit. Pendant ce temps, l’immense foule du peuple, venue de tous les côtés, s’était amassée autour de KHARAM-ECH-CHERIF.
 .
À la tombée de la nuit, L’EMPEREUR, avec LE NOUVEAU PAPE, s’était montré sur le perron oriental, provoquant une «tempête d’enthousiasme». Il salua aimablement toute l’assistance.
 .
Alors, APOLLONIUS, puisant dans de grandes corbeilles que lui présentaient les cardinaux diacres, lança en l’air, continuellement, de magnifiques chandelles romaines, des fusées, des fontaines de feu, qui, enflammées au contact de ses mains, devenaient, tantôt des perles aux lueurs phosphoriques, tantôt des arcs-en-ciel. Tout cela sur le sol se transformait en innombrables feuilles de papier de diverses couleurs et chargées d’indulgences plénières pour tous les péchés passés, présents et à venir. La joie populaire était sans bornes. Certains, il est vrai, affirmaient avoir vu ces feuilles d’indulgence métamorphosées en crapauds et en serpents hideux. Néanmoins, la grande majorité du peuple s’abandonnait à l’enthousiasme. Les fêtes durèrent encore plusieurs jours, pendant lesquels LE NOUVEAU PAPE thaumaturge accomplit des prodiges si extraordinaires et si incroyables que le récit en serait complètement inutile.
 .
Pendant ce temps-là, sur les hautes solitudes de JÉRICHO, les chrétiens se livraient au jeûne et à la prière. Le soir du quatrième jour, quand la nuit commençait, LE PROFESSEUR PAULI et neuf compagnons, montés sur des ânes et amenant un chariot, pénétrèrent dans JÉRUSALEM.
 .
Là, par des rues détournées, passant près de KHARAM-ECH-CHERIF, ils gagnèrent KHARET-EN-NAZAR et atteignirent l’entrée du temple de la Résurrection, où, sur le pavé, gisaient les corps du PAPE PIERRE et du PÈRE JEAN. À cette heure, la rue était entièrement déserte. Tous les habitants se trouvaient à KHARAM-ECH-CHERIF. Les soldats chargés de monter la garde dormaient d’un profond sommeil.
 .
Les arrivants constatèrent que les corps n’étaient nullement décomposés ni même engourdis. Les ayant placés sur des civières et les ayant recouverts de manteaux qu’ils avaient apportés, ils revinrent, par les mêmes rues détournées, près de leurs frères.
 .
À peine avaient-ils déposé les civières sur le sol, que l’esprit de vie reprit possession des deux morts. Ceux-ci se mirent à s’agiter, s’efforçant de se débarrasser des manteaux qui les enveloppaient. Tous les aidèrent, avec des cris de joie ; et bientôt les deux ressuscités étaient debout, entiers et intacts.
 .
Et LE PÈRE JEAN parla en ces termes :
 
«Ainsi donc, chers enfants, nous ne nous sommes pas quittés. Et voici ce que je vous dis maintenant : –L’heure est venue d’accomplir la dernière prière que LE CHRIST a faite pour ses disciples ; qu’ils soient un, comme Lui-même avec le PÈRE est un. En vue de cette unité chrétienne, chers enfants, vénérons notre bien-aimé FRÈRE PIERRE. Qu’il paisse les dernières brebis du CHRIST ! Frère, qu’il soit fait ainsi !»
 
Et il embrassa PIERRE. LE PROFESSEUR PAULI s’avança alors : «Tu es PETRUS», dit-il au pape : «Jetzt ist es ja gründlich erwiesen und ausser jedem Zweifel gesetzt»
 .
De la main droite il lui serra fortement la main et tendit l’autre au PÈRE JEAN, en disant : «So also Väterchen, nun sind wir ja Eins in Christo»
 .
Ainsi s’accomplit l’union des Églises, dans l’obscurité de la nuit, sur une hauteur isolée. Mais, tout à coup, l’obscurité nocturne fit place à une splendeur lumineuse, et dans le ciel le grand signe apparut : une FEMME revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.
 .
Le signe demeura quelque temps au même endroit, puis, lentement, s’achemina vers le sud. Levant sa crosse, LE PAPE PIERRE s’écria :
 
«Voilà notre étendard ! Suivons-le !»
 
Et, accompagné par les deux vieillards, ainsi que par toute la foule des chrétiens, il s’engagea dans la voie marquée par l’apparition, vers la montagne de DIEU, vers le SINAÏ...
[...]
Après que les chefs spirituels et les représentants de la chrétienté se furent éloignés dans le désert de l’ARABIE, où, de toutes les directions, affluèrent vers eux des foules de fidèles zélateurs de la vérité, APOLLONIUS put librement pervertir par ses prodiges et par ses miracles tous les chrétiens superficiels, qui n’étaient pas désillusionnés sur l’ANTÉCHRIST.
 .
Il déclara que, par la puissance de ses clefs, il avait ouvert les portes entre la vie terrestre et la vie d’outre-tombe. En effet, la communication entre les morts et les vivants, comme aussi entre les hommes et les démons, devint un phénomène habituel ; et l’on vit se développer des formes nouvelles, inouïes, de débauche mystique et démoniaque.
 .
Mais aussitôt que L’EMPEREUR se crut solidement établi dans le domaine religieux et que, sous la pressante inspiration de la mystérieuse voix «paternelle», il se fut déclaré l’unique et véritable incarnation de la divinité suprême et universelle, – alors lui advint un nouveau malheur, du côté d’où personne ne prévoyait rien de tel : la révolte des Juifs.
 .
Ce peuple, dont les membres atteignaient maintenant le chiffre de trente millions, n’avait pas été tout à fait étranger aux préliminaires et à l’affermissement des universels succès du sur-homme. L’EMPEREUR, en venant s’installer à JÉRUSALEM, avait secrètement entretenu dans les milieux juifs la rumeur que son principal dessein était d’établir sur toute la terre la domination d’ISRAËL ; pour cette raison, les juifs l’avaient reconnu comme le MESSIE et lui avaient témoigné un dévouement enthousiaste et sans bornes. Et tout à coup, ils se révoltaient, respirant la colère et la vengeance.
 .
Cette révolution, sans aucun doute prédite dans la tradition et dans l’Écriture, a été représentée par le PÈRE PANSOPHII peut-être avec trop de simplicité et de réalisme. En somme, les Juifs, qui considéraient L’EMPEREUR comme un véritable et parfait Israélite, auraient par hasard découvert qu’il n’était même pas circoncis.
 .
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MAMMON
Ce jour-là, tout JÉRUSALEM et le lendemain toute la PALESTINE se révoltaient. L’absolu et ardent dévouement au sauveur d’Israël, au MESSIE annoncé, se changeait en une haine absolue et ardente vis-à-vis du fourbe astucieux, de l’impudent imposteur. Tout le judaïsme se leva comme un seul homme ; et ses ennemis s’aperçurent avec surprise que l’âme israélite, au fond, ne vit pas des calculs et des appétits de Mammon mais de la force d’un sentiment sincère, par l’espérance et par le courroux de sa foi messianique éternelle.
 .
L’EMPEREUR, qui ne s’attendait pas à une explosion si soudaine, perdit la maîtrise de soi : il publia un édit condamnant à la mort tous les sujets insoumis, juifs et chrétiens. Par milliers et par dizaines de milliers, des gens qui n’avaient pas eu le temps de s’armer subirent un impitoyable massacre.
 .
Mais, bientôt, une armée d’un million de Juifs s’empara de JÉRUSALEM et cerna l’ANTÉCHRIST dans KHARAM-ECH-CHERIF. Celui-ci ne disposait que d’une partie de la garde, qui ne pouvait l’emporter sur la masse des ennemis. Grâce à l’art magique de SON PAPE, L’EMPEREUR réussit à percer les lignes des assiégeants. Bientôt, on le vit de nouveau en SYRIE, commandant une immense armée de païens de races diverses. Les Juifs, malgré leur peu de chances de vaincre, marchèrent à sa rencontre.
 .
À peine les avant-gardes des deux armées s’étaient-elles rejointes, que se produisit un tremblement de terre d’une violence sans pareille. – Sous la MER MORTE, près de laquelle les troupes impériales avaient pris position, s’ouvrit le cratère d’un énorme volcan ; et des torrents de feu, qui se mêlaient en un lac enflammé, engloutirent L’EMPEREUR lui-même, ses troupes innombrables et, son inséparable compagnon LE PAPE APPOLONIUS, à qui toute sa magie ne fut d’aucun secours.
 .
Les Juifs coururent vers JÉRUSALEM, effrayés et tremblants, suppliant le DIEU D’ISRAËL de les sauver.
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Quand la ville sainte fut devant leurs yeux, un grand éclair entrouvrit le ciel, depuis l’est jusqu’à l’ouest. Et ils virent LE CHRIST, qui descendait vers eux, en robe royale, avec les plaies des clous sur ses mains étendues. Alors, du SINAÏ vers SION, s’ébranlait la foule des chrétiens, conduits par PIERRE, JEAN et PAUL ; et de différents côtés aussi accouraient d’autres foules enthousiastes : c’étaient tous les Juifs et tous les Chrétiens que l’ANTÉCHRIST avait mis à mort. Ils revivaient ; et ils commençaient à régner avec le CHRIST, pour une période de mille ans.
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TROIS ENTRETIEN SUR LA GUERRE, LA MORALE ET LA RELIGION 1900 Traduits du russe par Eugène Tavernier (1916)
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https://lh3.googleusercontent.com/eHjEIhDV316Xh1kQmb1ecQ4rcVhtmfqrWIfK1W1FZ_tbQMJuzGFKQGf39hWJ8iIwG_z5YCD0AuP5FB_j72bsfkwmqL_CoE0p6Re9hwTpzaBvLe1RZRDlA2caaExXhueZICn5VPHXYQCgDFScWolHaOkF7Jl-t-LQL9fazqefzVWKbl1ilgiqFL6lTTssnYMs-T1_5OEEiBbAoVxN-lK7WrFwj-NDJSN2nkeopymOfmbjuRWof2DVihxzZMzjxC--b5kgaaubBOPw-yGOunqSmJ9IgwhjDsBqpaTOiZW0m8rUfIVEiteg6_SZr15WHtmC24Fo1lJH4tBalsT6aPW7Yrz-HtL8uA4psu3hQwHaBFV0fDNeKYXa5iWzIzz1cqN-MQhYiKwcz8cCLWqMjbW2EEJIeL9RWJWZOIV_4WrIreJiDR7A4OqdoUKJ5i2vxCG6zGnyHXMgmJEjrVJPYWxKveeb6iPJp52eGCG60d0vmCOtAuyiwUP5UCvTYPjsmh3lYV2pKXhf3lvcKlYEBoHEzwLfgnSjVDabfF8N8Jgt8PTKxwZp7sYjVuSgIeJfXYy704ctlw=w320-h43-no


 

24/05/2012

PROPHÉTIES LOUISA PICCARRETA (1865-1947)


           https://lh3.googleusercontent.com/2tSKbDvvsV-TaZ-CqCfbSYYqc9qZx6niqepoVpEAi1M_hLv-vCrQ2W5K842cIqRBTUCysT_Vpp4PMzEcksFSqGD053p2Nc9maEYL1Ms-Sl_FBuprAzqyU79SXr1eKwXBtMVbpVKhixnkuRPAxXxGtBGEtYGAbfrCV3q84eDVSOR0lXbTmQcn1W9QT1eKvwbZ5hsuMk7pQdMO_czzKO7-3NGSdGyTAfP9QXRk8OWiGQ_KKHYDhUwb6jFbFUcGp3DWFSlFTO1iV_Q63675J2Mj7G4WpFnfBwmxJtBjGm0HrjiojHca6-pCVR4zYIWbFTqmMYt6YdtK0qeCEY1U7kUfejVaeDL_0e59lxd8SZbRV2axAbZhS8ueLzRiN8MSy6-Y6zTVvjVELG3bZwZDmSdxFTQLlgyyyoUAni1IJ8BgZJFe2HCl2gChUxzqqZ1-Bsm7ywuW-5AlUF2jo6L6UP75o6k1TxVrQwTtudH8MN4tq1DaHn5ny64wQ8OxbhVCfRwScTltTy8GV6HNhLUbCQLI6dI-as3IoYjdMxJDsvvTpighQJyJoA3oIYUBHtU4MAq5Uf-agQ=w244-h315-no 
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ROPHÉTIES
LOUISA PICCARRETA (1865-1947)

STIGMATISÉE
INÉDIQUE
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BIOGRAPHIE

La Servante de DIEU LUISA PICCARRETA est née à Corato (Bari) en Italie, le 23 avril LUISA PICCARRETA, âgée1865. Elle y mourra en odeur de sainteté le 4 mars 1947.

Sa famille était l'une de ces famille patriarcales que l'on trouve encore aujourd'hui dans les Pouilles. Des gens qui aiment vivre à l'air des champs. Ses parents, VITO NICOLA et ROSA TARANTINO, eurent cinq filles : MARIA, RACHELE, FILOMENA, LUISA et ANGELA. Les trois aînées se marièrent. ANGELA, que l'on appelait «la petite ANGELA» resta célibataire et vécut aux côtés de sa sœur, LUISA, jusqu'à sa mort.

LUISA naquit le dimanche in Albis et fut baptisée le jour même. Son père — quelques heures après sa naissance — l'enveloppa dans une couverture et l'emmena à la paroisse pour y recevoir son Baptême.

NICOLA PICCARRETA travaillait comme métayer dans une ferme qui appartenait à la famille MASTRORILLI. Cette ferme se trouvait dans une petite localité des Murge, Torre Disperata, à 27 kilomètres de Corato. Ceux qui connaissent l'endroit peuvent apprécier la solennité du silence qui règne sur ces collines ensoleillées, dépouillées et pierreuses. LUISA y passa toute son enfance et son adolescence. Le grand bon vieux mûrier au tronc percé dans lequel elle aimait se cacher pour prier loin des regards indiscrets, existe encore. C'est dans ce lieu solitaire et ensoleillé que commença pour LUISA cette grande aventure divine qui la conduira sur les sentiers de la souffrance et de la sainteté. C'est d'ailleurs là qu'elle subira les assauts du démon ; des souffrances indicibles dont son corps ne saura être épargné. Pour se libérer de ses peines, LUISA se réfugiait sans cesse dans la prière, s'adressant en particulier à la TRÈS SAINTE VIERGE dont la seule présence constituait pour elle une grande consolation.

La Divine Providence conduisait la jeune fille sur des sentiers d'un tel mystère qu'il ne pouvait y avoir de joie plus grande que DIEU et la Grâce de DIEU. Un jour, en effet, le Seigneur lui dit :
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«J'ai remué la terre entière, regardant une par une toutes les créatures. Je voulais choisir la plus petite d'entre elles, et c'est toi que j'ai trouvée, toi, la plus petite d'entre toutes. Tu me plaisais alors je t'ai choisie ; puis je t'ai placée sous la protection de mes anges, non pas pour qu'ils te fassent grandir, mais pour qu'ils veillent sur toi, toi si petite ; ma volonté était faite et je pouvais poursuivre mon œuvre. Ceci n'est pas pour que tu te sentes plus grande, bien au contraire ; ma volonté te fera encore plus petite et tu resteras la petite fille de la Volonté Divine» (cf. Volume XII, 23 mars 1921).

A l'âge de neuf ans, LUISA reçût l'Eucharistie pour la première fois, puis sa Confirmation. Dès lors, elle apprit à rester en prière des heures entières au pied du Saint Sacrement. A onze ans, elle fut Fille de Marie - alors en pleine floraison - à l'église Saint-Joseph, puis Tertiaire Dominicaine, sous le nom de SŒUR MADELEINE. Elle fut l'une des premières à s'inscrire au Troisième Ordre, dont son curé de paroisse était le fondateur. Sa dévotion pour la Mère de DIEU développera en elle une profonde spiritualité mariale, prélude de ce qu'un jour elle aurait écrit sur la VIERGE MARIE.

La voix de JÉSUS accompagnait LUISA dans son cheminement : elle se détacha d'elle-même, de tout et de tous les autres. Vers l'âge de dix-huit ans, du balcon de chez elle, via Nazario Sauro, elle eut une vision : JÉSUS, souffrant sous le poids de sa croix était là, sous ses yeux. Il la regardait et lui disait :
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«Âme ! Aide-moi !»..
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Cette apparition suscita en elle le désir insatiable de souffrir pour JÉSUS et pour le salut des âmes. Commencèrent alors pour elle ces souffrances physiques qui, ajoutées aux souffrances spirituelles et morales, allèrent jusqu'à l'héroïsme.

Sa famille, voyant tous ces phénomènes, la crut malade et fit appel à la science médicale. Mais tous les médecins interpellés à son chevet ne surent résoudre son cas, un cas aussi unique que singulier. A leur grande stupeur, LUISA, pourtant bien vivante, souffrait de rigidité cadavérique, et aucune cure au monde n'arrivait à la soulager de ses terribles souffrances. Ayant tout essayé sur le plan médical, il ne restait plus qu'un seul espoir : les prêtres. Ainsi fit-on appel à un prêtre augustin, le Père COSMA LOIODICE, de retour chez lui après la condamnation des fameuses «lois siccardiennes» ; et, à la stupeur générale, il suffit d'un signe de croix du père sur le pauvre corps de l'infirme pour que cette dernière retrouvât tous ses moyens. Du coup LUISA fut convaincue que tous les prêtres étaient des saints. Or, un jour le Seigneur lui dit :

«non pas parce que ce sont des saints, mais parce qu'ils sont la continuité de mon sacerdoce dans le monde, tu dois te soumettre à leur autorité sacerdotale ; ne les contrarie jamais, bons ou mauvais qu'ils soient». (cf. Vol. I).
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LUISA se soumettra à eux toute sa vie. Et elle en souffrira. Ce besoin quotidien d'avoir recours à eux pour redevenir normale était source de grande mortification pour elle. Au début, c'est d'ailleurs des prêtres eux-mêmes qu'elles subira toutes les incompréhensions et toutes les souffrances les plus humiliantes. Pour eux, LUISA était une jeune fille exaltée, une pauvre folle qui voulait attirer l'attention des autres sur elle. Il leur arrivait parfois de la laisser dans cet état pendant plus de vingt jours. Puis LUISA finit par accepter son rôle de victime et sa vie prit un nouveau tournant : le matin, elle se réveillait le corps raide et immobile. Recroquevillée au fond de son lit, personne n'arrivait à l'allonger.
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Impossible de relever ses bras, ni de bouger sa tête ou ses jambes. Comme nous le disions, il lui fallait la présence d'un prêtre qui, en la bénissant d'un signe de croix, aurait éliminé la rigidité de son corps. Sans cela elle ne pouvait retourner à ses occupations (travail de dentelle). Cas unique : ses confesseurs n'étaient pas ses directeurs spirituels. Une tâche que Notre Seigneur gardait pour Lui. JÉSUS préférait s'adresser à elle directement. Il l'éduquait, corrigeait ses fautes, et s'il le fallait, n'hésitait pas à lui faire des reproches, la portant peut à peu au plus haut sommet de la perfection. LUISA, sagement, fut instruite et préparée, pendant de longues années, à recevoir le don de la Volonté Divine.

Après avoir su ce qui se passait à Corato, l'Archevêque de l'époque, Monseigneur GIUSEPPE BIANCHI DOTTULA (22 décembre 1848-22 septembre 1892), consulta plusieurs prêtres et décida de prendre sur lui la responsabilité de cette affaire. Après mûres réflexions, il délégua un confesseur personnel en la personne de Don MICHELE DE BENEDICTIS, un excellent prêtre auquel la jeune fille ouvrira son âme en profondeur. Don MICHELE, un homme avisé, imposa des limites à ses souffrances. LUISA ne devait rien faire sans son consentement. Il lui ordonna de manger au moins une fois par jour, tout en sachant parfaitement qu'elle aurait immédiatement tout rejeté. LUISA ne devait vivre que du Divin Vouloir. Dès lors elle reçut l'autorisation de garder son lit pour toujours, victime d'expiation. Nous sommes en 1888. LUISA restera clouée sur son lit de souffrance jusqu'à sa mort, survenue cinquante neuf ans plus tard. Si LUISA acceptait jusqu'ici son état de victime, elle ne pouvait cependant garder son lit toute la journée. Il lui fallait obéir aux règles de l'obéissance. A partir du 1er janvier 1899, LUISA ne quittera plus son lit.

En 1898, le nouvel Archevêque du lieu, Monseigneur TOMMASO DE STEFANO (24 mars 1898- 13 mai 1906) décida de nommer un nouveau confesseur en la personne de Don GENNARO DI GENNARO. Celui-ci restera vingt-quatre ans à son service. Le nouveau confesseur, percevant les merveilles que produisait le Seigneur sur cette âme, ordonna à LUISA de mettre par écrit tout ce que la Grâce de DIEU opérait en elle. Toutes les raisons avancées par la Servante du Seigneur pour échapper à de telles obligations furent vaines : même ses capacités littéraires, très modestes, ne suffirent pas à la dispenser de faire ce qu'on lui demandait. Don GENNARO DI GENNARO, qui avait les idées claires, ne céda pas. Il était pourtant parfaitement au courant que la pauvre fille n'avait fréquenté que l'école primaire. Ainsi, le 28 février 1899, LUISA commença son journal, un énorme recueil de trente-six volumes ! Le dernier chapitre fut achevé le 28 décembre 1939, date à laquelle elle reçut l'ordre de ne plus écrire.

A la mort de son confesseur, le 10 septembre 1922, arriva un chanoine, Don FRANCESCO DE BENEDICTIS, qui mourut le 30 janvier 1926, au bout de quatre ans de service. L'Archevêque, Monseigneur GIUSEPPE LEO (17 janvier 1920-20 janvier 1939) délégua un autre confesseur, Don BENEDETTO CALVI, un jeune prêtre ordinaire qui assista Luisa jusqu'à sa mort. Il partagea avec elle toutes les souffrances et toutes les incompréhensions qui l'affligèrent durant les dernières années de sa vie.

http://2.bp.blogspot.com/-J8bYzSOoXgQ/T76pn0Fhx4I/AAAAAAAALOc/KKbEtqD_BjY/s1600/BIENHEUREUX+ANNIBALE+MARIA+DI+FRANCIA.jpg
Au début du siècle passé, la visite du BIENHEUREUX ANNIBALE MARIA DI FRANCIA dans les Pouilles fut une bénédiction pour nos populations. Venu chercher à Trani une nouvelle maison pour les hommes et les femmes de sa toute jeune Congrégation, il avait entendu parler de LUISA PICCARRETA et avait décidé d'aller lui rendre visite. Les deux grandes âmes devinrent inséparables. Mais il ne fut pas le seul à la fréquenter. D'autres prêtres venaient la voir : le Père GENNARO BRACCALI, Jésuite, le Père EUSTACHIO MONTEMURRO, mort en odeur de sainteté, et Don FERDINANDO CENTO, Nonce Apostolique et Cardinal de Notre Sainte Mère l'Eglise. Le BIENHEUREUX ANNIBALE devint son confesseur extraordinaire et le réviseur officiel de ses écrits, examinés et soumis au fur et à mesure à l'approbation des autorités ecclésiastiques.
Vers 1926, le BIENHEUREUX ANNIBALE ordonna à LUISA d'écrire un cahier de mémoires sur son enfance et son adolescence. Lui-même publia divers écrits de LUISA, dont le célèbre ouvrage L'Horloge de la Passion qui connut quatre éditions. Le 7 octobre 1928, à Corato, le couvent des sœurs de la Congrégation du Divin Zèle était achevé et LUISA, pour répondre au vœu du BIENHEUREUX ANNIBALE, y fut transférée. Le BIENHEUREUX ANNIBALE était déjà mort en odeur de sainteté à Messine.

En 1938, la vie de LUISA PICCARRETA subit un bouleversement total : Rome la désavouait publiquement et ses écrits furent mis à l'index. A la publication de la condamnation du Saint-Office, LUISA se soumit à l'autorité de l’Église.

De Rome, les autorités ecclésiastiques envoyèrent un prêtre lui réclamer tous ses écrits. Elle les lui remit immédiatement, et très gentiment. Ses écrits finirent dans les Archives secrètes du Saint-Office.

Le 7 octobre 1938, sur ordre de ses supérieurs, LUISA dut quitter le couvent et se trouver un nouveau logis. Elle passa les neuf dernières années de sa vie dans un appartement de la via Maddalena, bien connu des personnes âgées de Corato qui assistèrent à la sortie de sa dépouille, le 8 mars 1947.

LUISA connut une existence modeste. Elle occupait un appartement en location avec sa sœur ANGELINA et plusieurs autres femmes pieuses. Mais ce qu'elle possédait ne suffisait pas à payer son loyer. Alors elle faisait de la dentelle. Et ce qu'elle gagnait, en travaillant avec acharnement, lui permettait de subvenir aux besoins de sa sœur, dans la mesure où elle-même n'avait besoin ni de vêtements ni de chaussures. Sa nourriture se limitait à quelques grammes d'aliments que lui servait son assistante, ROSARIA BUCCI. LUISA ne demandait jamais rien. Elle ne désirait jamais rien, d'autant que son estomac rejetait immédiatement tout ce qu'elle mangeait. Mais son aspect n'était pas celui d'une mourante. Ce qui ne veut pas dire non plus qu'elle respirait la santé. Non plus. Mais elle n'était jamais inerte. Ses forces s'épuisaient dans la souffrance, le travail ; et pour ceux qui la connaissaient, sa vie était considérée comme un miracle permanent.

Son détachement de tout ce qu'elle aurait pu gagner en dehors de son travail était admirable. Elle refusait l'argent et les offrandes que les autres voulaient lui donner. Au moment de la publication de ses ouvrages, alors que le BIENHEUREUX ANNIBALE était venu un jour lui remettre l'argent relatif à ses droits d'auteur, elle répondit :

«Je n'y ai pas droit, car ce qui est écrit là n'est pas à moi» (cf. «Préface» du livre L'Horloge de la Passion, Messine, 1926).

Lorsqu'une âme charitable s'avisait de lui envoyer de l'argent, elle le lui renvoyait immédiatement.

L'appartement de LUISA ressemblait à un monastère. Sa porte était fermée au regard des curieux. Seules quelques personnes, animées de la même spiritualité, et les jeunes filles venant prendre des cours de dentelle, l'entouraient. De ce cénacle sortirent de nombreuses vocations religieuses. Mais cette œuvre de formation n'était pas uniquement réservée aux filles. Il y avait aussi des garçons qui entrèrent dans les ordres et furent orientés vers le sacerdoce.

Sa journée commençait vers cinq heures, l'heure à laquelle arrivait le prêtre pour la bénir et célébrer la messe, celle-ci était présidée par son confesseur ou par un de ses délégués : un privilège accordé par LÉON XIII et confirmé par SAINT PIE X en 1907. Après la messe, LUISA restait deux heures en prière. Vers huit heures, elle commençait son travail qui durait jusqu'à midi ; à l'issue d'un repas frugal, elle se retirait dans sa chambre pour se recueillir. Dans l'après-midi - au bout de quelques heures de travail - elle récitait son chapelet. Le soir, vers 20h., LUISA prenait son journal et se mettait à écrire jusqu'à minuit. Elle se réveillait au petit matin, le corps immobile, bloqué, toute recroquevillée dans son lit, la tête penchée vers la droite. Et il fallait attendre l'intervention du prêtre pour pouvoir l'asseoir dans son lit et qu'elle puisse reprendre sa routine.

LUISA mourut à l'âge de 81 ans, 10 mois et 9 jours, le 4 mars 1947, au bout de quinze jours de maladie, la seule et unique maladie que l'on ait réussi à diagnostiquer : une pneumonie. Elle mourut au petit matin, à l'heure même où le prêtre, en la bénissant, l'aurait libéré de son état. L'Archevêque du lieu était alors Monseigneur FRANCESCO PETRONELLI (25 mai 1939-16 juin 1947). LUISA garda sa position assise. L'allonger était absolument impossible et - phénomène extraordinaire - son corps ne souffrait plus de rigidité.

A l'annonce de sa mort, toute la population, tel un torrent en pleine crue, se déversa chez elle et il fallut faire appel aux forces de l'ordre pour contenir la foule qui, jour et nuit, venait la voir. LUISA était chère à leurs cœurs.
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«LUISA la sainte est morte !»
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s'écriait-on. Et tout le monde se précipitait. Ainsi, les autorités publiques et sanitaires acceptèrent d'exposer sa dépouille pendant quatre jours de suite, sans qu'il n'y ait aucun signe de corruption du corps. LUISA n'avait pas l'air morte. Elle était assise dans son lit, vêtue de blanc ; on aurait dit qu'elle dormait car, comme nous le disions, son corps avait perdu toute rigidité. En effet, bouger sa tête, lever ses bras, plier ses mains et tous ses doigts, ne demandait aucun effort. On pouvait même soulever ses paupières et observer ses yeux ; des yeux tout à fait brillants, absolument pas voilés. Pour tout le monde, LUISA était encore vivante, plongée dans un sommeil profond. Un conseil de médecins, convoqué pour la circonstance, prit le temps de bien examiner sa dépouille avant d'en conclure que LUISA était vraiment morte et qu'il ne s'agissait pas d'une mort apparente comme tout le monde croyait.

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sur son trône, toute de blanc vêtue, le Fiat posé sur sa poitrine. Plus de quarante prêtres, le Chapitre et le Clergé local, participèrent au cortège funèbre ; les sœurs, à tour de rôle, la portaient sur leurs épaules, se créant un passage dans la foule immense : les rues étaient bondées. C'était incroyable. Il y avait des gens partout, sur les toits, aux balcons, et le cortège avait du mal à passer. Les obsèques de la petite fille de la Divine Volonté furent célébrées par le Chapitre au grand complet en l’Église Mère. Toute la population de Corato accompagna le corps jusqu'au cimetière. Tous voulaient ramener chez eux un petit souvenir, des fleurs. Au bout de quelques années, sa dépouille fut transférée en l'église Sainte-Marie-la-Grecque.

En 1994, jour de la fête du Christ-Roi, Son excellence Monseigneur CARMELO CASSATI, en présence d'une foule nombreuse de fidèles et de personnalités étrangères réunies en l’Église Mère, ouvrit officiellement le procès de béatification de la Servante de Dieu LUISA PICCARRETA.

http://voiemystique.free.fr/luisa_piccarreta_extrait.htm
.https://lh3.googleusercontent.com/fXmXFnCyDXNxOiy5gDw8JcxYVZ_Xo4Vhxc8rLj398TWCryqXwL5UsIz4zdcZfidZEUz4ksdT4W1cDSZ3vDH91O_if_I7A8B9BEqSUazLzSsFx1RbPxoWRYWM8VY9ZMSB77Hg3ZCQxplnDRh1XbIZg8aolBetmyDDds3KPAnC9hlm1WQjxXZNd1DjF0sVbXqhiTVQ_dmG60H1-K5Ls54aeR7g_CV2scrTGK1W4YuVmSJYh6ruW_nejvRcN0OJMWVQxMBJwsRrVrjCeGwN9ap0Ie-nhIDbNort-ptw1qL_41f7BoPbHeatWPEG5XJ21La2WKpRYirQGeMCg679fgfXkMEJZpD6fdcqAfRSkmaLE3LKfA1shf7ON7zCOs99vrWRfqsxAWWYRQQPzrFLBxxrMQeXH2TUomG2LV6RuZ1rdXs_F0rnHPSerIxCwUTeHnurljWX-J_jQyDE_gZwW_3E0caqiwlAz6kTcpZd87l8smU3pttpk9-C5t1X9lbDX1wk0YzNvZmd7QCuHtEsgWF9XjgwtPW0E52oisc350hW4e8u4JXz5sQkIqxia6XmE5WmxGVV1Q=w320-h42-no
 
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L'église, les vocations, le sacerdoce

1er NOVEMBRE 1899

Alors que j'étais dans mon état habituel, je me suis soudainement trouvée hors de mon corps, à l'intérieur d'une église. Là, il y avait un prêtre qui célébrait le Sacrifice divin. Il pleurait amèrement et disait :
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«La colonne de mon Église n'a pas d'endroit où se reposer !»
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Pendant qu'il disait cela, j'ai vu une colonne dont le sommet touchait le ciel. À la base de cette colonne, se trouvaient des prêtres, des évêques, des cardinaux et d'autres dignitaires. Ils soutenaient la colonne. J'observais de très près. À ma surprise, j'ai vu que, parmi ces personnes, l'une était très faible, une autre à moitié putréfiée, une autre infirme, une autre couverte de boue. Très peu étaient en condition pour soutenir la colonne. En conséquence, cette pauvre colonne vacillait. Elle ne pouvait rester ferme à cause des coups qu'elle recevait au bas.
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À son sommet se tenait le Saint-Père qui, avec des chaînes d'or et des rayons émanant de toute sa personne, faisait tout ce qu'il pouvait pour stabiliser la colonne et pour attacher et éclairer les personnes qui se trouvaient plus bas (bien que quelques-unes s'échappaient pour être plus libres de pourrir ou de devenir plus boueuses). Il s'efforçait aussi d'attacher et d'éclairer le monde entier.
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Comme je regardais tout cela, le prêtre qui célébrait la messe (je pense que c'était Notre-Seigneur, mais je n'en suis pas sûre) m'appela près de lui et me dit :
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«Ma fille, regarde dans quel piteux état se trouve mon Église ! Ces personnes mêmes qui devraient la soutenir, la démolissent. Ils la frappent et vont jusqu'à la diffamer. Le seul remède pour moi est de faire couler beaucoup de Sang pour en former comme un bain afin de pouvoir laver cette boue putride et guérir ces blessures profondes. Lorsque, par ce Sang, ces personnes seront guéries, fortifiées et belles, elles pourront être des instruments capables de maintenir mon Église stable et ferme.»

LE LIVRE DU CIEL TOME 3


4 OCTOBRE 1917
LES SOUFFRANCES ET LE SANG DE JÉSUS POURSUIVENT L’HOMME POUR LE GUÉRIR ET LE SAUVER

«L’homme empire toujours ; il a accumulé en lui tant de pus que pas même la guerre ne fut capable de l’en départir. La guerre ne l’a pas arrêté ; plutôt, elle l’a rendu plus osé. Les révolutions le rendront furieux, la misère le rendra désespéré et il tombera dans les bras du crime. Tout cela servira d’une manière ou d’une autre à le dégager de sa pourriture. Ensuite, ma bonté le frappera, non indirectement à travers les créatures, mais directement du Ciel. Ces châtiments seront pour lui comme une rosée bienfaisante qui le tueront. Touché par ma main, il se rendra compte de son état, se réveillera du sommeil du péché et reconnaîtra son Créateur. Ma fille, prie pour que tout tourne pour le bien de l’homme.»

«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12


27 NOVEMBRE 1917
LA SAINTETÉ DANS LA DIVINE VOLONTÉ EST EXEMPTE D’INTÉRÊTS PERSONNELS ET DE PERTES DE TEMPS.
 

«Les églises sont peu nombreuses et, cependant, beaucoup seront détruites. Souvent, je ne trouve pas de prêtres pour me consacrer sous la forme eucharistique. Certains permettent que des âmes indignes me reçoivent. Certaines âmes ne se donnent pas la peine de me recevoir et d’autres ne le peuvent pas. Ainsi, mon Amour est entravé. Voilà pourquoi je veux la sainteté dans ma Volonté. Pour les âmes qui la vivront, je n’aurai pas besoin de prêtres pour me consacrer, ni d’églises, ni de tabernacles, ni d’hosties, parce que ces âmes seront tout ensemble prêtres, tabernacles et hosties. Mon amour sera plus libre. Quand je voudrai me consacrer, je pourrai le faire à tout moment, jour et nuit, et partout où ces âmes se trouveront. Oh ! comme mon Amour trouvera son complet déversement !»
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«Ah ! ma fille, la génération présente mérite d’être complètement détruite ! Si je permets à quelques personnes de rester, ce sera pour former ces soleils de sainteté dans ma Volonté qui feront pour moi tout ce que les autres créatures, passées, présentes et futures, me doivent. Alors, la terre me donnera une vraie gloire et mon «Fiat Voluntas tua» sur la terre comme au Ciel connaîtra son total accomplissement.»

«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12


30 DÉCEMBRE 1917
LE CHAGRIN DE JÉSUS À CAUSE DE L’AFFECTION QU’ON LUI VOLE.

«Cela n’est aucunement pris en considération. Au contraire, il y a des gens qui vendent leur affection ; ils sont contents de trouver quelqu’un pour l’acheter ; ils me volent sans aucun scrupule. Il ont des scrupules s’ils volent une autre créature, mais me voler moi-même ne leur cause aucun scrupule. Ah ! ma fille, j’ai tout donné aux créatures en leur disant : «Prenez tout ce que vous voulez, mais laissez-moi seulement votre cœur.» Non seulement elles me refusent leur cœur, mais elles me volent l’affection des autres. De plus, cela ne vient pas seulement des personnes séculières, mais aussi d’âmes pieuses, d’âmes consacrées. Quel mal on me fait par une certaine direction spirituelle à l’eau de rose, par certaines condescendances, par tant de sentimentalité, par l’usage de séductions ! Au lieu de faire le bien aux âmes, on les plonge dans un labyrinthe».
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«Quand je suis contraint d’entrer sous la forme sacramentelle dans ces cœurs complaisants, j’aimerais fuir, voyant que leur affection n’est pas pour moi, que leur cœur n’est pas mien. Et cela, de la part de qui ? De ceux qui devraient conduire les âmes vers moi ! Plutôt, ils ont pris ma place. Je ressens une telle nausée que je n’arrive pas à m’accommoder de rester dans leur cœur, même si je suis contraint de le faire jusqu’à ce que les accidents de l’hostie soient consumés».

«Quel massacre d’âmes ! Ce sont les vraies blessures de mon Église ! C’est pourquoi il y a tant de mes ministres retranchés de l’Église ! Malgré toutes les prières qu’ils me font, je ne les écoute pas ; pour eux, il n’y a pas de grâces et je leur dis avec mon Cœur chagriné : «Voleurs, partez, quittez mon sanctuaire parce que je ne peux plus vous tolérer !»

«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12


12 FÉVRIER 1918
RAISONS POUR LESQUELLES LES ÉGLISES SONT DÉSERTES ET LES MINISTRES DISPERSÉS.
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«Hélas ! ma fille, quand je permets que les églises soient désertes, les ministres dispersés et les messes en diminution, cela signifie que les sacrifices sont des offenses pour moi, les prières des insultes, les adorations des irrévérences, les confessions des passe-temps sans fruits. Ne trouvant plus ma gloire mais plutôt des offenses en retour des bénédictions que je donne, j’arrête ces dernières. Ces départs de mes ministres indiquent aussi que les choses ont atteint leur point culminant. Les châtiments seront multipliés. Comme l’homme est dur, comme l’homme est dur !»

«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12

«Les gens ne se soumettent plus à l’Église et méprisent les prêtres parce que certains parmi eux sont motif de scandale. Écoute bien ce que je te dis et annonce-le à tous. Mon Cœur est attristé par tant d’afflictions qui menacent le monde. La Justice de notre Père céleste est gravement offensée. Les hommes s’obstinent à vivre dans leurs péchés…» (16 avril 1954).
 
«Rome sera purifié dans le sang de ses nombreux péchés, en particulier ceux de l'impureté ! Le troupeau est sur le point d'être dispersés et le Pape devra beaucoup souffrir !» (1959).
 
19 MARS 1918
LES DISSENSIONS ENTRE LES PRÊTRES DONNENT LA NAUSÉE À JÉSUS.

«Ma fille, quelle nausée je ressens à cause de la désunion chez les prêtres. Cela m’est intolérable. Leur vie désordonnée est la raison pour laquelle ma justice permettra que mes ennemis viennent sur eux pour les maltraiter. Les méchants sont prêts à attaquer et l’Italie est sur le point de commettre le plus grand des péchés, celui de persécuter mon Église et de faire couler le sang innocent.»

«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12


19 AOÛT 1918
JÉSUS DÉPLORE LES VILENIES DES PRÊTRES.

«De toute façon, je suis fatigué de la vilenie des prêtres. Je ne peux plus en prendre, je veux en finir avec cela. Oh ! que d’âmes dévastées, défigurées, que d’idolâtries ! Se servir des choses saintes pour m’offenser cause mon plus amer chagrin. C’est le péché le plus abominable, la marque de la ruine totale. Il attire les plus grandes malédictions et brise les communications entre le Ciel et la terre. J’aimerais éradiquer ces êtres de la terre. Pour cette raison, les châtiments continueront et seront multipliés ; la mort dévastera les villes et beaucoup de foyers et de routes disparaîtront ; il n’y aura plus personne pour les habiter. Le deuil et la désolation régneront partout !»

Je le priai beaucoup. Il resta avec moi une bonne partie de la nuit et il souffrait tant que je sentais mon cœur se briser de chagrin. J’espère que mon Jésus s’apaisera.
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«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12


4 SEPTEMBRE 1918
PLAINTES DE JÉSUS AU SUJET DES PRÊTRES.

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«Ma fille, les créatures ne veulent pas céder, elles défient ma justice. En conséquence, ma justice se dresse contre elles. Les offenses proviennent de gens de toutes les classes, y compris de ceux qui s’appellent mes ministres ; peut-être même plus d’eux que de bien d’autres. Quel venin ils portent ! Ils empoisonnent ceux qui s’approchent d’eux ! Plutôt que de me déposer dans les âmes, ils s’y placent eux- mêmes. Ils cherchent à être entourés, à se faire connaître et ils me mettent de côté».
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«Par leurs contacts empoisonnés, ils distraient les âmes plutôt que de les conduire vers moi. Ils les rendent dissipées plutôt que de les orienter vers les choses sérieuses. Ainsi, celles qui n’ont pas de contact avec eux s’en tirent mieux. Je ne puis me fier à eux. Je suis contraint de permettre que les gens s’éloignent des églises et des sacrements afin que le contact avec ces ministres ne les éloignent pas davantage de moi. Mon chagrin est grand. Les blessures de mon Cœur sont profondes. Prie et unis-toi aux bons qui restent. Compatis à mon chagrin.»
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«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12

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VÉNÉRABLE TÉRÉSA HÉLÉNA HIGGINSON (1880-1905)
«Dans une autre occasion, je vis les étoiles brillant avec éclat au firmament ; puis une fumée s’éleva et je vis tomber nombre d’entre elles. Notre Seigneur me fit comprendre que beaucoup de ses prêtres vont bientôt déchoir par légèreté, défaut de mortification et orgueil intellectuel» .

14 OCTOBRE 1918
C’EST SEULEMENT PAR DIEU QUE L’HOMME PEUT ARRIVER À UNE PAIX VÉRITABLE ET DURABLE.
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«Ma fille, les gouvernements sentent le sol se dérober sous leurs pieds. J’userai de tous les moyens pour les amener à se soumettre, à entrer en eux-mêmes, et à comprendre que seulement par moi ils peuvent arriver à une paix véritable et durable. Ainsi, j’humilie tantôt l’un, tantôt l’autre ; je les amène à être tantôt amis, tantôt ennemis ; je leur ferai manquer d’armes.
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«Je ferai des choses inattendues pour les confondre et leur
faire comprendre l’instabilité des choses humaines. Je leur ferai comprendre que seul DIEU est stable et que seulement par lui ils peuvent espérer tous les biens. S’ils veulent la justice et la paix, ils doivent venir à la fontaine de la vraie justice et de la vraie paix ; autrement, ils n’arriveront à rien et continueront à se battre.
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«Bien sûr, ils continueront à s’agiter. Et s’ils arrivent à s’entendent pour la paix, cela ne durera pas. Plus tard, ils reprendront leurs batailles, et plus férocement encore. Ma fille, seulement mon doigt tout-puissant peut arranger les choses et, au temps voulu, je le ferai. Mais, au préalable, de grandes épreuves sont à prévoir et il y en aura beaucoup dans le monde. Par conséquent, une grande patience est nécessaire.»
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Il ajouta d’un ton ému : 

 
«Ma fille, les plus grands châtiments résulteront de l’action des pervers. Les purifications sont encore nécessaires et, dans leur triomphe, les pervers purifieront mon Église. Plus tard, je pulvériserai ces pervers et les éparpillerai comme poussière au vent. Par conséquent, ne sois pas impressionnée par leur triomphe. Pleure plutôt avec moi sur le triste sort qui les attend.»
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«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12


16 OCTOBRE 1918
LA «GRANDE GUERRE» SE TERMINE. JÉSUS PARLE DES NATIONS BELLIGÉRANTES ET DE CE QUI ARRIVERA À LA FIN.
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«Calme-toi, calme- toi ; c’est moi, écoute-moi. Te souviens-tu que, dans les mois passés, quand tu pleurais avec moi sur la pauvre ITALIE, je t’ai dit :
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«Ma fille, qui perd gagne et qui gagne perd.»
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L’ITALIE et la FRANCE ont déjà été humiliées et elles le seront encore jusqu’à ce qu’elles soient purifiées et qu’elles me reviennent librement, volontairement et pacifiquement. Dans le triomphe apparent dont elles jouissent, elles subissent l’humiliation que non pas elles, mais des étrangers — pas même des européens — sont venu expulser l’ennemi. Aussi, si cela peut être appelé un triomphe — ce qui n’en est pas un —, il appartient aux étrangers».
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«Mais cela n’est rien. Ils perdent plus que jamais, autant dans le domaine spirituel que dans le domaine temporel, parce que ces événements les disposent à commettre de plus grands crimes, à vivre des révolutions internes féroces, jusqu’à surpasser même la tragédie de la guerre. Ce que je te dis ne concerne pas seulement le temps présent, mais aussi le futur. Ce qui n’arrive pas maintenant arrivera plus tard. Si quelqu’un trouve cela difficile ou doute, cela signifie qu’il ne comprend pas ma manière de parler. Ma Parole est éternelle, comme je le suis moi-même».
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«Je veux maintenant te dire quelque chose de consolant. L’ITALIE et la FRANCE perdent maintenant et l’ALLEMAGNE gagne. Toutes les nations ont leurs zones obscures et toutes méritent d’être humiliées et écrasées. Il y aura une agitation générale et de la confusion partout. Je vais renouveler le monde par l’épée, le feu et l’eau, avec des morts subites et des maladies contagieuses. Je ferai des choses nouvelles. Les nations deviendront une sorte de tour de BABEL. Elles en arriveront à ne même plus se comprendre entre elles ; les gens se révolteront entre eux, ils ne voudront plus de rois. Tous seront humiliés. La vraie paix ne viendra que de moi. Et si tu les entends parler de paix, ce ne sera pas la vraie paix, mais seulement une paix apparente».
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«Quand j’aurai tout purifié, je poserai mon doigt d’une manière surprenante et je donnerai la vraie paix. Toux ceux qui furent humiliés me reviendront. L’ALLEMAGNE sera catholique ; j’ai de grands desseins sur elle. L’ANGLETERRE, la RUSSIE et tous les pays où le sang a coulé retrouveront la foi et seront incorporés à mon Église. Ce sera un grand triomphe et une grande union chez les peuples. Par conséquent, prie. La patience est nécessaire parce que cela ne viendra pas bientôt, mais prendra du temps.»
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8 JANVIER 1919
TOUT CE QUI ENTRE DANS LA DIVINE VOLONTÉ DEVIENT IMMENSE, ÉTERNEL, INFINI.
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«Ah ! ma fille, il y aura beaucoup de bagarres ! La mort moissonnera beaucoup de vies et même des prêtres ! Oh! combien d’entre eux ne sont que des simulacres de prêtres ! Je veux les enlever avant que la persécution de mon Église et les révolutions ne débutent. Qui sait s’ils ne se convertiront pas au moment de leur mort ? Autrement, si je les laisse, ceux qui sont travestis en prêtres enlèveront leur masque dans la persécution ; ils s’uniront avec les sectaires, deviendront des ennemis féroces de l’Église et leur salut n’en sera que plus difficile.»
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Grandement affligée, je lui ai dit :
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«Mon JÉSUS, quelle souffrance de t’entendre parler ainsi! Les gens, que feront-ils sans les prêtres ? Ils sont déjà si peu nombreux et tu veux en prendre d’autres ? Alors, qui administrera les sacrements ? Qui enseignera tes lois ?»

JÉSUS reprit :

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«Ma fille, ne t’afflige pas trop. Le petit nombre n’est rien. Je donnerai à un seul la grâce et la force que je donne à dix, à vingt. Je peux compenser pour tout. De plus, n’étant pas bons, beaucoup de prêtres sont le venin du peuple. Au lieu de faire le bien, c’est le mal qu’ils font. Je ne ferai rien d’autre que d’enlever les éléments qui empoisonnent le peuple.»
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29 JANVIER 1919
LES TROIS GRANDES ÉPOQUES ET LES TROIS GRANDS RENOUVELLEMENTS DU MONDE.

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«Ma fille bien-aimée, je veux te faire connaître l’ordre de ma Providence. À tous les deux mille ans, j’ai renouvelé le monde. À la fin du premier deux mille ans, je l’ai renouvelé par le déluge. À la fin du second deux mille ans, je l’ai renouvelé par ma venue sur la terre où j’ai manifesté mon Humanité. À travers elle, comme à travers un treillis, ma Divinité s’est laissé deviner. Les bons et les très saints des deux mille ans qui ont suivi cette venue ont vécu des fruits de mon Humanité et ont joui un peu de ma Divinité».
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«Actuellement, nous sommes près de la fin de la troisième période de deux mille ans et il y aura un troisième renouveau. C’est là la raison de la confusion générale actuelle qui n’est rien d’autre que la préparation au troisième renouveau. Au second, j’ai manifesté ce que mon Humanité a fait et souffert, mais j’ai très peu fait connaître ce que ma Divinité y a fait».
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«À ce troisième renouveau, après que la terre aura été purifiée et une grande partie de la génération présente détruite, je serai encore plus magnanime pour les créatures. Je réaliserai le renouveau en manifestant ce que ma Divinité a fait dans mon Humanité, comment ma Divine Volonté a travaillé de concert avec ma Volonté humaine, comment tout est lié en moi, comment j’ai refait toutes choses, comment chaque pensée des créatures fut refaite par moi et scellée par ma Divine Volonté».
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«Mon Amour veut s’épancher en faisant connaître les excès que ma Divinité a faits dans mon Humanité en faveur des créatures, excès allant bien au-delà de ce qui a pu paraître extérieurement. C’est pourquoi je t’ai tant parlé de la vie dans ma Volonté, ce que je n’avais manifesté à personne auparavant. Au plus, ils ont connu l’ombre de ma Volonté, un aperçu des grâces et de la douceur qu’on éprouve en l’accomplissant. Mais, la pénétrer, embrasser son immensité, se multiplier avec moi et pénétrer partout, autant sur la terre que dans le Ciel et dans les cœurs, abandonner les voies humaines et travailler à la manière divine, cela n’est pas encore connu. Aussi, cela apparaîtra étrange à beaucoup. Quiconque n’a pas l’esprit ouvert à la lumière de la vérité n’y comprendra rien. Néanmoins, petit à petit, je montrerai la voie, manifestant une vérité à un moment, une autre à un autre, de manière à ce qu’on finisse par y comprendre quelque chose».
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«La première manifestation de la vie dans ma Volonté se fit à travers mon Humanité. Celle-ci, accompagnée de ma Divinité, baigna dans la Volonté éternelle et s’empara de toutes les actions des créatures pour donner au Père, en leur nom, une gloire divine et donner à chacune de leurs actions la valeur, l’Amour et le baiser de la Volonté éternelle. Dans la sphère de la Volonté éternelle, j’ai vu tous les actes que les créatures auraient pu faire, mais n’ont pas faits, ainsi que leurs bonnes actions faites incorrectement ; j’ai fait les choses qui ont été omises et refait celles qui ont été faites incorrectement. Les actions non accomplies ainsi que celles qui ne furent pas accomplies pour moi seul restent suspendues dans ma Volonté en attendant les créatures qui vivront dans ma Volonté pour qu’elles répètent à leur endroit tout ce que j’ai fait».
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«Et je t’ai choisie comme maillon de jonction avec mon Humanité afin que ta volonté, ne faisant qu’un avec la mienne, répète mes actions. Sans cela, mon Amour ne saurait s’épancher totalement et je ne pourrais recevoir des créatures la gloire pour tout ce que ma Divinité a accompli à travers mon Humanité. En conséquence, la fin première de la Création ne serait pas atteinte — cette fin qui se trouve dans ma Volonté et qui doit y atteindre sa perfection —; ce serait comme si j’avais versé tout mon Sang sans que personne ne l’ait su. Alors, qui m’aurait aimé ? Quel cœur aurait été ému ? Personne! Dans aucun cœur mon Humanité n’aurait trouvé son fruit.»
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Sur ces mots, je l’interrompis en lui disant :

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«Mon Amour, si vivre dans ta Divine Volonté résulte en tant de bien, pourquoi n’as-tu pas manifesté cette vérité avant ?»
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Il poursuivit :

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«Ma fille, j’avais d’abord à faire connaître ce que mon Humanité a fait et souffert extérieurement pour préparer les âmes à connaître ce que ma Divinité a fait intérieurement. La créature est incapable de comprendre le sens de mes actes d’un seul coup et, par conséquent, je me manifeste petit à petit. Au maillon de jonction avec moi que tu es seront rattachés les maillons d’autres créatures. Ainsi, j’aurai une cohorte d’âmes vivant dans ma Volonté qui referont tous les actes des créatures ; j’aurai la gloire de toutes les actions en suspens faites seulement par moi, de même que celles faites par les créatures, cette gloire venant de la part de toutes les catégories de créatures : vierges, prêtres, laïques, chacun selon son statut».
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«Ces âmes ne travailleront plus humainement mais, immergées dans ma Volonté, leurs actions se multiplieront pour tous d’une manière complètement divine. Je recevrai de la part des créatures la gloire divine pour tant de sacrements administrés et reçus d’une manière humaine, ou profanés, ou couverts de la boue des intérêts personnels, de même que pour tant de soi-disant bonnes actions qui me déshonorent plus qu’elles m’honorent. Je languis beaucoup après ce temps. Toi-même, prie et languis avec moi et ne détache pas ton maillon de jonction avec moi, toi, la première.»
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7 AVRIL 1919
LES DÉSORDRES DANS LE MONDE ET DANS L’ÉGLISE SONT CAUSÉS PAR LEURS CHEFS.


«Quel désordre dans le monde ! Ce désordre provient des chefs ecclésiastiques autant que civils. Leur vie étant remplie d’intérêts corrompus, ils n’ont pas la force de corriger leurs sujets. Ils ferment les yeux sur leurs méfaits parce que, vraiment, ils leur reprocheraient leurs propres méfaits. S’ils reprennent leurs sujets, ce n’est que d’une manière superficielle. Ils ne sont pas eux-mêmes habités par le bien ; comment pourraient-ils l’infuser chez les autres ? Combien de fois n’ont-ils pas préféré le mal au bien ? Aussi, je les frapperai d’une manière particulière.»

J’ai dit à JÉSUS :

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«JÉSUS, épargne les chefs de l’Église, ils sont déjà si peu nombreux. Si tu les frappes, nous manquerons de leaders.»
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Il me répondit :
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«Ne te souviens-tu pas qu’avec douze apôtres, j’ai fondé l’Église ? De la même manière, ceux qui resteront seront en nombre suffisant pour réformer le monde. L’ennemi est déjà à leur porte ; les révolutions sont déjà à l’œuvre ; les nations nageront dans le sang et leurs chefs seront dispersés. Prie et souffre pour que l’ennemi n’ait pas la liberté de tout précipiter dans la ruine.»

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10 MAI 1919

«Ah ! tu ne sais pas la destruction qui va venir dans le monde. Tout ce qui est arrivé jusqu’à maintenant peut être considéré comme un jeu en comparaison des châtiments à venir. Je ne te laisse pas tout voir pour ne pas trop t’oppresser. À la vue de l’entêtement des hommes, je reste comme caché en toi. Et toi, prie avec moi et refuse de tourner tes pensées vers toi-même.»

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8 FÉVRIER 1921
PENDANT QUE LE MONDE VEUT L’ÉVINCER DE LA SURFACE DE LA TERRE, JÉSUS PRÉPARE UNE ÈRE D’AMOUR, CELLE DE SON TROISIÈME FIAT.
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«Ô monde inique, tu fais tout pour m’évincer de la surface de la terre, pour me bannir de la société, des écoles et des conversations. Tu conspires pour démolir les temples et les autels, pour détruire mon Église et tuer mes ministres. De mon côté, je prépare pour toi une ère d’Amour, l’ère de mon troisième Fiat. Pendant que tu tenteras de me bannir, je viendrai par derrière et par devant pour te confondre par l’Amour. Partout où tu m’auras banni, j’érigerai mon trône et je régnerai plus qu’avant et d’une manière qui te surprendra, jusqu’à ce que tu tombes au pied de mon trône, foudroyé par mon Amour.»
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Il ajouta :

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«Ah ! ma fille, les créatures se précipitent toujours plus dans le mal. Que de machinations elles ruminent et de ruines elles préparent ! Elles iront jusqu’à épuiser le mal lui-même. Mais, pendant qu’elles poursuivront ainsi leur chemin, je verrai à ce que le «que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel» arrive à son complet accomplissement. Je prépare l’ère du troisième Fiat dans laquelle mon Amour se manifestera d’une manière merveilleuse et complètement nouvelle. Oh ! Oui ! je vais confondre l’homme par l’Amour ! Quant à toi, sois attentive. Je te veux avec moi pour préparer cette céleste et divine ère d’Amour. Nous y travaillerons la main dans la main.»
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22 FÉVRIER 1921
LE TROISIÈME FIAT FERA DESCENDRE TANT DE GRÂCES SUR LES CRÉATURES QU’ELLES RETROUVERONT PRESQUE LEUR ÉTAT ORIGINEL.

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«Les générations ne prendront pas fin avant que ma Volonté n’ait régné sur toute la terre. Mes trois Fiats s’entremêleront et accompliront la sanctification de l’homme. Le troisième Fiat donnera à l’homme tant de grâces qu’il reviendra presqu’à son état originel. Seulement alors, quand je verrai l’homme tel qu’il est sorti de moi, mon travail sera complété et je prendrai mon repos perpétuel ! C’est par la vie dans ma Volonté que l’homme sera restauré dans son état originel. Sois attentive et aide-moi à compléter la sanctification de la créature.»
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26 AVRIL 1921
LA GUERRE QUE LA DIVINE VOLONTÉ LIVRERA AUX CRÉATURES.

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«Ma fille, je te le répète, ne t’attarde pas à la terre ! Laissons les créatures faire ce qu’elles veulent. Elles veulent faire la guerre, qu’il en soit ainsi. Quand elles seront fatiguées, je ferai moi aussi ma guerre. Leur fatigue du mal, leurs désillusions et leurs souffrances les disposeront à accepter ma guerre. Ce sera une guerre d’Amour. Ma Volonté descendra du Ciel au milieu des créatures. Tes actions faites dans ma Volonté, de même que celles d’autres âmes faites aussi dans ma Volonté, feront la guerre aux créatures, une guerre non sanguinaire. Elles batailleront avec les armes de l’Amour, apportant aux créatures des cadeaux, des grâces et la paix. Elles donneront des choses si surprenantes que les hommes en seront stupéfiés.
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Ma Volonté, ma milice du Ciel, confondra les hommes avec des armes divines ; elle les submergera, leur donnant la lumière pour qu’ils voient les dons et la richesse avec lesquels je veux les enrichir. Les actions faites dans ma Volonté, portant en elles la Puissance créatrice, seront le nouveau salut de l’homme et leur apporteront tous les biens du Ciel sur la terre. Elles amèneront l’ère nouvelle de l’Amour et son triomphe sur l’iniquité humaine. Par conséquent, multiplie tes actions dans ma Volonté afin de former les armes, les cadeaux et les grâces qui descendront au milieu des créatures et engageront la guerre d’Amour avec elles.»

Puis, d’un ton plus affligé, il ajouta :

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«Ma fille, il m’arrivera ce qu’il arrive à un pauvre père dont les enfants méchants, non seulement l’offensent, mais veulent le tuer. Et s’ils ne le font pas, c’est qu’ils ne le peuvent pas. Si ces enfants veulent tuer leur propre père, ce n’est pas étonnant qu’ils s’entre-tuent, que l’un s’élève contre l’autre, qu’ils s’appauvrissent mutuellement et qu’ils atteignent l’état de moribonds. Et, ce qui est pire, ils ne se souviennent même pas qu’ils ont un père».

«Et que fait le père ? Exilé par ses propres enfants et pendant que ceux-ci se battent, se blessent l’un l’autre et sont sur le point de mourir de faim, il travaille fort pour acquérir de nouvelles richesses et des remèdes pour ses enfants. Puis, quand il les verra presque perdus, il ira au milieu d’eux pour les rendre riches, leur donner des remèdes pour leurs blessures et leur apporter la paix et le bonheur. Conquis par tant d’amour, ses enfants s’attacheront à leur père dans une paix durable et ils l’aimeront».

«La même chose va m’arriver. Par conséquent, je te veux dans ma Volonté et je te veux au travail avec moi pour acquérir les richesses à être données aux créatures. Sois-moi fidèle et ne t’occupe de rien d’autre.»
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«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12
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14 AOÛT 1917
SAINTETÉ
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«Pour qui vit dans la Divine Volonté, les vertus sont d’ordre divin. Dans le cas contraire, elles sont d’ordre humain, sujettes à l’estime de soi, à la vanité et aux passions. Oh ! combien d’âmes faisant de bonnes actions et recevant les sacrements pleurent parce que, n’étant pas investies de la Divine Volonté, elles ne produisent pas de fruits ! Oh ! si tous comprenaient ce qu’est la vraie sainteté, comme tout changerait !

Beaucoup sont sur une fausse voie de sainteté. Beaucoup la mettent dans les pratiques pieuses — et malheur à qui voudrait les faire changer. Ces âmes se leurrent. Si leur volonté n’est pas unie à celle de JÉSUS et transformée en lui, alors, avec toutes leurs pieuses pratiques, leur sainteté est fausse. Avec une grande facilité, elles passent des pratiques pieuses aux défauts, aux diversions, à la discorde, etc. Oh ! comme est disgracieuse cette fausse sainteté !

D’autres âmes mettent leur sainteté à se rendre souvent à l’église et à assister à tous les offices, mais leur volonté est loin de celle de JÉSUS ; ces âmes se préoccupent peu de leurs propres devoirs. Si elles sont empêchées d’aller à l’église, elles sont fâchées et leur sainteté s’évapore. Elles se plaignent, désobéissent et sont encombrantes dans leur famille. Oh ! quelle fausse sainteté !

D’autres âmes mettent leur sainteté à se confesser souvent, à se faire diriger spirituellement dans les menus détails et à se faire des scrupules sur tout. Elles ne se font cependant aucun scrupule que leur volonté ne soit pas fondue avec celle de JÉSUS. Malheur à qui les contredit ! Elles sont comme des ballons gonflés qui, quand un petit trou leur est fait, se dégonflent. Ainsi, sous la contradiction, leur sainteté s’évapore. Elles se plaignent d’être facilement tristes. Elles vivent toujours dans le doute et aiment avoir un directeur spirituel juste pour elles, pour les aviser en toutes choses, les réconcilier et les consoler ; néanmoins, elles demeurent toujours agitées. Pauvre sainteté que celle-là, comme elle est falsifiée ! [...] Par contre, le «ballon» de la fausse sainteté est sujet à des inconstances continuelles. L’âme semble voler à une certaine hauteur, tant et si bien que plusieurs personnes, y compris des directeurs spirituels, sont en admiration devant elle. Mais ils sont bientôt désillusionnés parce que, pour dégonfler le ballon, il suffit d’une humiliation ou d’une préférence du directeur pour une autre personne. L’âme croit qu’on la vole, se croyant la plus en besoin. Pendant qu’elle se fait des scrupules pour des bagatelles, elle en vient à désobéir. La jalousie est la vermine de cette âme ; cette jalousie évente son ballon qui se dégonfle et tombe par terre. Et si on examine la prétendue sainteté qui était dans ce ballon, on trouve l’amour-propre, les ressentiments et les passions camouflés sous l’aspect du bien. On peut voir que cette âme était le jouet du démon. Seulement Jésus connaît tous les maux de cette fausse sainteté, de cette vie de dévotions sans fondement, basée sur la fausse piété».
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«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12


20 JUIN 1918
JÉSUS JOUE LE RÔLE DE PRÊTRE POUR CEUX QUI VIVENT DANS SA VOLONTÉ.

«Chez les âmes qui font ma Volonté et vivent en elle, mon Amour ne rencontre pas d’obstacle. Je les aime et les préfère tant que je m’occupe directement de tout ce qui les concerne. Je leur procure des grâces inattendues. Et je suis jaloux si quelqu’un d’autre fait quelque chose pour elles ; je veux tout faire moi- même».
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«J’atteins une telle jalousie d’amour que, à l’instar du prêtre à qui je donne le pouvoir de me consacrer dans l’hostie sacramentelle, je m’accorde le privilège de consacrer moi-même ces âmes qui font leurs actions dans ma Volonté en laissant tomber leur volonté humaine pour permettre à la Divine Volonté de prendre toute la place. Ce que fait le prêtre pour l’hostie, je le fais pour ces âmes, non seulement une fois, mais chaque fois qu’elles répètent leurs actes dans ma Volonté. Elles m’attirent comme de puissants aimants et je les consacre comme des hosties privilégiées, répétant sur elles les mots de la consécration».
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«Je fais cela avec justice parce que les âmes qui vivent dans ma Volonté se sacrifient davantage que les âmes qui reçoivent la communion mais ne vivent pas dans ma Volonté. Les âmes qui vivent dans ma Volonté se vident d’elles-mêmes pour me donner toute la place en elles. Elles me donnent l’entière direction et, si nécessaire, elles sont prêtes à souffrir toute peine pour vivre dans ma Volonté».

«Aussi, mon Amour ne peut attendre que le prêtre juge convenable de me donner à elles par le moyen de l’hostie sacramentelle. Je fais tout moi-même. Oh! que de fois je me donne en communion avant que le prêtre trouve que c’est le temps de me donner à ces âmes ! S’il n’en était pas ainsi, mon Amour resterait comme enchaîné par les sacrements. Non, non, je suis libre ! J’ai les sacrements dans mon Cœur ; j’en suis le propriétaire et je peux les exercer quand je veux.»

Pendant qu’il disait cela, il semblait chercher partout pour voir s’il ne trouverait pas une âme vivant dans sa Volonté afin de la consacrer. Que c’était beau de voir mon aimable JÉSUS voyageant en hâte pour accomplir l’office de prêtre et de l’entendre répéter les paroles de la consécration sur les âmes qui font sa Volonté et y vivent ! Oh! comme elles sont belles ces âmes bénies qui reçoivent ainsi la consécration de JÉSUS !»

«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12


16 JUIN 1919
IL N’Y A PAS DE SAINTETÉ SANS LA CROIX, PAS DE
VERTU SANS SOUFFRANCE.

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«Ne sais-tu pas que lorsque ma justice est contrainte de verser de nouveaux fléaux à cause des péchés des hommes, je suspens tes souffrances ? Le mal sera si grand qu’il suscitera l’horreur. Je sais que cela est une souffrance pour toi, mais moi aussi j’ai connu cette souffrance. J’aurais aimé libérer les créatures de toute souffrance, autant dans le temps que dans l’éternité, mais cela ne me fut pas accordé par la sagesse du Père. Ah ! ma fille, il n’y a pas de sainteté sans la croix, pas de vertu sans union avec la souffrance ! Sache, cependant, que je te rétribuerai abondamment pour toutes les privations de ma présence dont tu souffres, de même que pour les souffrances que tu aimerais avoir, mais que tu n’as pas.»

«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12


24 JANVIER 1920
DIEU CRÉA L’HOMME POUR QU’IL LUI TIENNE COMPAGNIE.

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«Ma fille, si tu savais à quel point j’aime la compagnie des créatures ! Quand j’ai créé l’homme, j’ai dit :
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«Il n’est pas bon que l’homme soit seul, créons une autre créature semblable à lui pour lui tenir compagnie, afin qu’ils soient la joie l’un de l’autre.»
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Avant de créer l’homme, je me suis dit à moi-même des paroles semblables :
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«Je ne veux pas être seul ; je veux des créatures pour me tenir compagnie, pour que je puisse me réjouir avec elles, pour qu’elles puissent partager mon bonheur. Avec elles, je donnerai libre cours à mon Amour.» C’est pour cela que j’ai fait les créatures à ma ressemblance».
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«Quand leur intelligence pense à moi, elles tiennent compagnie à ma sagesse. Si leur regard se porte vers moi ou vers les choses créées pour m’aimer, je sens la compagnie de leur regard. Si leur langue prie ou enseigne ce qui est bien, je sens la compagnie de leur voix. Si leur cœur m’aime, je sens la compagnie de leur amour, etc. Mais, si les créatures font l’opposé, je me sens seul, comme un roi destitué. Hélas ! combien me laissent seul et m’ignorent !»
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«Le Royaume du Divin Fiat» LE LIVRE DU CIEL,TOME 12
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